Touch – e-mail

Artiste : Touch
Date : 2006-08-24
Lieu : e-mail

L’année 2006 vient de s’achever mais pour ceux qui suivent de près les musiques électroniques sous toutes leurs formes elle aura aussi été celle de la célébration des 25 ans d’un label majeur. Touch a toujours été à la pointe de l’innovation et à la recherche d’horizons nouveaux. On lui doit certainement ce qui s’est fait de mieux dans la musique électronique minimale et expérimentale de toute cette période. Souvent imité et rarement égalée le label ne semble pas avoir pris une ride. Mike Harding, l’un des dirigeant du label nous explique pourquoi.

Liability : Bonjour Mike, Touch fête ses 25 ans d’existence. Etes-vous fier du chemin parcouru depuis la création du label ?

Mike Harding : Oui, absolument ! Merci !

Liability : Auriez-vous cru que le label tiendrait aussi longtemps ?

Mike Harding : Nous n’avions aucun doute en 1981… Nous savions que nous serions dans la partie pendant longtemps. Nous espérons faire encore cela pendant 25 autres années.

Liability : Pensez-vous avoir marqué toute une époque ?

Mike Harding : Je suis désolé, je ne comprends pas le sens de cette question.

Liability : Pensez-vous avoir influencé ou changé la pratique de l’écoute de la musique chez les gens pendant ces 25 ans ?

Mike Harding : Ce serait extrêmement arrogant de penser que nous avons pu changer les habitudes d’écoute des gens à travers le monde, mais je suis d’accord pour dire que c’est un des aspects les plus importants de notre travail et nous serions vraiment ravis si vous nous disiez que c’est vraiment le cas…

Liability : Touch est souvent présenté comme un label élitiste. Cela vous gêne encore aujourd’hui ?

Mike Harding : Non, pas du tout. Cela voudrait dire que nous sommes seulement intéressés pour communiquer avec des groupes triés sur le volet ce qui est, et ce de manière patente, complètement faux. Je suppose que tout ce que nous pouvons demander de la part de nos supporters c’est l’intelligence.

Liability : Pensez-vous qu’un label aussi exigeant que Touch a encore sa place aujourd’hui ?

Mike Harding : Je suis désolé, je ne comprends pas cette question. Voulez-vous dire que "nous sommes encore aujourd’hui pertinents"? PLUS QUE JAMAIS. Avec la globalisation de la culture et l’uniformité de la vie post-industrielle il est crucial que des organisations comme Touch prennent position contre un nivellement par le bas de la culture et c’est pour cela que nous continuons de montrer des artistes, c’est pour cela qu’il est toujours possible de s’exprimer dans une voie plus impliquée et qui relèverait du challenge.

Liability : Touch, c’est une marque de fabrique. Est-ce que vous croyez avoir servi de modèle pendant ces 25 ans ?

Mike Harding : C’est une question très intéressante, et oui je pense que nous l’avons été. Je pense à ces deux labels qui m’avaient contacté en 2005 en me demandant s’ils pouvaient piocher dans mes idées pour savoir comment faire évoluer leur label. Les deux structures avaient été inspirées par Touch et je fus très flatté d’être interrogé.

Liability : Quelle est la plus belle réussite de Touch ? En ce sens êtes-vous fier de chacun des disques que le label a édité ?

Mike Harding : Bien sûr, je suis fier de tous les disques que nous avons publiés…

Liability : Après 25 ans pensez-vous avoir fait le tour de la question ?

Mike Harding : Non, absolument pas mais je pense que nous avons atteint la fin d’un cycle créatif.

Liability : Qu’est-ce qui définit le mieux le label ?

Mike Harding : Dans quel sens ? Notre corps de travail je suppose…

Liability : Je veux dire, pouvez-vous nous donner une courte définition de Touch qui puisse nous montrer le label aussi bien que possible ?

Mike Harding : Depuis sa première réalisation en 1982, Touch a créé des productions soniques et visuelles qui combinent une innovation avec un niveau de soin et d’attention particulier ce qui en faisait la structure musicale la plus endurante de cette période. Cette première période passant à la digitalisation de la musique à la moitié des années 80 a montré des réalisations de plusieurs cassette-magazines où l’on pouvait entendre des sommités comme New Order, Cabaret Voltaire et The Residents, qui ont été mis en parallèle avec des travaux visuels et des écrits de Neville Brody, Jon Savage, Joseph Beuys et beaucoup d’autres. Comme l’industrie allait vers un cycle habituel de son élaboration consistant à son auto-annihilation et à sa renaissance, Touch a adapté et incorporé les nouvelles technologies avec les anciennes, ne sous-estimant pas le pouvoir et la nécessité d’éditer et de présenter pour faire ressortir le meilleur de chacune de nos productions. A présent nous travaillons de manière extensive avec Fennesz, Chris Watson, Philip Jeck, Biosphere, Ryoji Ikeda, BJ Nilsen et beaucoup d’autres. Touch a célébré ses 20 ans en 2001 avec une tournée britannique avec des dates qui furent complètes à Brighton, Bristol, Glasgow, Newcastle, Salisbury et au QHE à Londres. Les transitions de l’analogique au digital, de l’artwork de caméras préparées au partage de fichier par transmission haut débit et de masters sur bandes aux sites internet de téléchargement sont seulement la surface des manifestations des grands changements qui ont pris une place dans la musique enregistrée à travers ces vingt dernières années. Touch a été au premier plan de ces changements et il continuera à l’être.

Liability : On imagine que vous n’allez pas vous arrêter en si bon chemin. De quoi sera fait le futur de Touch ?

Mike Harding : Nous nous attacherons à faire ce que nous faisons d’habitude, bien sûr, et continuer à travailler en étroite collaboration avec des artistes et répondre aux nouvelles technologies.

Liability : Que ferez-vous quand le label fêtera ses 50 ans ?

Mike Harding : Bon, bien sûr je ne peux pas prédire ce qui pourrait se passer. Ce sera un honneur de survivre aussi longtemps !

Lien : http://www.touchmusic.org.uk

Par Fabien

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