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Schoos, Benjamin

Le : 29-06-2014

Lieu : e-mail

propos recueillis par Fabien et publiés le 11-07-2014

Suite à la sortie (prochaine) de son album Beau Futur et à deux eps d'une belle qualité pop, le Bertrand Burgalat belge, Benjamin Schoos, nous a accordé une petite interview pour nous parler de son dernier opus, ses rencontres, ses goûts, son parcours. Et force est de constater que le bonhomme, bien que fort occupé, prend la vie du bon côté et non sans humour.

Liability : Bonjour, en septembre va sortir votre nouvel album mais avant on a pu apprécier vos deux ep sorti il y a peu (Une dernière danse et Visiter la lune). Pour ceux qui ne vous connaissent pas encore comment vous présenteriez votre univers ?

Benjamin Schoos : Bonjour ! Je pense être quelqu'un d'assez paradoxal dans la vie et dans mon art. J'aime aussi beaucoup jouer avec les contrastes. Je suis un peu tout et son contraire. Par contre, j'aime poser des choix assez tranchés sur ma production discographique. China Man vs Chinaman mon précédent opus racontait l'histoire d'un lutteur de foire fragile qui est amoureux d'une chinoise, as du Kung Fu et tueuse. L'homme de porcelaine l' affronte en combat en sachant qu'il va mourir d'amour.

Sur Beau Futur, je me plonge dans la science fiction positive et l'univers de la jet set italienne sur fond de guitare pop, d'orchestre à corde et de synthés analogiques. Chaque son sur l'album a une signification qui lui est propre. Par exemple sur l'album , Le String Ensemble Solina évoquent (quand il apparaît sur les titres) les anges gardiens protecteurs de la nuit.

Liability : Pour ce disque vous avez pas mal de gens qui vous accompagnent notamment April March et Laëtitia Sadier (Stereolab). Comment avez vous été amené à travailler avec elles ?

Benjamin Schoos : Simplement la vie a fait que le cosmos m'a guidé vers ces deux êtres de lumière. En 2013 J'ai sorti sur mon label Freaksville l'excellent disque d'April March et Aqua Serge, groupe que j'adore. Bertrand Burgalat m'avait beaucoup parlé d'elle et j'adorais ces albums. La rencontre fut très sympa, elle a enregistré ses voix au Head Studio, le studio de Steve Shelley de Sonic Youth.

Laetitia Sadier, j'étais fan de Stereolab depuis mon adolescence et j'ai écrit en 2010 Je ne vois que vous en pensant à elle et je lui ai écrit un message. Elle a aimé le titre et nous sommes devenus amis.

Liability : Vous avez également collaboré avec beaucoup de gens au fil de votre parcours. Notamment avec Jacques Duvall avec qui c'est assez particulier, si j'ai cru bien comprendre. Comment expliquez vous cette relation ?

Benjamin Schoos : Duvall est le roi des lyrics. Un guide, un maître. J'adore écrire des chansons avec lui. On lui doit 90 % des bons lyrics de la pop française. C'est un honneur pour moi de bosser avec lui. On a écrit pas mal ensemble, genre 200 titres dont une oeuvre un peu raté pour l'Eurovision (Copycat avec un elvis de série Z). Voir mon label www.freaksvillerec.com. Je suis ravi aussi d'avoir pu travailler sur Beau Futur avec l'excellent Alexandre Chatelard qui est un poète moderne. Et puis Doriand aussi. Très bon ce parolier.

Liability : En parlant de collaboration. Comment fait-on pour passer de Lio à Damo Suzuki ?

Benjamin Schoos : Très simplement , je suis autant fan des premiers Lio qui ont bercé mon enfance que de Can, dont mon père avait des lps. Encore une fois , le cosmos a fait que les rencontres ont été possible. Mais je ne fais pas de distinctions de style, ces deux artistes m'ont apportés énormément. Et surtout m'ont appris chacun à leur manière ce qu'est d'être un interprète.

Lio parle beaucoup et est très expansive, elle passe du rire aux larmes. Damo est très calme lui, ne parle pas beaucoup, sauf aux animaux, il a un don télépathique. Je pense qu'il a télépathisé avec un homard l'autre jour au restaurant avant que le cuisinier ne le cuise.

Liability : D'ailleurs vous êtes un touche à tout (édition, radio, télé, producteur, arrangeur, auteur, dessinateur...) Vous définiriez vous comme un boulimique ?

Benjamin Schoos : Non, j'aurais aimé ne faire que de la musique et de la réalisation. Voir même vivre de ma simple carrière d'artiste interprète par les concerts et mes disques . La vie en a voulu autrement, j'ai du m'adapter pour continuer à vivre de ma passion. Aucun regret mais voilà ceci explique cela !

Liability : Quel regard portez vous sur votre parcours depuis vos débuts sous le nom de Miam Monster Miam ?

