Charles-Eric Charrier – L’été (2019)

Artiste : Charles-Eric Charrier

Album : L’été

Année : 2019

Label : Autoproduction

Tracklist : |01 Vibrer|02 Orager|03 Que reste t’il ?|04 L’été|05 Crépitement|06 Révèle

Note : 9

Il faut bien comprendre une chose. Dans le cerveau foisonnant de Charles-Eric Charrier les idées se chevauchent, apparaissent comme des fulgurances mais finissent toujours par se construire. Même s’il est un infatigable bavard, dans sa musique, il n’a pas forcément besoin de longs discours. Depuis quelque temps déjà, Charles-Eric Charrier appose ses mots à sa musique, chose qui ne fut pas évidente à la base. Parce que, probablement, le doute subsistait sur leur utilité, de comment les intégrer à son environnement sonore. Ce fut un cheminement qui aujourd’hui fait sens. Sa voix, traînante, chaleureuse, chuchoteuse et caressante vient se fondre sur les volutes sonores dont la vibrance rappelle la chaleur sourde mais apaisante de l’été. Un été qui se vit autant en plein jour que la nuit où tout se révèle. L’été, donc. Un disque mais aussi, et surtout, un livre de textes courts et poétiques accompagnés d’un travail photographique de Nathalie Champagne. Trois formats, trois espaces, trois rêveries. Ici, Charles-Eric Charrier que l’évidence des mots qui se bousculent au gré de ses errances collent et font corps à sa musique. En fait, c’est peut-être ce qui lui manquait jusqu’ici. Pour autant, ses mots, ses poèmes, courts comme des haïkus, n’ont de sens que si on s’en imprègne. Il faut aller les chercher ou, comme sur le disque, les laisser les venir à nous sans la moindre arrière-pensée ou appréhension. On en fait alors ce que l’on veut, on leur donne le sens qu’on a envie de leur donner mais comment ne pas sentir le sol se dérober sous nos pieds quand tout ceci parvient à vous atteindre ? Il n’est pas certain qu’il y ait un message derrière tout cela ou, du moins, un seul message. Ici, c’est la multiplicité des états qui fait force de loi et ce dans une sorte de contemplation où le palpable s’associe à quelque chose de presque surnaturelle. Et pourtant, il n’y a pas plus humain que Charles-Eric Charrier. Dans le fonds, c’est peut-être de cela dont il parle : l’humanité. De fait, il est inutile de vouloir le ranger dans une case. Il n’est d’aucune phratrie. Il est lui, dans sa complexité et sa multiplicité, se mouvant doucement dans la chaleur de l’été.

Lien : https://charlesericcharrier.bandcamp.com/
https://www.nathaliechampagne.fr/l-ete-charles-eric-charrier?fbclid=IwAR0_peJEqHvdRHdh4ta09kKcEOOekHkxgZLHxzUI2Y5a4GsUTw8bDb82yXs#9

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