.:.Interview.:.

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Opium Du Peuple

Le : 21-08-2010

Lieu : Couvre Feu, Corsept

propos recueillis par Fabien et publiés le 15-09-2010

Il fait beau et chaud en ce 21 Août sur la côte Atlantique. Le festival Couvre Feu vient d'ouvrir ses portes, les choses commencent calmement. C'est aussi avec une belle décontraction qu'on se met en place pour l'interview. Les trois membres d'Opium du Peuple, Slobodan le chanteur, Machine le batteur et Otto Van Mushnik Wald guitariste de son état, sont à la cool. Ca tombe bien, il n'est pas question de se prendre la tête. Cette interview se fera comme si nous étions les pieds dans l'eau avec un groupe qui n'a pas envie de se prendre aux sérieux mais qui a tout de même des avis tranchés. Rencontre, donc, avec la formation la plus cool de l'hexagone.

Slobodan : Lis moi ces choses que j'aime t'entendre dire ma coquine...

Liability : Voilà... bonjour Opium du Peuple. Alors pour ceux qui ne vous connaissent pas encore, Opium du Peuple c'est qui ? C'est quoi ? Quel est son objectif ?

Slobodan : (rires) Quel est son objectif... non... (rires)

Otto Von Mushnik Wald : ne le dites pas !

Slobodan : Objectif nul...Alors c'est qui ? Opium du Peuple c'est six personnes, habituellement, six personnes en scène et ce soir exceptionnellement dix mais on en parlera plus tard hein ? Coquin. Et en fait, il y a des gens de Lyon, des gens du Pays Basque, des gens de Toulouse et on s'est tous réunis pour faire des reprises de variété française et de chansons françaises en version punk métal.

Machine : pas métal...punk

Slobodan : ...punk, mais sérieux quand même. (rototo)

Machine : t'es dégueulasse, moi je ne rote pas comme ça.

hommage à un batteur solitaire

Liability : mais punk plutôt première génération ou...

Slobodan : Oulalala...

Liability : Pas vraiment ? Non ?

Slobodan : Ouais.

Machine : Ce que j'appelle le punk à roulette

Liability : Le skate-punk ?

Slobodan : Ouais mais un peu plus viril que roulette. Comme quand tu sais que tu skate beaucoup avec ta planche à roulette et qu'au bout d'un moment tu sais que tes roues deviennent carrées...

Otto Von Mushnik Wald : C'est du punk à roulettes carrées.

Slobodan : Du punk à roulettes carrées.

Otto Von Mushnik Wald : On tombe souvent.

Slobodan : Ouais.

Liability : Du punk qui ne va pas droit mais qui va au but quoi.

Slobodan : Ouais euh... ça va droit au but mais de manière...c'est moins lisse qu'un groupe de punk à roulettes normal. C'est pas mal ça.

Otto Von Mushnik Wald : Ca me parait un peu compliqué (rires)

Slobodan : C'est pour les gens qui ne nous connaissent pas !

Machine : Je trouve que c'est moins lisse qu'un groupe de punk à roulette normal.

Slobodan : Ah tu vois ? Qu'est-ce que t'en penses ?

Liability : C'est déjà bien non ? C'est déjà une bonne idée.

Slobodan : Ah ouais, moi je trouve que c'est une bonne définition.

Liability : Alors dites moi si je me trompe mais Best Off est votre deuxième album, il est sorti au mois d'avril dernier et est-ce que vous en êtes fier ?

Slobodan : Ouais, carrément. Bah c'est Best Off quoi ! On a mis vraiment le meilleur de nous même dedans. Tout ce qu'on avait. On a vendu nos maisons, on a mis nos femmes sur le trottoir pour pouvoir produire et sortir cet album.

Liability : C'est terrible...

Slobodan : Il sent la sueur et le foutr...euh la sueur.

Liability : Surtout la sueur ?

Otto Von Mushnik Wald : Comme on se faisait pas mal de pognon on les a laissé.

Slobodan : Du coup, elles continuent (rires)

Liability : ouais d'accord...

Slobodan : (rires) ouais d'accord, j'vois le genre (rires)

Machine : On en est fier parce qu'il a un gros son fabuleux. On l'a enregistré au Warm Audio, c'est important de le dire.

Slobodan : A Lyon et ils nous ont fait un son de fou.

Machine : Chris & Boule !

Liability : Quand on lit la presse spé on voit qu'elle vous a trouvé un surnom qui correspond à celui des Jackson 5 de la chanson française, ça vous convient ?

Slobodan : Bah ouais on est un peu tous frêres. Dans Dolly & Co ils sont trois frères et nous on est cinq. On les a grugés. Pas mal hein ?

Machine : Ca vient de là en fait.

Slobodan : Ca te plait ou pas ?

Otto Von Mushnik Wald : Il y a un bug dans la matrice. (rires)

Slobodan : Non, on n'est pas frêres vraiment mais c'est ce qu'on dit.

Machine : C'est ce qu'on dit, ça n'a rien à voir avec le style ou la relation entre les frères ou...

Slobodan : Je crois qu'on complique à chaque fois nos réponses.

Otto Von Mushnik Wald : Tu veux qu'on recommence ?

Liability : Oh, c'est vous qui voyez hein ?

Otto Von Mushnik Wald : (rires) Il y en a qui ont essayé !

Slobodan : Les Jackson 5 de la chanson française...non c'est bien

Machine : Ils faisaient que des compos, ce qui n'est pas du tout notre cas. Et puis c'était de la musique de teenagers.

Otto Von Mushnik Wald : Cela dit, ils faisaient que des compos mais ce n'est pas eux qui composaient.

Liability : Ouais mais le punk, à la base, c'étaient aussi un peu pour les teenages. C'était un peu ça aussi non ?

Otto Von Mushnik Wald : On était teenage quand le punk est sorti et puis on a vieilli. Les soixante-huitards ont vieilli et ils écoutent toujours du yéyé, non ?

Slobodan : Ouais.

Otto Von Mushnik Wald : Ca c'est surement une erreur qu'on va répéter.

Machine : C'est sur.

Slobodan : C'est certain.

Otto Von Mushnik Wald : Déjà on s'en mord les doigts.

Slobodan : Ouais, c'est atroce. (rires)

Liability : Alors sur Best Off vous avez aussi invité Didier Wampas et Ultra Vomit. Qu'est-ce qui vous a fait travailler avec eux et comment se sont passées ces rencontres ?

Slobodan : Ultra Vomit parce que, quand même, on est un peu dans la même veine. Eux, ils sont vraiment plus axés sur le métal, pour le coup. Lui, il aimerait bien jouer avec Ultra Vomit si tu veux, par exemple...

Machine : Ouais, mais je n'y arriverai pas.

Slobodan : ..alors que le batteur d'Ultra Vomit n'a pas envie de jouer avec nous (rires). Donc, du coup, il reste à sa place. Mais ouais, on s'est croisé sur des scènes et du coup on s'est plutôt bien entendu. Donc, voilà, ça découlait de là. Et Didier Wampas, ben, je ne sais pas. Parce qu'on trouvait que sa voix allait bien sur le morceau qu'on a repris avec lui qui est Le Téléphone Pleure de Claude François. Vu qu'il a une toute petite voix et tout, hyper aigue, on s'est dit qu'on allait lui faire chanter la voix du père plutôt. Et moi, avec ma grosse voix, je fais celle de la petite fille.

Machine : Non, c'est un petit garçon.

Slobodan : Ah bon ? (il commence à chanter)...Ecoute...

Liability : Non, je crois que c'est une petite fille.

Slobodan : Non, c'est une petite fille. T'es nul.

Otto Von Mushnik Wald : "Et tu la connais toi ma maman ? "

Slobodan : Voilà... Eh p'tit frisé, va chercher ta mère !

Otto Von Mushnik Wald : Allez viens doudou...

Slobodan : (rires) Et en fait, voilà. En fait on avait contacté pas mal de monde pour d'autres trucs aussi et lui il a tout de suite répondu "Ok, cool". C'est à dire qu'à chaque fois qu'on lui envoyait un mail, parce qu'on a fait un clip avec lui sur ce morceau, à chaque fois qu'on lui envoyait un mail pour lui proposer un truc il répondait "Ok, cool". Alors, si il réponds "Ok, cool" tout court c'est qu'il est d'accord et si il réponds "Ok, cool" avec deux points d'exclamation ça veut dire que, vraiment, il est partant grave. On a appris un peu sa manière de s'exprimer et donc il a toujours répondu "Ok, cool". Donc, du coup on l'a fait avec lui et c'est bien. Parce que il y en a d'autres qui ont répondu : "Ouais, d'accord ! Trop bien ! C'est vraiment un truc que j'ai envie de faire depuis hyper longtemps !" et puis en fait, ça ne s'est pas fait. Ils ne sont pas venus au final.

Machine : On taira les noms, évidemment.

Slobodan : Oui, bien sur, on ne dira pas.

Liability : Oui, non, vaut mieux...

Otto Von Mushnik Wald : Moi, je veux bien les dire...

Machine : Ben, vas-y.

Otto Von Mushnik Wald : ...

Liability : Oui enfin bon, inviter Ultra Vomit et Didier Wampas c'est sympa mais pourquoi ne pas avoir invité Francis Cabrel, Calogero, JJ Goldman, enfin de gens comme ça quoi ?

Slobodan : Ben, publiquement ce sont des gens qui sont obligés de trouver ce qu'ils font, sérieux. Alors que quand ils sont en privés, entre eux, ils disent : "on les a encore bien baisé quoi" (rires). Donc, ils ne peuvent pas se permettre de se ridiculiser par rapport à ce qu'ils font comme musique. Donc nous, on ridicule leur musique à leur place.

Machine : Tu ridicules ?

Slobodan : On ridiculise leur musique à leur place en fait. Ce qu'ils ne peuvent pas faire vu leur situation, nous on le fait. C'est pas mal ça.

Liability : Ah oui, oui.

Otto Von Mushnik Wald : En plus ce qu'on fait est loin d'être ridicule.

Slobodan : Ah si ils écoutaient, je crois que ça les ferait gerber quand même.

Otto Von Mushnik Wald : Après qu'ils n'aiment pas le style c'est une chose mais on ne les détruit pas les morceaux. On leur donne une seconde vie.

Slobodan : On les joue exactement pareil en fait.

Liability : C'est une forme d'hommage sous une forme de big joke quoi.

Slobodan : Ouais carrément.

Otto Von Mushnik Wald : Oui et on fait découvrir à cette jeune génération ce patrimoine euh... C'est plus un hommage au patrimoine et à la nostalgie qu'aux artistes en eux même. Après c'est comme un souvenir. Quand on joue Que Je T'Aime ça me fait plus penser à ma grand-mère qu'à Johnny.

Liability : Ouais, donc ce sont plus les morceaux qui marquent plutôt que les artistes.

Machine : C'est pour ça que faire venir Johnny, on trouvait ça pas marrant en fait. De toute façon, je pense qu'il avait des trucs à faire. Il était à l'hopital, il n'était pas bien.

Liability : Eh non, pas en forme...Plus sérieusement, qu'est-ce qui est le plus excitant pour vous ? Enregistrer un album comme Best Off ou le défendre sur scène comme ce soir ?

Otto Von Mushnik Wald : Alors moi, je trouve ça plus excitant sur scène qu'en studio.

Slobodan : Ouais...L'album est un outil de travail parce que ça permet aux gens de découvrir. Ce n'est plus du tout un outil de rentabilité. Si on veut vivre de musique en vendant des albums, ce n'est plus du tout ça maintenant. C'est pour que les gens nous connaissent et aient envie de venir nous voir en concert et aussi parce que le système qu'il y a encore des programmateurs qui veulent recevoir des cds. En général, ils aiment bien. Comme ça après, tous les six mois tu retrouves des lots de cds sur e-bay que les mecs reçoivent et revendent un ou deux euros pièce...

Machine : Souvent encore sous célophane.

Slobodan : ...pour se faire du blé. Et voilà. Mais c'est comme ça, on fait quand même des albums et puis même si t'envois des fichiers audios par mail à quelqu'un autant qu'il ait le son le mieux possible pour écouter ce que tu fais. Après c'est évident qu'Opium existe pour faire des concerts pas pour faire des albums. On n'a pas le feu au cul pour les albums. Les gens savent qu'Opium c'est tel principe et donc ils vont venir voir parce que le pricincipe veut qu'on ne peut pas jouer éternellement les mêmes morceaux et qu'on est obligé d'en faire toujours.

Liability : Ce qui est logique.

Slobodan : Voilà. Ca te plait hein ?

Machine : Evidemment, ce n'est pas du tout le même exercice et la scène ce n'est pas du tout le même taux d'adrénalyne.

Liability : D'ailleurs, vous jouez ce soir à Corsept...

Slobodan : J'en ai la chiasse.

Liability : Et là vous allez continuez à tourner, vous allez jouer où après ?

Machine : La semaine prochaine on joue au Strange Festival à Chatillon/ Loire...

Slobodan : ... et à l'Urban Festival dans le Tarn à Albi, ville classé au patrimoine de l'UNESCO.

Liability : C'est tout récent.

Slobodan : Depuis trois semaines, je vois que monsieur est dans la presse.

Liability : Oueff, j'ai vu ça à la télé comme tout le monde. Donc du coup désacraliser la chanson française cela fait-il du bien ? Cela lui fait-elle du bien ?

Machine : Déjà, ça fait plaisir, parce que moi, mine de rien, il y a des morceaux qui m'éclate de les reprendre parce que à la base, ce ne sont pas des morceaux qu'on apprécie forcément mais on les a tellement dans la tronche que...

Slobodan : Ca lui fait du bien, ouais, ça lui enlève un balais peut-être. Ca fait sourire un peu parce que la plupart du temps c'est un peu navrant quoi. Lorie, je trouve ça navrant. Quant on le joue, je trouve ça rigolo, alors que le morceaux il est navrant navrant. T'aimes bien peut-être ?

Liability : Non, non, pas vraiment.

Slobodan : Ce n'est pas ton kiff.

Liability : Ah non, pas vraiment.

Otto Von Mushnik Wald : Lol.

Liability : Kikoo...Vous a t'on déjà dit que vos versions étaient meilleurs que les originales ? Ou l'inverse ?

Machine : Tous les jours.

Slobodan : Déjà, on se le dit.

Machine : C'est rare que les mecs viennent nous dire que c'était pourri.

Slobodan : Souvent c'est :"ouais, mais faudrait que vous fassiez des compos".

Machine : Ou alors on dit qu'il faudrait qu'on fasse telle ou telle reprise. Mais c'est souvent des trucs en anglais.

Slobodan : Alors qu'on se limite à notre langue maternelle...qui est le basque. Ouais, non en gros, le gens nous disent :"Ouais, putain, faudrait que vous repreniez Le Petit Bonhomme En Mousse de Patrick Sébastien et tout"...la classe... Je t'assure on reçoit des listes de morceaux, trop biens.

Machine : "Un doigt dans l'cul ! C'est la fête!" (rires)

Slobodan : Et voilà. Oui, donc, il y a toujours eu des gens pour penser que Svinkles c'est comme Licence IV. Il y en a qui ne comprennent pas vraiment le sens des choses, là où tu veux les emmener mais ce n'est pas très grave en fait, puisque, en général, ils sont minoritaires.

Liability : Ouais, d'ailleurs, il y avait avant vous, un groupe qui s'appelait les Bidochons...

Slobodan : T'es en train de tomber dans le même écueil que les autres (rires).

Liability : ... c'est terrible. Vous n'avez pas peur d'être catalogué un peu comme eux ?

Otto Von Mushnik Wald : C'est qui les Bidochons ?

Slobodan : Ils faisaient des cds qu'ils distribuaient dans des boites de camembert.

Otto Von Mushnik Wald : Ah, c'est bien ça. Et ils faisaient quoi ? Ils faisaient des reprises ?

Liability : Ouais, mais eux, ils reprenaient des albums en entiers.

Slobodan : Ouais mais des Beatles...

Liability : ...Stones, Téléphone...

Slobodan : Et je ne sais pas dans quel style qu'ils les faisaient.

Liability : Plus pop-rock quoi.

Otto Von Mushnik Wald : Des beatles en style pop-rock ? Je trouve ça chaud moi.

Liability : Oui, c'est osé.

Slobodan : (rires) surtout quand tu t'appelles les Rolling Bidochons.

Liability : Ils changeaient leur nom à chaque fois.

Slobodan : Ah ouais ? Ouais non, je ne sais pas, écoute...

Liability : Tu t'en fous en fait.

Slobodan : (rires) pour être honnête, ouais, un peu. Non, mais tu vois on ne croise pas tous les jours des groupes comme Ultra Vomit quoi.

Liability : Alors comme l'a dit un journaliste de Punk Rock Mag en son temps, êtes vous le cauchemar de la Star Ac ' ?

Slobodan : Peut-être ouais...Carrément... Tu voulais qu'on développe ?

Liability : Bah je ne sais pas moi.

Slobodan : Enfin, il faut dire que Armande Altai ne nous a pas appris à chanter. Personnellement pas à moi, en tout cas.

Liability : Vous croyez que Nikos il se prend un suée quand il vous écoute ?

Machine : Je pense qu'il n'a même pas idée qu'on existe.

Slobodan : Je pense qu'il n'en a rien à branler. Mais comme de toute façon nous non plus. On vit dans une totale ignorance des uns des autres.

Machine : Non, mais moi il y a un truc qui me surprend c'est que depuis que nos albums sont sortis, j'ai l'impression d'entendre les morceaux qu'on a repris, ou même des trucs que des gens avaient oublié comme Stewball.

Slobodan : Tu crois qu'on a lancé quelque chose ?

Machine : C'est sur.

Slobodan : Aaah. Tu ne te prends quand même pas pour de la merde (rires).

Machine : N'empêche...n'empêche...

Slobodan : (rires) non mais t'entends ce que tu dis quoi ?

Machine : Non mais pourquoi d'après toi il y a eu un mec qui a eu l'idée de faire rechanter Pierre Vassiliu ? Qui c'est qui connait Pierre Vassiliu ?

Slobodan : Tu pourras dire que le batteur du groupe est persuadé que nous sommes à l'origine d'une tendance...

Liability : ...que vous avez créé le buzz et que ça va être formidable.

Slobodan : Ouais, ouais, carrément...ce mec est complêtement tarré.

Machine : Non mais on parlait de la Star Académy. Tout ce qui est postérieur à nos albums, ils ont repris tout nos morceaux.

Machine : Oh, merde... (un membre d'Ultra Vomit qui se trouvait là fortuitement intervient)Le programateur de Radio France attends votre prochain album pour savoir ce qu'ils vont programmer.

Liability : En fait c'est la Star Ac' qui vous copie, c'est lamentable.

Slobodan : Ouais, ouais !!

Machine : Moi je suis sidéré.

Liability : Est-ce que tu as déjà vu le documentaire la Route Est Longue ?

Slobodan : Ah non.

Liability : C'est un doc sur ce qu'on appelle les groupes intermédiaires, sur toutes leurs galères qu'ils ont pour se faire programmer, pour produire un disque, sur tout ces trucs là et le fait de pouvoir vivre de leur musique quoi.

Machine : C'est sorti récemment ?

Liability : Ouais. Un doc qui a été fait il y a deux ans.

Slobodan : Sur des groupes de hard-rock ?

Liability : Non, non. Ils ont pris trois groupes : Géraud, Kunamaka et Kafka.

Slobodan : Déjà, il y a un souci avec le nom des groupes.

Otto Von Mushnik Wald : Arrête de dire des bétises.

Slobodan : C'est le premier écueil

Machine : T'as déjà dis écueil.

Slobodan : Non, j'ai dis accueil. Je dis écureil. Et ce sont des groupes de Toulouse ?

Liability : Oui (en fait plutôt Clermont Ferrand)

Slobodan : Tu vois ça fais longtemps que j'habite là bas et je ne les connais pas.

Liability : Et le but pour le dvd c'était de montrer la difficulté pour les groupes de pouvoir vivre de leur musique. Vous c'est un petit peu ça ? Le rock'n'roll c'est toujours un peu la galère ?

Slobodan : Je ne sais pas. C'est toujours un peu la galère mais à la fois on le veut bien. Et puis je n'ai jamais pensé que faire de la musique c'était s'arrêter à un projet. Je pense que c'est bien de faire plein de choses. L'exemple type c'est Forest qui joue avec nous de la guitare, qui a aussi un projet solo, qui part demain répéter à Nancy avec un autre groupe parce qu'il va jouer de la basse avec eux, qui a remplacé mon bassiste pour une dâte parce que mon bassiste n'était pas là.

Otto Von Mushnik Wald : Un mois de répèt' pour une dâte...

Slobodan : Tu vois c'est ce genre de trucs. Après je ne pense pas que ce soit des trucs galères quoi. C'est comme ça. Moi, je bosse là avec ce truc là, en même temps je bosse sur un groupe pour les enfants avec un autre mec. Voilà, s'arrêter sur un seul projet alors qu'il y a tellement de candidats à la réussite. Et puis bon, c'est toujours pareil. Est-ce que tu fais vraiment ça pour réussir ? Moi je suis heureux de faire ça avec eux, je fais d'autres trucs avec d'autres gens et je suis heureux de les faire, donc pour moi, j'ai réussi.

Machine : Après, par rapport à ta question, je pense qu'on est pas dans la même catégorie dans le sens où on ne fait pas des compos. Après c'est complètement différent de défendre ses propres compos avec les disques, avec le live que des morceaux à nous que même si les gens découvrent. Comme je te le disais tout à l'heure même sans nous avoir vu tu connais déjà les chansons et les paroles.

