Hellfest 2019 – Jour 1 – Partie 1

Artistes : Sublim Cadaveric Decomposition – Gloryhammer – Aorlhac – Cult Leader

Lieu : Hellfest, Clisson

Date : 2019-06-21

Après un Knotfest qui a eu ses bons moments, d’autres sans doute un peu too much, mais toujours dans la bonne humeur, il est temps de retrouver le sens commun avec cette nouvelle édition du Hellfest qui, comme à son habitude, relève du marathon pour essayer de voir un maximum de chose. Mais on vieillit et on laisse aux plus jeunes de gambader de scènes en scènes comme des dératés afin d’emmagasiner une haute quantité de contenu. Nous on a trouvé un rythme de croisière et on sait qu’on ne pourra pas tout faire. On fait des choix, parfois pas toujours très heureux, avec parfois le sentiment d’avoir loupé des choses mais toujours dans le meilleur esprit. Il n’en demeure pas moins que le Hellfest fait une fois de plus le plein. Le Download ayant déclaré forfait cette année (ce qui n’a jamais empêché de Hellfest d’être sold-out soit dit en passant), le Hellfest se devait d’assurer sans doute plus que de coutume. La première chose que l’on remarque ce sont les nouveaux aménagements (notamment aux stands de restauration) qui, une fois de plus, ne sont pas en carton-pâte. Un festival qui est peut-être dans la démesure mais dont on ne peut pas dire qu’il ne prend pas soin de ses festivaliers. Au niveau des scènes il n’y a pas de changements notables. Il y a juste des éléments de décors qui sont venus agréablement se rajouter par rapport à l’année dernière.

En tout cas en ce vendredi matin on sent déjà qu’il va falloir jouer des coudes et pas forcément avec les festivaliers en tant que tels. Mais c’est un autre débat qui a eu lieu ailleurs et qui, dans le fonds, n’intéresse que les intéressés. On commence avec une petite douceur que sont les français de Sublime Cadaveric Decomposition qui, sous l’Altar (oui, on sait, on en a loupé quelques-uns qui sont passés avant), appliqueront gaiement leur grind coriace et saignant. Une demi-heure de brutalité de bon aloi et ce sans faire de chichis particuliers. Certes, on aurait préféré commencer un peu plus calmement mais Sublime Cadaveric Decomposition a le mérite de nous mettre tout de suite dans le bain. Sans être dans l’exception, le trio remplit son rôle avec sérieux et application. Ce n’est déjà pas si mal et bien suffisant pour nous. Pourtant, en les regardant, on imagine mal les voir évoluer plus que ça. Sans doute n’auront-ils qu’une plus place d’outsider pendant toute leur carrière mais il y a fort à parier que cela leur convient parfaitement.

Sur la Mainstage, on retrouve les rigolos de Gloryhammer, groupe dans la tendance power metal et qui, comme leur nom l’indique, a une accointance avec les gros marteaux, à fortiori ceux qui ont un côté mythique. Bon, clairement, en les voyant, on a du mal à penser que malgré une débauche de testostérone et de virilité grandiloquente, le groupe soit un tant soi peu sérieux dans ses intentions. De fait, prendre Gloryhammer au premier degré serait une lourde erreur d’appréciation. Ceci dit, on s’attendait à voir le chanteur débarquer avec son gros instrument et, du moins le temps où on a été présent, rien, nada, peau de zob. La déception est à son comble. Il nous reste le groupe avec son chanteur aux poses héroïques qui a plus le physique de Loki que de Thor. Peu importe, ils ont quand même un côté rigolo si on sait les apprécier comme il faut. Un peu de fun, ça ne fait pas de mal.

Première incursion sous la Temple avec Aorlhac qui nous vient de la charmante bourgade d’Aurillac. Plutôt tendance black/death, Aorlhac a sans doute une touche plus mélodique et émotionnelle que ce que l’on a tendance d’écouter habituellement. Si on a l’impression que le chanteur est parfois approximatif, le reste du groupe, lui, ne fait pas de faux pas. Ça compense. Pour autant, Aorlhac reste un groupe étonnant qui pourrait bien se faire une place au soleil s’ils continuent à avoir cette empreinte qui se démarque de la masse. En soi, Aorlhac est une bonne découverte même s’ils ont déjà un bon vécu derrière eux. Eux qui définissent leur musique comme du black metal épique (pourquoi pas) ont sans doute une carte à jouer. En tout cas leur passage ici est assez réussi.

Sans doute plus dans nos cordes, Cult Leader s’emploie sous l’Altar. Cult Leader qui, pour les fins connaisseurs, est le prolongement de feu Gaza qui a disparu après les accusations de viol sur son chanteur. Ceci étant, Cult Leader, est tout à fait le genre de groupe qui nous retourne les tripes en deux temps, trois mouvements sans doute parce que plus proches de nos goûts personnels. D’ailleurs, on les aurait plus vu évoluer sous la Valley que sous l’Altar vu le registre employé. Peu importe. Leur sludge/mathcore a la profondeur, la force et l’émotion adéquate pour nous donner du baume à l’estomac. Assurément, le premier vrai de cœur de la journée. Du coup c’était bien trop court et on se dit que la prochaine fois qu’ils passent dans le coin, il n’y aura pas beaucoup à hésiter.

Crédits Photos : https://www.romainballez.com/

Lien : https://www.hellfest.fr/

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *