Hopper – Chez Jean et Romain

Artiste : Hopper
Date : 2004-09-17
Lieu : Chez Jean et Romain

C’est à la suite d’un concert au Nouveau Casino, lors de l’after qui avait lieu chez deux des membres du groupe, que les quatre parisiens de Hopper ont pris le temps de répondre à nos question, avant de retourner à leurs invités de la soirée.

Liability : On va commencer par une question bateau… Comment vous êtes-vous rencontrés ? Comment Hopper est né ?

Aurélia : Hopper est né dans un chou… (rires)

Dorothée : En fait, on se connaissait déjà, enfin sauf Jean ; Romain, Aurélia et moi, on était amis, et Jean est arrivé, euh… par petite annonce…

Aurélia : Comme quoi on peut devenir amis, pour de vrai, par petites annonces !

Jean : Enfin non, pas vraiment… Romain et moi on habite ensemble, mais c’est juste parce que c’est plus pratique. (rires)

Liability : Et ça, c’était il y a combien de temps ?

Dorothée : Ca fait quatre ans, maintenant.

Romain : Voire cinq. Parce que là, ça fait un an qu’on dit que ça fait quatre ans.

Dorothée : Au début, on jouait ensemble, Aurélia et moi, une musique plus énervée. Eux, ils étaient dans des autres groupes ; Jean avait un groupe plus pop rock. Nous on recherchait à compléter notre groupe avec une basse et une batterie.

Liability : A Tea with D., c’est votre premier vrai album ; vous avez enregistré d’autres choses avant ?

Aurélia : Oui, avant, on a sorti un maxi.

Jean : Avant même, les filles avaient sorti un album 13 titres, qu’elles avaient bricolé chez elles dans leur chambre.

Aurélia : Ce n’est peut-être pas la peine de remonter si loin…

Jean : Ah pardon ! Bon alors, on voulait voir comment ce qu’on jouait tous les quatre sortait en studio, et on a enregistré un 4 titres. Et puis après, ça a été concert sur concert, jusqu’à ce qu’on enregistre l’album.

Liability : Le 4 titres, est aussi sorti chez Ethylène records ?

Dorothée : Non, non, c’était une autoprod.

Aurélia : Mais l’album aussi, il est autoproduit. Ethylène, ils nous ont aidé à conclure l’enregistrement, à faire le mastering ; ils nous ont payé le pressage, tout ça. Et ils assurent la promotion. On est distribué par Chronowax.

Liability : Le maxi était déjà dans la lignée de ce que vous faites maintenant, ou votre style a évolué entre temps ?

Dorothée : La musique était moins affirmée que maintenant, moins mûre.

Aurélia : Et puis c’était moins des morceaux de groupes : on les avait composé à la base avec Dorothée, et les garçons se contentaient de jouer ce qu’on avait écrit. L’album est beaucoup plus un travail du groupe complet.

Dorothée : A vrai dire, on a surtout enregistré ce 4 titres dans le but de démarcher les labels ; une fois le groupe formé, on s’est un peu dépêché d’enregistrer.

Liability : Quels groupes vous ont influencé, à la base pour votre musique ?

Dorothée : Déjà, on a tous des influences différentes. Après, les groupes qu’on aime ne ressortent pas vraiment dans ce qu’on fait. C’est vrai qu’on a un peu de mal à dire précisément à quoi on ressemble.

Aurélia : Non, ce n’est pas qu’on ne ressemble à rien, c’est qu’en fait il y a tellement d’influences que ça ressemble à plein de choses. Et si ça ressemble à quelque chose de précis à un moment, ça arrive inconsciemment.

Liability : Et sinon, maintenant, vous écoutez quoi ? Quels sont vos derniers coups de cœur, à chacun d’entre vous.

Jean : Le dernier concert qui m’a vraiment émoustillé, c’était à Montréal, un groupe canadien qui s’appelle Black Ox Orkestar. C’était un mélange de claquettes, de batterie, de violons, avec une section cuivre, du chant, des guitares… un truc complètement fou.

Romain : Moi, il y a pas si longtemps, j’écoutais en boucle l’album de From monument to masses, des californiens, qui font vraiment un truc pas mal ; et maintenant, j’écoute en boucle l’album d’un groupe de Montréal, qu’on a rencontré là bas ; ils s’appellent The Dears, et c’est vraiment, vraiment très bien.

Dorothée : Moi, en ce moment, c’est Devendra Banhart. Je l’ai vu récemment à la Guinguette Pirate, il m’a retourné. C’est un mec tout seul avec sa guitare, qui fait de la musique folk ; il a une voix incroyable, et une aura, il dégage vraiment un truc super fort. Sinon, j’écoute plein d’autres trucs, mais dernièrement, c’est surtout lui.

Aurélia : En ce moment, j’écoute beaucoup un groupe qui n’est pas encore sorti, donc je vais éviter de trop en parler… Mais sinon, les deux derniers trucs qui m’ont, euh…, “mis en joie”, c’est Laura Veirs, le dernier album (et les autres aussi, d’ailleurs), et Shanon Wright sur scène.

Liability : Sinon, comment ça se passe pour les compositions, au sein du groupe ? Est-ce que c’est quelqu’un qui les fait et qui les apporte au reste du groupe, est-ce que c’est tous les quatre ensemble ?…

Romain : C’est quelqu’un et on le paye très cher (rires). Euh… comment ça se passe ? En fait, les filles arrivent souvent avec des bouts de guitares, des gros bouts de guitares, même, et des paroles qui vont avec, et puis après, la structure prend sa forme finale pendant les répétitions.

Dorothée : Ouais, souvent t’as une mini base au départ, ça peut être juste un riff. Après on casse la structure initiale, pour faire quelque chose de plus intéressant. On n’aime pas vraiment les structures couplets-refrain ; on préfère casser les bases, parce qu’on a un peu peur de s’ennuyer. Et aussi, c’est par rapport au public, pour ne pas le lasser.

Liability : Et pourquoi avez-vous choisi de chanter en anglais ?

Dorothée : Déjà, dans nos influences, les groupes qu’on écoutait, ce ne sont que des groupes anglophones. Ensuite, par rapport au style de musique qu’on fait, du rock indé, c’est un peu plus chantant en anglais.

Aurélia : En anglais, les mots sont plus courts, ça donne des choses plus intéressantes que le français au niveau du phrasé.

Liability : Mais est-ce que ça ne vous pénalise pas dans votre démarche commerciale ?

Aurélia : Bien sûr que si ; c’est un bâton de plus dans nos roues. Ca nous ferme des portes dans la presse, dans les médias. Ca s’ouvre un peu : il y a des groupes comme Phoenix qui ne chantent pas un mot de français et qui passent à la radio…

Dorothée : Mais c’est un groupe sur des milliers, ça reste très rare.

Liability : Vous avez des retours sur les ventes de l’album depuis sa sortie en mai ?

Dorothée : En fait, on n’a pas les chiffres exacts, c’est difficile d’avoir des retours. Mais dans l’ensemble, ça reste mitigé, parce qu’on a pas eu de promo avec des concerts autour. On essaie de se rattraper avec la tournée de cet automne et de début 2005, pour rebondir un peu.

Liability : Justement, la scène, pour vous, c’est seulement un moyen de faire la promo de l’album, où ça a un but en soi ?

Romain : Non, la scène, c’est le but en soi. Bon, je m’emballe peut-être un peu, mais pour moi, c’est vraiment ça.

Dorothée : Moi j’aime bien les deux, le studio et la scène, mais j’ai l’impression que qu’avec les gens, ça marche mieux quand ils nous ont vu une fois sur scène. Il y a un truc en plus ; je ne sais pas quoi exactement, mais il se passe quelque chose.

Aurélia : La scène, pour moi, c’est primordial pour se créer une réelle identité. Mais tout ce qui est enregistrement, je trouve ça hyper intéressant, pour travailler les arrangements, c’est quelque chose qui me passionne. Mais quand même, l’album a été enregistré live : déjà, c’est du matériel analogique, donc il n’y a pas de travail à l’ordinateur derrière, et en plus, ça a été fait en une seule prise, en jouant tous ensemble, sans métronome derrière pour nous marquer le tempo.

Liability : Et les morceaux évoluent sur scène, ou pas vraiment ?

Romain : Franchement, oui : à chaque nouvelle fois qu’on les joue, on rajoute toujours plein de trucs. Et on reste attentif au public, on voit ce qui fonctionne, on sait ce qui est bon. C’est ce qui est bien quand on enregistre des morceaux qu’on a déjà beaucoup joués sur scène.

Dorothée : Ce soir, on a joué deux nouveaux morceaux, qui ne sont pas sur l’album, mais on en a plus que ça.

Romain : On a quasiment de quoi faire un nouvel album, même.

Dorothée : On devait enregistrer en 2005, mais ça risque d’être retardé.

Liability : Autre sujet : comment est née l’aventure 48ème parallèle ?

Dorothée : En fait, il y a deux ans, on voulait tourner au Québec, pas forcément pour gagner de l’argent ou se faire vraiment connaître, mais vraiment pour voir comment ça donnait. En plus, en tant que groupe anglophone, on savait qu’on ne serait pas mal accueilli là bas.

Aurélia : Ca marche au niveau du rock, ça. Il y a une scène anglophone qui est très développée. Parce que sinon ils sont quand-même très conservateurs vis-à-vis de la langue française.

Dorothée : Leur combat est justifié, d’ailleurs. Donc on a posé une annonce sur un site de rock québécois en proposant de faire venir un groupe et de leur trouver des dates ici, en échange de quoi ils faisaient la même chose pour nous au Québec. Le but n’étais pas de gagner de l’argent, mais de tourner et de faire des expériences. Le groupe québécois Issue 16, qui plus émo et power pop que nous, a répondu à notre annonce. On a correspondu par internet pendant 6 mois, le temps de booker des dates. L’aventure a vraiment bien fonctionné, parce qu’on s’est réellement bien entendus, et on a eu une relation de confiance. Ce sont eux qui sont venus en premier. Les concerts se sont fait un peu à l’arrache, mais ça s’est bien passé. Ensuite, c’est nous qui sommes allés là-bas, et on a été très bien accueillis. On a refait ça cette année, et entre les deux échanges, on a décidé de monter cette compilation 48ème parallèle qui mélange groupes québécois et groupes français, pour consolider cette amitié, pour faire connaître des groupes québécois au public français, parce qu’il y a vraiment des choses valables là-bas, et pour faire connaître nos groupes là-bas. On a pu se faire sponsoriser par la délégation du Québec à Paris, qui nous a donné une bourse pour monter cette compilation et le festival qui a suivi.

Aurélia : En parallèle, il y a un site, qui présente chaque groupe, http://48emeparallele.free.fr, et qui devait aussi devenir un forum d’échange.

Dorothée : Un autre aspect du site qu’on est en train de mettre en place, c’est de créer un annuaire de salles, de labels et de tourneurs, tant en France qu’au Québec, pour que les groupes aient plus de facilité à jouer dans un pays ou dans un autre ?

Liability : Dernière question, qu’on a déjà dû vous poser 50 000 fois : Qui est D. ? (rires)

Aurélia : En fait, il y a deux réponses à cette question. La première est assez personnelle, et je n’ai pas envie de la donner. La seconde, c’est dans la suite du premier album qu’on a sorti, avec Dorothée “There’s no place like home”. Le titre est une phrase tirée du Magicien d’Oz. Dans “A tea with D.”, Dorothée, du Magicien d’Oz serait arrivée dans le monde d’Alice au pays des merveilles, et aurait été invitée à boire un thé avec le Chapelier fou.

Dorothée : A part ça, on n’est pas drogués…

Aurélia : A la base, ça ne devait pas être le titre de l’album, juste le titre d’un morceau, mais on aimait bien l’ambiance, dans un terrier, à boire un thé avec un lapin…

Merci à Aurélia, Dorothée, Jean et Romain pour leur patience et leur gentillesse.

Lien : http://wearehopper.free.fr/

Par Claire

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