Slobodan : C'est un plus, c'est un plus. Alors que bon, vas-y, chante moi un refrain de Kafka ? (rires)

Liability : Le problème c'est que Kafka ils ne chantent pas donc bon...

Slobodan : (rires) ...Kafka, ne chante pas ! Qu'est-ce qu'ils leur restent à défendre ?

Machine : On n'est pas dans la même catégorie mais du coup ça s'apparente plus à un spectacle, à une troupe qu'à un groupe en tournée. Ce n'est pas un groupe qui joue sur scène Opium. C'est plus un spectacle avec de la mise en scène.

Slobodan : Le concept en lui même de prendre des chansons françaises et d'en faire autre chose et de les transformer à ta sauce, il y a Nouvelle Vague en reprenant, en faisant un peu l'inverse, en reprenant des trucs comme Dead Kennedys, tu vois. Enfin voilà, déjà que les gens qui font de la musique, qui composent, n'inventent rien, nous on ne va pas dire qu'on invente des choses. Donc du coup, ça nous oblige et c'est bien, c'est une contrainte positive pour nous. Ca nous oblige, si tu veux, à emballer toutes nos chansons avec des trucs. On essaye de faire un petit peu plus parce que si on se contenter d'arriver et de faire nos morceaux...

Machine : Ca nous fait bosser tout ce qui est extra-musical.

Slobodan : Voilà.

Liability : Pour finir, qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter pour la suite ?

Otto Von Mushnik Wald : De l'argent.

Slobodan : Du succès (rires). Le mec qui détruit tout ce qu'il a dit en trois secondes...

Otto Von Mushnik Wald : Qu'on puisse tourner un peu...

Slobodan : Ouais qu'on puisse tourner un peu avec ça et puis continuer à s'amuser avec Opium. Quand on en aura marre on fera d'autres trucs à côté et puis voilà, Opium aura été un bon moment. Ca va tellement vite la musique, si tu veux...Cette histoire de groupe, je n'ai pas vu mais du coup je vais essayer de le voir ce film reportage là. Parce que la musique c'est tellement rapide, de plus en plus rapide. C'est fait quasiment qu'avec des ordinateurs maintenant. Que un groupe qui n'a pas une réussite fulgurante dans les six mois, ça veut dire qu'il faut faire un autre groupe. Sinon, t'es toujours dans un groupe intermédiaire et t'y seras tout le temps. Un groupe sur le rock, ou un truc comme ça, faut que ça parte de suite sinon au bout d'un an t'es déjà un vieux groupe. Et puis tu fais un truc, ça fonctionne, ce n'est pas dit que ce que tu feras en suivant fonctionnera pareil. La démarche musicale et le monde de la musique ont tellement évolué que maintenant, un groupe qui s'appelle Kafka, qui ne fonctionne pas depuis 10 ans, faut qu'ils arrêtent de s'appeler Kafka, faut qu'ils fassent autre chose comme musique, c'est tout (rires). Il n'y a pas à tortiller du cul quoi !

Otto Von Mushnik Wald : Ca dépend ce qu'ils veulent faire. Si tu veux continuer à galérer avec tes potes, ils continuent.

Slobodan : Visiblement, le thème c'est un peu les mecs aigris parce qu'ils ont plein de galères et puis bon, au bon d'un moment si tu te fais chier, tu fais autre chose, non ?

Machine : Non mais ils ont trouvé le bon plan c'est de faire des films. Non, mais ça a marché pour les autres là, les canadiens...

Otto Von Mushnik Wald : Brian Jonhston Massacre

Machine : maintentant, ils font des tournées, c'est blindé et tout le monde veut voir la gueule du chanteur.

Slobodan : Bon alors attends, Kafka, j'attends de voir les concerts parce que...

Otto Von Mushnik Wald : Non mais après il y a plein de groupes qui sont hyper biens mais qui sont mal organisés et qui font une musique qui n'est pas super accessible.

Machine : Ouais, carrément.

Otto Von Mushnik Wald : Et ils font quoi ?

Liability : C'est du post-rock.

Otto Von Mushnik Wald : Ah ouais...

Slobodan : ... mais non (rires), ça va être trop long là.

Liability : Donc, merci à vous Opium du Peuple

Slobodan : Merci à toi.

Un grand merci à Anne-Cécile et Julien.

A voir également :

http://www.myspace.com/opiumdupeuplelegroupe

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