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St.Augustine

Le : 27-04-2009

Lieu : e-mail

propos recueillis par Fabien et publiés le 26-05-2009

Auteur d'un premier album plus qu'encourageant, François-Régis Croisier aka St.Augustine est, avec ses camarades de label Pastry Case, Leopold Skin et The Delano Orchestra, l'un des plus beaux projets folk de l'hexagone. Avec nous, il revient sur Changing Plans, disque haut en couleur, qui tient la corde pour être l'un des meilleurs disques de l'année de la planête folk. Ce n'est pas rien.

Liability : Bonjour François-Régis. Vous évoluez sous le nom de St Augustine. D’où vient ce pseudo ?

St.Augustine : J'ai trouvé le nom au dos d'un disque de South San Gabriel, j'ai trouvé que ça sonnait bien, puis j'ai fait le rapprochement avec la chanson de Bob Dylan "I dreamed I saw St Augustine" et j'y ai vu un bon présage.

Liability : De même vous n’êtes pas forcément tout seul pour que puisse exister St Augustine. Qui sont les musiciens qui travaillent avec vous ?

St.Augustine : Je n'ai pas vraiment un groupe, mais plutôt une troupe à géométrie variable dont les noyaux durs sont Aurélia au piano, Edwige au violoncelle et Christophe à la batterie ainsi que mes comparses de Kütu Folk Records: Damien (leopold skin), Alex Delano et Bertrand (Pastry Case). La formation varie selon les occasions et les envies, et cela ne m'empêche pas non plus de continuer à faire des concerts solo...

Liability : Changing Places est votre premier album et fait suite au ep In A Field Of Question Marks. Pourquoi avoir repris certains morceaux de l’ep pour l’album ?

St.Augustine : Pour deux raisons: l'EP n'étant pas distribué, j'étais un peu frustré à l'idée que certains des morceaux que j'aimais le plus ne puissent pas être entendus plus largement, et l'EP ayant été enregistré en deux journées, je trouvais que ces chansons n'étaient pas totalement abouties dans leur forme d'alors. Les versions de l'album sont d'ailleurs assez différentes, je crois.

Liability : Il y a-t-il eu des influences particulières pour cet album ?

St.Augustine : Sûrement, je cherchais (et cherche encore!) une écriture et un son qu'on ne puisse pas se dater facilement, un peu, toutes proportions gardées, à la manière de Ron Sexsmith ou Elliott Smith, quelque chose qui ne soit ni rétro, ni dans le truc du moment.

Liability : Comment s’est passé l’enregistrement de l’album ?

St.Augustine : Bien car j'ai eu la chance de ne pas faire Changing Plans dans un vrai studio, mais dans le home studio de mon ami Christophe Adam, qui consiste en une immense cave pleine de micros vintages, de vinyles et d'instruments. Cela m'a permis de prendre un temps précieux pour les arrangements, et d'enregistrer de manière un peu plus décontractée, n'étant pas soumis à des impératifs horaires.

Liability : Avez-vous déjà en tête un successeur à Changing Places ?

St.Augustine : Pas vraiment, je compose de manière sporadique sans vraiment réfléchir à ce que je vais faire de ces chansons. Je peux faire une chanson en une heure ou en six mois, ce qui rend toute planification impossible !

Liability : Bien souvent, sur la forme, bien des disques de folk se ressemblent. Ce qui les différencie c’est l’attention apporté à l’écriture des morceaux. Est-ce aussi votre cas ?

St.Augustine : Je crois. Je suis en tout cas capable de revenir cent fois sur une chanson pour changer un accord ou une ligne de texte.

Liability : Vous avez signé sur le label Kütu Folk Records. Pourquoi ce label plus qu’un autre ?

St.Augustine : Car j'en suis un des fondateurs! J'ai eu quelques approches de plus gros labels, surtout après le printemps de Bourges 2008, mais je n'ai jamais envisagé de signer ailleurs. Rester chez Kütu est une garantie de liberté: j'y suis libre de tous mes choix, esthétiques et musicaux, et travaille avec mes amis. Je ne demande rien de plus...

Liability : Le renouveau folk prend beaucoup de place dans le monde musical. N’avez-vous pas peur de vous retrouver noyé dans la masse ?

St.Augustine : Le risque existe forcément d'être un disque folk de plus aux oreilles de certains, d'autant que la surmédiatisation est en train de faire de ce renouveau folk un nouvel easy-listening. Les gros labels signent tout ce qui porte un ukulélé ou une guitare folk, genre Too Soft ou Yodelice, et on se retrouve avec une musique jolie et vidée de sa substance, idéale pour une publicité de produit bio. Ceci dit, cette mode va sûrement s'essoufler comme plein d'autres avant, et il restera alors les disques que l'on pourra juger sur leur fond. Il y a de nombreux activistes comme Another records, Waterhouse Records ou Kütu Folk Records qui sortaient des disques sincères et beaux avant ce regain d'intérêt et qui continueront après.

Liability : D’ailleurs comment vous situez vous par rapport à celui-ci ? Vous sentez-vous plus proche de certains artistes actuels ou évoluez-vous en franc tireur ?

St.Augustine : Même si je profite forcément de l'intérêt pour ce type de musique, je me sens un peu décalé car je me vois plus comme un artisan qui fait ses petites chansons patiemment sans chercher à s'inscrire dans un style que comme un chanteur folk. Je me sens plus proche en cela dans la démarche de gens comme Faris Nourallah, Doug Paisley ou Ron Sexsmith que d'une éventuelle nouvelle scène. De plus, j'ai la chance d'avoir parmi mes amis plein de musiciens de génie. Mes amis de Kütu évidemment: Pastry Case, Leopold Skin et The Delano Orchestra mais aussi Garciaphone ou Jim Yamouridis. J'évolue donc naturellement dans un milieu artistique passionnant sans trop me poser la question d'appartenance à une scène ou une vague.

Liability : En ce moment vous multipliez les dates de concert ? Comment appréhendez-vous la scène ?

St.Augustine : C'est vrai que ces temps-ci je joue beaucoup, mais la formule évolue constamment. J'essaie de ne jamais faire deux fois la même set-list et de varier les formations autant que possible. Je n'ai pas envie de tomber dans la routine du groupe pro qui rejoue toujours parfaitement le même concert. Je comprend la démarche, mais je préfère la prise de risque et l'improvisation...

Liability : Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour la suite ?

St.Augustine : De vendre suffisamment de disques pour que Kütu Folk Records continue d'exister longtemps et que les gens en profitent pour acheter aussi les albums de Pastry Case, Delano Orchestra et Leopold skin!

A voir également :

http://www.myspace.com/staugustinelovesyou

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