La Nuit de l’Erdre Jour 3 – Partie 1.

Artiste : La Nuit de l’Erdre

Lieu : Nort sur Erdre

Date : 2018-06-31

Dernière journée pour La Nuit de l’Erdre et on espère une sorte d’apothéose qui viendrait mettre la cerise sur le gâteau et fêter dignement les vingt ans du festival.

On commence avec Solar Project et on ne peut pas dire que ce ne soit pas encore ça pour l’apothéose. Emmené par une chanteuse charismatique et énergique ainsi que d’un blues-jazz-soul de plutôt bonne facture, le groupe a un peu de mal à susciter une adhésion totale. Et pourtant, ils n’ont pas ménagé leurs efforts. C’est toujours un peu la même difficulté pour ces groupes qui ouvrent une journée de festival. Le public arrive, il n’est pas forcément encore dedans, il reste encore bien sage. Mais sage, le groupe l’est aussi d’une certaine manière. Malgré tout le groove qu’ils mettent dans leur musique on sent chez eux une certaine forme de classicisme. Si une partie du public joue le jeu, une autre reste assez hermétique. Solar Project fait tout de même le job mais on attend un peu plus d’intensité et de lâcher prise.

On monte quand même d’un cran avec Steve ’n’ Seagulls (dont le jeu de mot n’aura échappé à personne. Enfin, on l’espère). Ces finlandais qui se sont spécialisés dans les reprises façon bluegrass de classiques de rock et de metal tout en assument un look de cambrousse ont eu moins de peine à se mettre dans la poche le public. Il faut dire que c’est aussi un peu un jeu. Reconnaître des morceaux joués de manière bluegrass à un côté un peu rigolo mais, au-delà de ça, Steve ‘n’ Seagulls sait mener sa barque sur scène. Après ça vaut ce que cela vaut mais le côté festif de la chose n’est certainement pas à remettre en cause. Un peu comme Ultra Vomit, ils font un peu office d’amuseurs publics mais ils le font bien et cela fonctionne aisément. Sans se dire que l’on tient là les génies du siècle, les finlandais ont eu le nez creux dans leur concept et si le but n’est pas de les prendre au sérieux, on passe avec eux un moment des plus agréables qui lance vraiment cette journée.

On le sait, à la Nuit de l’Erdre on peut passer du coq à l’âne sans que cela ne gène personne. Ainsi, passer de Steve ‘n’ Seagulls à Bernard Lavilliers c’est comme avoir un choc thermique. On y voit aucune cohérence mais peu importe. Oui, parce que on ne peut avoir que du respect pour le personnage. Et de fait, il n’y aura pas grand-chose à dire sur la performance de Lavilliers tant son expérience est lourde de sens. Même s’il a pris de l’âge, l’homme a toujours cette énergie, cette envie de partager. En fait, il dégage une certaine classe mais il n’en joue pas forcément. Il ne la joue pas à l’expérience et on a devant nous un artiste réellement sincère. Malgré ses succès il ne s’est jamais mis en avant et cela se sent sur scène. Si les regards se portent sur sa personne, il ne tire pas la couverture à lui et laisse aussi ses musiciens prendre une part du gâteau. Bernard Lavilliers reste donc Bernard Lavilliers, tel qu’on le connait, un amoureux de la musique et des mots et qui sait le transmettre.

Autre registre encore avec Triggernfinger qui, comme à l’accoutumé, va mettre le feu. On le sait, les belges ont une façon bien à eux de mener leurs concerts. Un chanteur charismatique, un batteur fou, un bassiste imposant et impressionnant et un guitariste facétieux. Le tout trouve un équilibre dans une douce folie électrique qui emporte tout sur son passage. Ils se complètent admirablement et l’entente entre eux nous entraîne dans un tourbillon sonique qui retourne le cerveau. Certes on a pu voir plus fou comme concert mais, clairement, Triggerfinger est dans le haut du panier. Et ils le prouvent une fois de plus à La Nuit de l’Erdre. Ils apportent sans doute cette débauche d’énergie (malgré le cagnard, ce qui donne plus de saveur à la performance) qui manquait sans doute à cette journée. Triggerfinger fait un bien fou mais c’est ce qu’on se dit à chaque fois qu’on les fois. Ça a un côté rassurant quand on sait que l’on va passer un vrai bon moment avec eux, sans faux semblants. Un instant rock dans toute sa splendeur.

Crédits Photos : https://fabienpondard.fr/

Lien : https://www.lanuitdelerdre.fr/

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *