Chicaloyoh – Jaune Colère (2018)

Artiste : Chicaloyoh

Album : Jaune Colère

Année de sortie : 2018

Label : 213 Records

Tracklist : |01 Les jonquilles de la place des armes|02 Quand la messe, quand ?|03 Mimosa Pudica|04 Berceuse|05 La nausée du trop-plein|06 La maison Jaune|07 Adieu les hommes

Note : 8

Alice Dourlen n’en est pas à son premier coup. Et autant le dire tout de suite, la musique qu’elle produit n’est pas à mettre entre toutes les oreilles. Mais quelle musique l’est dans le fonds ? Tout est affaire d’appréciation. Prenez mon cas personnel par exemple. Faite moi écouter du Vianney et je frise l’AVC tout en ayant l’impression d’avoir des pustules qui me poussent partout sur le corps alors que je peux très bien me sustenter d’un Merzbow. Alors Chicaloyoh, pensez donc… Mais que fait elle donc de si particulier ? Débutant dans la folk elle s’est peu à peu tournée vers une musique que d’aucun qualifierait d’expérimentale. En d’autres termes c’est une iconoclaste, non parce qu’elle fait une musique qui répond à des critères plus cérébraux qu’à l’accoutumée mais bien parce qu’elle développe une pensée qui lui est propre et qui ne doit qu’à sa propre imagination qui est souvent liée à son expérience de vie. Et Jaune Colère en est l’une des illustrations de son vécu. Ce disque est issu d’une lente maturation, le fruit de ses réflexions couchées sur le papier et de son expérience dans « un centre accueillant des personnes handicapées mentalement et physiquement ». Pour autant, Jaune Colère ne saurait être une fin en soi ou l’aboutissement de cette même expérience. Elle peut encore évoluer, se transformer, se modifier. De son propre aveu c’est encore « un travail en cours, fini ou à refaire ». Rien n’est donc définitif. Rien ne l’est jamais. Jaune Colère ne serait que le témoignage de l’instant basé sur des écrits accumulés au fil des jours, des semaines, des mois. C’est peut-être pour cela que Jaune Colère n’est pas uniforme, qu’il ne suit pas un fil particulièrement logique. On comprend assez vite que ce n’est pas le plus important ici. Ce qui l’est, en revanche, était bien de bâtir une, ou plutôt des musiques qui répondraient comme un écho à des situations de vie qui sorte de l’ordinaire. Entre musique concrète et abstraite, field recordings, electronica post-industrielle, émanation 80’s et techno dadaïste, Chicaloyoh ne se ménage pas. Par-dessus elle déclame, chante ou chuchote ses textes qui feraient passer Vol au-dessus d’un nid de coucou ou Shock Corridor pour de simples comptines. Pour autant, Jaune Colère va bien au-delà de ça. Si on peut lui trouver un caractère assez décousu et lancinant , il n’en demeure pas moins que ce disque distille une intensité peu commune qui sort des schémas parfois préconçus que l’on peut entendre dans la musique expérimentale. Définitivement, Alice Dourlen n’est pas faite du même bois que nous autres, ce qui rend Jaune Colère réellement à part et passionnant.

Lien : https://chicaloyoh.bandcamp.com/

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