Rafael Anton Irisarri – Solastalgia (2019)

Artiste : Rafael Anton Irisarri

Album : Solastalgia

Année de sortie : 2019

Label : Room 40

Tracklist : SOLASTALGIA (SUITE ONE) |01 Decay Waves|02 Coastal Trapped Disturbance|03 Chrysalism|04 Visible Through the Shroud|05 Kiss All the Pretty Skies Goodbye|06 Black Pitch – AGITAL AL SOL (SUITE TWO) |01 Atrial |02 Cloak

Note : 8

Considéré comme l’un des meilleurs représentant de sa caste, Rafael Anton Irisarri nous délivre depuis quelques années des albums habités par une grâce aussi froide que prenante. Celui que l’on a connu avec Orcas et The Sight Below a su se faire un nom et ce n’est guère usurpé. Et un disque comme Solastalgia ne peut que confirmer la chose remettant l’ambient sur les bons rails mais sans tomber dans le plus vil académisme. Il est difficile, on le sait, de trouver aujourd’hui une musique ambient qui sorte un tant soit peu du lot. Rafael Anton Irissarri fait parti de ces gens qui savent apporte cette petite touche supplémentaire qui fait la différence. Ici, l’américain donne l’orientation voulue pour ce disque dans le titre de l’album. La solastalgie, cette forme de détresse psychique causée par les dégradations environnementales est comme un signal de notre temps qui prend subitement conscience de la gravité de la situation. Ceux qui hier étaient considérés comme des illuminés trouve aujourd’hui un écho sans précédent même si, encore, on tente encore de ridiculiser ceux qui sonnent la sonnette d’alarme. Irisarri, lui, a clairement choisi son camp et sa meilleure arme reste la musique. Une musique ample, sensiblement dégradée, grise mais belle comme les grands espaces que l’on traverse en les survolant et en les observant. Ici, l’américain imagine au travers de ses nappes volumineuses et étirées « ce qui n’est pas encore connu », délimitant le champ des possibles sur un futur que nous ne connaitrons probablement pas mais que nous laisserons à ceux qui nous succéderont. Comme dit précédemment, Solastalgia est d’une beauté glaçante, presque caverneuse et laissant imaginer une brume au lent mouvement fantomatique et mélancolique. Visiblement l’approche d’Irisarri n’est pas construite pour apaiser mais bien pour s’inscrire dans une sorte de dramaturgie sonore propre à aiguiser nos sens. Solastalgia est donc le genre de disque qu’il faut bien contextualiser pour en tirer toute sa saveur. Dans le cas contraire, on risque de passer à côté de l’essentiel. Si l’on ne voit dans ce disque qu’une belle échappée vaporeuse aux accents parfois épiques cela ne sera que faire la moitié du chemin. Faire l’autre ne vous engage à rien si ce n’est à faire fonctionner votre imagination et vos neurones. Vous survivrez.

Lien : https://www.irisarri.org/

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