Tellier, Sebastien – Politics (2003)

Artiste : Tellier, Sebastien
Album : Politics
Année de sortie : 2003

Label : Recordmakers / Virgin
Tracklist : |01 Bye Bye|02 League Chicanos|03 Wonderafrica|04 Broadway|05 La Ritournelle|06 Benny|07 Slow Lynch|08 Mauer|09 La Tuerie|10 Ketchup Vs Génocide |11 Zombi|

Note : 5

Maquillage d’indien d’Amérique, sourire du commercial. Si sur la pochette de son dernier album Sébastien Tellier ne vous regarde pas, c’est qu’il se fout de vous. «Politics»! Tout est dit… Sébastien Tellier a déterré la hache de guerre pour se lancer sur les sentiers battus de l’artiste engagé. Déterminé, il sera président en 2007. Quitte à en scalper quelques uns.

A l’examen de la machine de propagande qu’est cet album remarquablement relayé par tous les grands magasins on se dit: «bon, mouais». Il est clair que l’homme a voulu brasser ce qui se trouve être ce qu’il aime. On se trouve donc ici avec un album aux styles épars et variés, qui sonne plutôt électro.
Les influences de l’artiste peuvent tant se révéler être source de souvenirs qu’elles déclenchent même au bout de peu de temps la sympathie. Le «wouh» de « Bye bye » est simplement magnifique. « Wonderafrica » à une basse digne d’une musique de films pornos tandis que le chant s’avère être tout aussi kitch que la musique. Avec le sourire je pense à Johnny Clegg and Savuka. Dans la série, « Broadway » possède le même rythme intéressant que « Bye bye », avec une mélodie qui pourrait même nous faire penser a Starmania.

Puis on découvre « La ritournelle », et décidément on retrouve encore et toujours ce même rythme (Bye bye). Ne nous inquiétons pas… Le morceau – qui après 4 minutes renonce a être instrumental – est destiné a être phare, ou l’est déjà, si l’on en croit l’autocollant sur le boîtier (la Fnac fait bien les choses, les producteurs aussi). Il est donc inutile de se sentir trahis mes chers concitoyens. Car finalement le chant est là et on repense a Air et même a Phoenix. Et étrangement, du coup, cette ritournelle nous est bien agréable.

Sur le reste de l’album figurent quelques curiosités. « Lenny » semble sortir directement de « L’étrange noël de Monsieur Jack ». « Slow Lynch » est sans surprise, cordes frottées seules, 1’19. Après ces titres jusqu’ici écoutables se trouve « La tuerie ». Pas de quoi crier au loup, la chanson s’avérant être un simple beat bien typé made in Mr Oizo, assaisonné de quelques samples, sans intérêt. Vers « Ketchup vs génocid »e on entre en plein dans la new wave qui tache, ketchup oblige. Evidemment ici on renonce à la description titres par titres, si près de la fin…quel dommage. Un dernier effort et on tombe sur « Zombi », qui finit de nous achever. Le titre qui ne trouve pas sa place parmi le reste, rappelant un peu de tout et ne ressemblant a rien. Le reste ne mérite plus commentaires, j’abandonne. Conclusion :

On pouvait s’attendre à quelque chose de la part de l’homme dont une chanson figure sur la bande originale de « Lost in Translation » (« Fantino », tiré de son précédent opus), dernier film de Sofia Copolla. Et finalement d’un certain point de vue on n’est pas complètement floués : de toute évidence l’album est bien produit. Les compositions et textures sonores ressemblent, on ne cessera de le répéter, vaguement à du Air (ce qui n’est pas un mal). Mais la plupart du temps, dès que le chant entre en scène, la musique prend une toute autre dimension, et devient de qualité « discutable ».

Sébastien Tellier semble avoir fait ce qu’il voulait dans cet album, ce qui est bien pour lui. Chaque titre semble achevé. Tel un candidat quelque peu marginal qui tient ferme à son programme électoral, il ne fait pas de concessions, ni la langue de bois. Mais définitivement seuls quelques titres sont écoutables, « la ritournelle » est vraiment sympathique, le reste plutôt lourd. Ce brassage d’influences plus kitch les unes que les autres s’avère évidemment parfois de mauvais goût, et généralement indigeste. Certains s’y habitueront, d’autres moins.

Lien : http://www.sebastientellier.com
http://www.sebastientellier-politics.com

Par Rentboy

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