Laurent Pernice – A World Too Late (2018)

Artiste : Laurent Pernice

Album : A World Too Late

Année de sortie : 2018

Label : The Sublunar Society

Laurent Pernice n’a jamais été de ceux qui se sont laissé berner par le mirage de la redite. Après être passé par Nox, avoir créé Goldenberg & Schmuyle avec DJ Big Buddha, avoir collaboré avec Laurent Perrier, Jacques Barbéri et Marcus Schmickler, intégré la formation Palo Alto, Laurent Pernice est aussi l’auteur de bon nombre de disques protéiformes sous son propre nom. Et le dernier en date, A World Too Late, ne fait pas exception à la règle. Mieux, il se rend inclassable, ne souhaitant clairement pas être limité dans un genre en particulier. A World Too Late renvoie à tellement de choses qu’il faut s’y reprendre à plusieurs fois pour essayer de tout identifier. Largement axé autour d’une construction électronique (avec une guitare, des percussions ou un saxophone qui viennent se greffer) des plus organique et où se mêlent évocations d’influences musicales diverses (pop, rock, techno, musiques nouvelles, mécaniques, ethniques, field recordings) venant du monde entier. A cela viennent parfois se coller des bruitages curieux et mécaniques ainsi que la voix rêveuse de Laurent Pernice qui semble s’émerveiller du monde qui l’entoure. Laurent Pernice agit comme une tête chercheuse. Il fouille, il tente, se laisse aller à ses propres rêves ou divagations mais il n’est jamais tenté par le n’importe quoi. A World Too Late est pour ainsi dire une sorte de road trip qui traverse de nombreux paysages, ambiances et fantasmagories sonores. Même si on découvre une musique souple et largement protéiforme, Laurent Pernice ne se complaît pas dans la facilité. Infatigable rêveur, il délivre ici un album résolument moderne mais qui, en même temps, ne ressemble à aucun autre. En tout cas, rien ne montre ici qu’il suit une tendance particulière qui ferait aujourd’hui force de loi. Il suit sa propre logique, défend sa vision d’une musique sans contraintes et qui s’approche d’une certaine forme d’onirisme. A World Too Late est donc intéressant à plus d’un titre montrant que la création n’est pas faite que de prérequis. Elle se doit de s’en libérer pour dessiner de nouveaux contours et c’est ce que fait très bien Laurent Pernice.

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