Robin Hayward – Words of Paradise (2019)

Artiste : Robin Hayward

Album : Words of Paradise

Année de sortie : 2019

Label : Edition Telemark

Tracklist : |01 Words of Paradise (Pt1)|02 Words of Paradise (Pt2)

Note : 6

L’instrument de prédilection de Robin Hayward est le tuba. Son approche est pour le moins tonale et depuis les années 90 il s’intéresse particulièrement à ce type d’instruments à travers la découverte des bruits générés par les différentes valves qui les composent. Musicien, compositeur mais aussi inventeur, Robin Hayward a conçu le premier tuba microtonal à la fin des années 2000 et ce qu’il a nommé le Hayward Tuning Vine qui est une interface qui lui permet d’explorer les espaces harmoniques implicites entre les instruments. Invention à la fois utilisée par le biais d’un logiciel que par des prototypes physiques. Pour le présent disque, Robin Hayward s’est inspiré du linguiste Johannes Goropius Becanus, aussi connu sous le nom de Bécan, qui vécut au XVIème siècle. Il a défendu une thèse qui a prétendu que la langue flamande était la langue d’Adam. On ne va pas rentrer dans les détails de la thèse de Bécan mais le principe de la langue d’Adam soit celle le premier langage connu, le plus simple et que toutes les autres formes de langages en sont ses dérivés. Soit. C’est du moins là-dessus que Robin Hayward s’est appuyé pour créer Words of Paradise. Fait de souffle, de drones minimalistes, d’exploitation tonale (forcément) d’instruments à vent (tuba, trombone et cor), ce disque est donc une exploration sonore qui tente d’aller vers des formes primitives, presque naïves mais tout en ne restant pas confiné dans une sorte d’espace-temps qui serait trop restrictif. Pour autant, si Words of Paradise semble répondre à un schéma prédéfini, du moins dans l’organisation instrumentale, l’ensemble des intervenants sont dans un libre choix de l’exploitation de leurs instruments. Ce qui prédomine ici c’est la lenteur. Comme si cette évocation d’un langage primitif fantasmé et mythique semblait s’éveiller et s’étirer afin qu’il se développe peu à peu pour créer des multiplicités de choix et d’orientations. Nous sommes donc en plein dans une conceptualisation musicale autant qu’une appréciation toute personnelle de la Genèse. Words of Paradise se révèle assez difficile d’accès de part une approche abstraite et minimaliste des choses de tous les instants. Pourtant le disque est plus nuancé qu’il n’y parait mais une écoute distraite pourrait laisser penser à une longue litanie terne et monocorde. Certes, il n’en est rien mais, il n’en demeure pas moins qu’il est bien difficile de pénétrer les secrets de la musique pensée par Robin Hayward. Si on reste parfois sceptique à l’écoute de ce disque, on sent qu’il va falloir plusieurs écoutes avant de pouvoir assimiler le concept. Un effort plus important que d’habitude.

Lien : http://www.robinhayward.de/start.html

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