La Route du Rock 2018 journée 1 – Fort Saint Père – 2018-08-17

Tous les ans ça râle, tous les ans ça rouspète parce qu’il y a des choses qui ne vont pas mais tous les ans ce sont toujours un peu les mêmes têtes que l’on voit. Ceux qui écument les concerts indie-pop, les vétérans de la buvette festivalière ou de la salle de concert des cultures dites alternatives. Les regards s’échangent, on se parle parfois, on boit un coup mais, La Route du Rock même quand c’est moins bien on y va quand même. Et clairement, cette édition 2018 est surement moins relevée que celle de 2017. Pour autant, nous ne sommes pas à l’abri d’une bonne surprise. On se dit que ça commence mal puisque l’on sait que John Maus a annulé sa venue suite au décès de son frère. L’un des gros regrets de cette édition. Il est remplacé par Jonathan Bree qui est déjà considéré comme l’une des curiosités de ces derniers mois. On verra, on ne s’est pas encore penché sur la question.
Quoi qu’il en soit, après un petit souci que nous qualifierons d’administratif, on rate Villejuif Underground et on arrive tout juste pour le début du set de The Limiñanas. On ne les présente plus, ils sont partout, ils s’imposent et ne comptent pas s’arrêter là. Sur scène, on constate que le groupe ne relâche pas la pression et ne fait pas les choses à moitié. Leur tournée est longue et The Limiñanas a déjà beaucoup joué. On peut s’attendre à un moment ou un autre qu’ils se loupent sur un concert, se trouvent en méforme. Ce ne sera pas sur cette date où, une fois de plus ils produisent une performance identique à celles qu’on avait déjà pu voir. De l’énergie, de l’envie, de la tension et du bonheur sur scène. Donc non, The Limiñanas n’a pas fait à la Route du Rock le concert de trop. Ils en ont toujours sous la semelle et pour nous, La Route du Rock commence vraiment sous les meilleurs auspices.

Enthousiasme qui retombe en fait assez vite puisque c’est Grizzly Bear qui enchaîne et le moins que l’on puisse dire c’est que la magie des disques ne se retrouve pas forcément sur scène. Il faut dire ce qui est, Grizzly Bear est un groupe qui manque cruellement de charisme et qui semble d’une timidité maladive. Techniquement il n’y a rien à dire, Grizzly Bear c’est toujours aussi beau. Pour autant, il ne se passe vraiment pas grand-chose sur scène et l’ennui commence à poindre le bout de son nez assez rapidement. Il suffirait de fermer les yeux et de simplement savourer la musique et simplement celle-ci pour passer un bon moment. Il ne faut pas grand-chose parfois.

Cependant, nous n’aurons pas à attendre longtemps pour avoir une remontée d’adrénaline puisque c’est au tour de Shame de prendre possession de la scène des Remparts. Pour les avoir vu l’année précédente au toujours excellent This Is Not A Love Song Festival, je savais de quoi ils étaient capables et à ce niveau je n’ai pas été déçu. Très rapidement, Shame met le feu et n’aura de cesse pendant tout le set de l’attiser pour qu’il ne s’éteigne jamais. Fort de leur succès grandissant, les britanniques sont en confiance et se montrent survoltés sur scène. Charlie Steen faisant d’ailleurs le voyage dans un public qui l’est tout autant. Nous ne sommes pas loin du K.O et Shame est fidèle à sa réputation. Enfin un concert qui sent la sueur et le lâcher prise. Ça fait du bien et Shame s’impose dès la première journée comme l’une des meilleures sensations du festival. Le reste du week end ne nous donnera pas tort.

A suivre, Etienne Daho fera vibrer les nostalgiques et un public majoritairement grisonnant. Le concert est ce qu’il est mais il n’a rien de passionnant. Si Daho vient défendre les morceaux de son dernier album (Blitz), il laisse également la part belle aux morceaux plus emblématiques qui ont fait son succès par le passé. Globalement, si on n’est pas fan du bonhomme, il est vite difficile de s’enthousiasmer par la performance. D’autant plus que le son de la voix rend le concert vite indigeste. Daho, lui, semble s’éclater. Tant mieux pour lui, ce n’est pas le cas de tout le monde.

On retourne à la scène des Remparts pour se prendre une nouvelle claque avec The Black Angels. Certes, ce n’est pas le bordel sans nom que nous a proposé Shame quelques temps avant mais les américains font parti de ceux qui ont largement contribué à redonner ses lettres de noblesse au rock psychédélique. Hypnotique de bout en bout, The Black Angels réaliseront un set quasi parfait avec une Stephanie Bailey impressionnante à la batterie et un Alex Maas en grande forme. C’est remarquable de maîtrise mais cela n’a rien de technique ou se surfait. The Black Angels ne font pas semblant et délivre un concert qui vous retourne la tête. Là encore, on tient l’une de meilleures performances du week-end. A mettre sur le même pied d’égalité que Shame même si le registre n’est pas le même.

The Brian Jonestown Massacre était attendu sur la scène du fort. Tellement attendu que la plupart des membres du groupe ne se donnent même pas la peine de communiquer avec le public, si ce n’est de timides « merci » à la fin des morceaux,  et s’en tiennent à jouer en tirant une gueule de croque mort. Seul Joel Gion donne un côté décalé à l’ensemble mais cela ne suffit pas à combler le petit malaise qui s’est progressivement installé. Pour autant, le concert reste appréciable. On prend plaisir à écouter les américains qui délivreront un set musicalement aux petits oignons. En les écoutant on a presque envie de s’assoir mais on sait qu’à la Route du Rock c’est quelque chose d’un peu compliqué. On prend son mal en patience et la tension redescend peu à peu au fur et à mesure que le concert avance. The Brian Jonestown Massacre n’est pas réputé pour exacerber les esprits. On finit donc cette première journée à la cool, sans énervement, puisqu’on décide de faire l’impasse sur Föllakzoid.

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