Renz – Paris

Artiste : Renz
Date : 2003-04-16
Lieu : Paris

Je suis arrivée à la fnac du forum des Halles, il n’y avait pas un chat…Puis deux trois personnes sont arrivées, comme quoi, même si les disques de Vergo sont peu diffusés, on trouve quand même quelques fans.

T. est venu parler à l’un d’entre eux et à moi avant que le showcase commence, de la façon la plus naturelle qu’il soit, et puis il a rejoint Spide, Redge et Renz sur scène. Si c’était Renz qui présentait son album, Wowox, toute la bande était cependant présente. Chacun fait ses compositions, et les autres collaborent pour la mise en musique, et donc aussi sur scène, où ils se partagent un piano, une batterie, un harmonium, quelques guitares, une basse, une trompette, un banjo, et quelques bidules…l’éclairage n’est ni plus ni moins que de simples diapositives en sépia projetées sur eux. Ils jouent bien, mais l’ambiance est glaciale.

Tout ça était bien plus détendu le soir au Pop’In. Cette fois, chacun présente sa musique. Spide ouvre le bal, c’est son tout premier concert. C’est pas mal du tout.

T. enchaîne, simple et décontracté, il nous joue des ballades pop et fraîche, et c’est tout autre chose quand il se met à la guitare.

Ensuite, c’est Renz qui reprend tous ses morceaux, mais dans un set bien plus musclé, voir explosif, les gens sont contents, ils secouent leur tête! Sur scène, ça a l’air d’aller tout aussi bien, ils n’ont pas l’air gêné de se retrouver en face d’un public parisien, si près (nrdl: c’est au sous-sol du Pop’In…) et qu’ils rencontrent pour la première fois. Renz avoue même être flatté de faire salle comble ;-).

Liability : Quelles sont tes impressions par rapport à cette journée à Paris ?

Renz : Bizarres. On est arrivé à midi, pus ça a été l’effervescence. C’était froid, on a pas l’habitude.
Puis on est allé au Pop’In. C’est une cave, c’est humide, ça sentait mauvais, c’était glauque. Après, ça s’est mis en place te en forme. Le public est arrivé. On n’a pas ce public à Strasbourg. A part dans le Forum. Les gens là-bas sont plu branché Nu-metal, reggae ou encore celtique.

Liability : Peux-tu te présenter ? Que fais-tu dans la vie ? Tu fais de la photo aussi ?

Renz : Je suis secrétaire de mairie.
Je fais de la photo comme loisir. Et je fais de la musique depuis environ 15 ans.

Liability : Peux-tu nous présenter Vergo Records ? Comment vous êtes-vous liés ?

Renz : Spide est mon frère, T. est notre cousin, Redge est un ami d’enfance. On vient du même village, Goetzenbruck, où il y a 1700 habitants. C’est une région où l’industrie est en déclin.
Les sons qui ressortent sont liés à cette ambiance, j’étais tout seul à Goetz, l’environnement est glauque, très brumeux, il n’y a personne, c’est vide. Et tous les matins, je prenais une route, déserte, pour aller travailler.

Liability : Qu’aurais-tu fais, artistiquement parlant, si tu vivais sur la Côte d’Azur plutôt que dans le fin fond de l’est de la France ?

Renz : De la surf musique !

Liability : Comme les Beach Boys ?

Renz : Plus trash que les Beach boys !

Liability : Wowox a-t-il été difficile à réaliser, dans ta tête ? A-t-il eu un effet thérapeutique ?

Renz : Non, ce n’est pas une thérapie, mais ça fait toujours du bien de s’exprimer. Sans exposer ses problèmes. Mais au final, oui, ça fait du bien.
C’était ma mission, de sortir un album après celui de T. , je n’avais pas d’intention particulière au début, mais c’est sortit comme ça.

Liability : Comment t’es-tu sentit une fois l’album fini ?

Renz : Bien. Comme un soulagement parce que c’était très long. C’était cool que ce soit fini parce que ça n’était pas gagné. Ca a pris 14/15 mois. C’était sporadique et décousu.

Liability : L’album a été travaillé dans trois lieux différents, donc un particulièrement sombre. Est-ce que c’est ce qui ressort dans les morceaux ?

Renz : Non, c’est l’inverse. Quand j’enregistrais dans le local glauque, j’essayais plutôt de faire des morceaux gais.

Liability : As-tu d’autres projets ?

Renz : Oui, par exemple, les morceaux que j’ai joué ce soir, en rappel. Ils sont plus pop, plus variés.

Liability : Quels sont les avantages et les inconvénients d’être sur un label indépendant ?

Renz : Les côtés positifs, c’est que sans ça, rien n’aurait pu se faire. C’est essentiel pour tout mettre en place et de façon plus sérieuse. Ca fait 3-4 ans que Vergo existe. C’était éparpillé avant. Je ne vois que des avantages, en fait.
Le seul côté négatif, ça serait qu’on est un cercle fermé. Il n’y a pas moyen d’incorporer autre chose. On risque de tourner en rond. La musique est notre principal projet, on a aussi fait un petit court métrage sur la même thématique que le film qu’on voulait réaliser.
Là, on a terminé, avec le disque de Spide, notre trilogie. Le contrat était de faire trois album. Que va-t-on faire après ? Un album ensemble ? Le film ? Puisque c’était ce à quoi adhéraient les principaux membres ? Je ne sais pas.

Liability : Y a t-il un disque ou un musicien qui te fait l’effet d’une torture ?

Renz : Toto

Liability : As-tu un artiste, un disque, un film ou un livre culte ?

Renz : Oui, Tortilla Flat de John Steinbeck. Je l’ai souvent lu. C’est ultra positif, quand je lis ce livre, c’est la fête !

Liability : Une bande-son pour tes funérailles ?

Renz : Godspeed You Black Emperor. Et plus particulièrement « Lift Your Skinny Fists… »

Liability : Une planète idéale ?

Renz : La notre sans nous.

Liability : Tu vois un homme qui s’apprête à se jeter sous le métro : essaies-tu de l’en dissuader ?

Renz : Oui.

Liability : Merci et merci…

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Par Juliet

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