Sômbre – Linsay (2019)

Artiste : Sômbre

Album : Linsay

Année de sortie : 2019

Label : Uproar for Veneration Records

Tracklist : |01 Intro|02 Black Skin Twins|03 Down|04 New Creatures|05 ALF|06 Linsay|07 The Master|08 False Illusions|09 Find the Light|10 We Will Coalesce|11 Outro|12 Kids in America

Note : 7,5

Sômbre est influencé par le post-punk et la coldwave des années 80, nous dit-on. Comme inspirations principales le groupe cite pèle mêle The Chameleons, Killing Joke, Joy Division et Dead Can Dance (en tout cas en ce qui concerne les premiers opus du groupe). Elles ne s’arrêtent pas là mais ce sont sans doute celles qui ressortent en premier et de manière plus évidente. Le risque, et il y en a bien un et un majeur, c’est que Sombre tombe dans la caricature et qu’ils ne s’en relèvent pas. Le cas ne serait pas rare et il y a en a déjà eu quelques-uns qui ont suscité des soupirs désabusés. Cédric Manine et Axel Whurston en ont surement eu conscience quand ils ont monté ce projet en 2011. Comment faire une musique « passéiste » mais que l’on aime par-dessus tout sans être dans un repompage vulgaire qui vous décrédibilise à tous les coups ? La réponse se trouve dans ce premier album qui compte un duo avec Regina Sosinski (Mira) et une reprise étonnante de Kids in America de Kim Wilde. Oui, parce qui si le duo n’est un spécialiste de ce genre d’exercice ils s’y sont quand même essayé par le passé (Killing Joke, Chokebore).

Pour tout dire, Linsay n’échappe pas aux influences sus cités. Le contraire eut été étonnant. Pour autant, Sômbre délivre un album soigné qui fait la part belle à des compositions ciselées. Quitte à évoluer dans un genre très marqué par son époque, Sômbre parvient à faire un mix intelligent de ce qui l’a nourri pendant longtemps. Mieux, le groupe évite d’être dans la faute de goût ou de pousser trop loin son avantage pour ne pas être dans la surenchère. Ce qui ne veut pas dire pour autant que Sombre se contente d’une formule trop scolaire. En fait, il ne s’agit d’une formule mais de formules qui sont ici utilisées. Linsay ne saurait être une succession de chansons qui se ressemblent point par point. Sombre sait nuancer son propos, faire évoluer ses chansons, leur donner un corps, une ossature qui est loin d’œuvrer dans la facilité. Cela ne veut pas dire pour autant que ce disque ne s’adresse qu’aux experts qui ont le bagage culturel pour cela. Bien au contraire, Linsay est un disque aussi accessible que possible qui ne ferme aucune porte. Entre noirceur et émanations dansantes façon EBM, Sômbre délivre un premier album richement doté qui peut réconcilier avec une époque qui, quoi qu’on en dise, continue d’être décriée. On se demande bien pourquoi.

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