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Three Second Kiss

Le : 29-09-2008

Lieu : e-mail

propos recueillis par Fabien et publiés le 19-02-2009

Au panthéon du math-rock Three Second Kiss a certainement sa place. Long Distance qui marque leur grand retour après quatre années de silence et un changement de batteur prouve que ces rescapés des 90's sont toujours aussi crédible. On aurait pu en douter mais Long Distance démonte tous les à prioris. En quelques mots les italiens reviennent sur leur parcours.

Liability : Long Distance est votre dernier album et il a été produit par Steve Albini. Pourquoi avez-vous choisit de travailler avec lui ?

Three Second Kiss : Nous avons eu une précédente expérience avec Steve comme ingénieur du son. Notre précédent disque, Music Out Of Music, a été enregistré par lui et nous avons vécu un très bon enregistrement ensemble pendant quelques jours. C'est quelqu'un de très affable et un travailleur assidu en même temps. Nous avons également joué plusieurs fois ensemble avec Shellac ces deux dernières années, alors... Ce fut très naturel de l'appeler une fois de plus. Je pense qu'il n'y que peu de personnes au monde qui soit capable de capturer et de mettre sur bandes le véritable feeling et l'électricité d'un groupe. Steve est l'un d'entre eux.

Liability : Comment étaient les sessions avec lui ?

Three Second Kiss : Eh bien, ça allait au groupe. Le groupe décidait et il était prêt à satisfaire tout ce dont les musiciens avaient besoin. Si tu préfères, on s'en fout d'enregistrer la nuit et de dormir le jour, on s'en fout de jouer plusieurs heures sans pauses. La musique vient en première. Du coup, une fois que le programme est fixé, tout suit parfaitement.

Liability : Long Distance est votre premier album pour African Tape, un nouveau label. Pourquoi avez-vous quitté Slowdime ?

Three Second Kiss : Nous n'avons pas quitté Slowdime. Slowdime a cessé ses activités en 2004. Il y avait des projets et de nouvelles réalisations en court pour Juan Carreras, le type qui dirigeait le label, mais il a décidé que c'était quelque chose trop dur à gérer. Tu sais...il est aussi un célèbre tour manager, il a été le tour manager de Tortoise et de Modest Mouse, et maintenant il possède une grosse agence de booking. Alors...trop difficile de diriger Slowdime en même temps. Nous sommes vraiment heureux d'avoir rencontré Julien Fernandez d'African Tape. Heureux de sentir et partager ensemble la sensation et l'expérience d'un projet qui grandit jour après jour.

Liability : Long Distance est un album assez court. Il y a un petit paradoxe avec le titre. Etait-ce intentionnel ?

Three Second Kiss : Nous n'aimons pas les albums trop longs. . Et qu'est-ce que tu veux dire par court ? Je pense que 30 minutes de musique basées sur le stop and go, des morceaux rapides, des dissonances, des tempos schizophreniques et des guitares modélisées c'est vraiment suffisant pour capter l'esprit de notre groupe. Autrement vous prenez le risque de surcharger les gens qui écoutent votre disque. Il n'y a pas vraiment d'intentions, c'était parfait et durant suffisament longtemps pour exprimer notre nouvelle musique. Il y a trop de disques qui durent 50 à 60 minutes qui sont pleins de conneries, de bruits inutiles ou de sons qui remplissent pour vingt minutes de plus... Le titre est une amélioration de la force et la musique est l'essence de tout cela.

Liability : Long Distance est votre premier album depuis quatre ans. Que s'est-il passé pendant toute cette période ?

Three Second Kiss : La complexité de la vie. Three Second Kiss existe depuis 1993-94. C'est vraiment très dur de garder en vie un projet de musique underground avec la même intensité et avoir une vie et un boulot en même temps. Lorenzo, notre précédent batteur, a décidé que c'en était bien assez pour lui à la fin de 2005. