Hellfest 2019 – Jour 1 – Partie 3

Artistes : Sonata Arctica – Daughters – Godsmack – No One Is Innocent.

Lieu : Hellfest, Clisson

Date : 2019-06-21

Il se passe quoi donc sur les Mainstages doudou dis donc ? Il y a Sonata Arctica mes tous bons et on se dit pourquoi pas. En fait, c’est le genre de chose qu’on ne devrait même pas se dire. Pourquoi pas. T’as envie d’écouter Jul en mangeant du gravier ? Pourquoi pas… Bah non, évidemment non. Alors pourquoi s’infliger Sonata Arctica ? Le désœuvrement ? Une confusion malheureuse ? On peut évidemment se chercher des excuses, il n’en demeure pas moins que de voir des finlandais ne fut pas la plus brillante idée qu’on ait eu. On conçoit que ce qu’ils font puisse plaire, que ce côté power metal possède toujours des afficionados mais pour notre part cela reste des plus ronflants et maniéré. On a plus l’impression d’écouter du metal variétoche qui débite à tour de bras de nombreux poncifs qu’on aurait préféré ne pas trop entendre. Si techniquement cela reste assez léché, scéniquement cela n’a pas beaucoup d’intérêt, le groupe donnant l’impression qu’il récite sa leçon plus qu’il ne vit le concert lui-même. Doublement dommage.

Fort heureusement, on se rattrape très largement avec Daughters qui joue sous l’Altar. Auréolé d’un You Won’t Get What You Want qui a largement été salué par la critique, les américains font office d’épouvantails. Et ils rempliront parfaitement leur rôle. Mieux, Daughters nous met une bonne fessée, nous réveillant après avoir les soporifiques finlandais dont on n’ose encore prononcer le nom. Plein de furie, nous prenant littéralement à la gorge, Daughters n’aura de cesse de ne pas vouloir relâcher son étreinte pendant les quarante minutes qui leur ont été allouées. De l’intensité, encore de l’intensité menée par un Alexis Marshall intenable et intraitable. D’ailleurs on n’a pas le temps de se poser la moindre question avec eux. Il faut rentrer dans la danse tout de suite ou pas du tout. Ceux qui sont dans le premier cas n’ont pas à le regretter. S’il est probable que Daughters fait office de découverte, voire de révélation, pour pas mal de festivaliers, le groupe marqué de nombreux points aujourd’hui. Un concert plein de fureur à peine contrôlée, de saine violence et une claque monumentale pour tous ces artistes qui sont dans une démonstration de façade. Clairement, il ne fallait pas être ailleurs à ce moment ci. Il y avait quoi en face ? Lofofora et Conan ? On s’en remettra…

On retourne sur les Mainstages pour voir Godsmack. Et là aussi, on a assisté à un concert de très bon niveau. Même si on revient sur quelque chose de plus classique, Godsmack reste une valeur sûre et on peut faire confiance à la doublette Sully Erna / Shannon Larkin pour assurer le show. Certes c’est un groupe qui n’a jamais fait l’unanimité mais on ne peut pas nier que le groupe sait mener sa barque sur scène. Un concert solide donc qui a son point d’orgue avec le désormais traditionnel duel de batterie entre Erna et Larkin. On voit la batterie de Larkin s’avancer rapidement suivie par une autre sur laquelle s’est installé Sully Erna. D’abord côte à côte, les deux batteries pivotent pour se faire face. Autant amusant, qu’impressionnant, les deux hommes font montre d’une belle complicité alliée à une performance de bon goût. Rien que pour cela, il fallait aller les voir.

C’est comme un concert de No One Is Innocent. Ça ne se loupe pas. Depuis sa résurrection dans les années 2000, le groupe n’a eu de cesse de prendre du galon. Même si leurs débuts ont été fulgurants, ils étaient retombés dans un relatif anonymat tout aussi vite. Aujourd’hui, No One Is Innoncent n’a pas brulé les étapes et s’est reconstruit un peu plus doucement mais surement. Même s’ils reviennent de loin, Kemar et les siens n’ont jamais vraiment changé ce qui a fait le cœur du groupe, son identité, son essence politique et humaniste. Et cela suffit pour faire remuer la foule. Cette même foule qui sait reconnaître un groupe qui ne s’est jamais renié. Bref, No One reste No One, de l’énergie, de la hargne, aucune concession et, au final, que du bonheur. Plus de vingt cinq ans après sa création, No One Is Innocent est surement plus fort que jamais. Si leur musique nous porte, il nous apparait aussi évident que le discours de Kemar est tout aussi important. On ne comprendrait alors pas que la foule puisse scander à la demande de ce dernier « la jeunesse emmerde le Front National ». Faites que cette jeunesse ne vieillisse pas trop vite.

Lien : https://www.hellfest.fr/

Crédits Photos : https://www.romainballez.com/

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