Benjamin Schoos : Décousu, aucune cohérence de style. Peut être ai-je pu donner quand même une patte sonore à ces disques . Mais si on passe d'un disque à l'autre, les styles sont vraiment trop différents et parfois la réalisation fait défaut. Mais j'ai appris mon métier en réalisant et je pense que China Man vs China Girl et Beau futur sont les plus réussis de ma discographie. Sous le nom de Miam Monster Miam j'aime bien celui qui s'appelle LA FEMME PLASTIQUE enregistré avec mon groupe collectif de rock psyché garagre THE LOVED DRONES et mon album de 2007 L'homme Libellule est assez amusant, esprit zarbi entre Pierre Lapolice et Gainsbarre martien. J'espère qu'ils ressortiront en 2014. Ah oui, il y a un disque que j'ai fait gamin sur un 8 pistes à bande Hey Tank ! où je chante en anglais. Un peu louche, des titres psychés minimalistes qui a encore un peu de succès en Belgique.

Liability : Pour en revenir à votre nouvel album, est-il toujours plus difficile de faire de la musique pour soi que pour les autres ?

Benjamin Schoos : Euh non, je ne pense pas. J'aime juste pas réécouter mes albums, car j'aime pas entendre ma voix. Beau Futur me semble être bien réalisé et correctement écrit. Il est ok. Il fait la synthèse entre tout ce que j'ai pu faire avant, que j'ai cherché et il est même assez élégant tout en étant bien contrasté. Bref, je suis mal placé pour vous en parler !

Liability : D'ailleurs, quel est le moteur de ce disque ?

Benjamin Schoos : L'amour. Le cosmos. Triompher de la part d'ombre. Nous sommes des êtres de lumière, nous devons nous battre pour maintenir notre corps énergétique. Quand j'ai enregistré mon disque j'avais un trop plein d'énergie cosmique à vider... Je sentais comme un flux d'énergie qui sortait de mon genou gauche.. Quand je sens cette sensation c'est que je dois me mettre au boulot fissa . Après trois mois d'enregistrement, mon genou n'avait plus rien. Mes shakras étaient rétablis.

Liability : En écoutant vos derniers morceaux je n'ai pu m'empêcher à penser à des groupes comme Stereolab (fatalement) mais aussi Divine Comedy. Avez-vous peur que ce genre de comparaison revienne trop souvent ?

Benjamin Schoos : Non. C'est de la bonne pop musique. C'est ce que j'essaie de faire aussi !

Liability : D'ailleurs, on imagine que vous écoutez beaucoup de choses. En ce moment, qu'est ce que vous écoutez en boucle ?

Benjamin Schoos : J'écoute pas mal de LP et des raretés pour mon émission sur www.radiorectangle.be, Freaksplanet, je vous encourage à jeter une oreille. Pour le moment J'adore Moodoïd, Wrangler, Aquaserge et La féline. Et puis ce chef d'oeuvre méconnu : LEWIS, L'amour. Une claque.

Liability : A ce propos, ce que vous écoutez finit-il par vous influencer d'une manière ou d'une autre ?

Benjamin Schoos : Sans doute inconsciemment, mais j'écoute peu de musique quand je compose et que je suis plongé dans la réalisation de mes albums. Je suis à 100 % dans un univers intérieur et je dois soulager mon genou des flux cosmiques. Pas le temps d'écouter la musique des autres. Il n'y a que 24 heures dans une journée.

Liability : En ce moment, j'ai cru comprendre que vous étiez en tournée. Comment ça se passe ?

Benjamin Schoos : Bien, chaque public est une masse d'énergie à faire déplacer. J'évite les trous noirs. La plus part du temps il y a beaucoup d'amour. Et je fais pas mal d'actions aussi tel un cascadeur. A la 100ème du concert China Man, mon corps est couvert d'ecchymoses et j'ai mon dos brisé en mille.

Liability : J'ai vu que alliez jouer aux Francofolies de la Rochelle. Qu'est-ce que vous attendez en général de ce genre d'événement ?

Benjamin Schoos : Rien, si ce n'est faire plaisir et prendre du plaisir pendant une heure. Pour moi un concert est un concert. Je donne le meilleur en fonction de mon énergie chaque fois. Devant 3 personnes ou 5000 comme c'était le cas en Asie.

Liability : Pour conclure, que peux-t-on vous souhaiter pour la suite ?

Benjamin Schoos : J'aimerais beaucoup arriver à terminer ma formation de ventriloque et magicien. J'aurais aimé être un illusionniste mais je ne suis pas vraiment manuel et doué. En ventriloquie, même si professionnellement j'ai pu faire le ventriloque sur la radio nationale belge pendant 7 ans, je ne suis pas bon. Mais à la radio personne ne voyait mes lèvres bouger !

Crédits Photos : François Mercier (couverture) & Pascal Schyns

Merci à Bastien de chez IVOX

A voir également :

http://www.miammonstermiam.com/

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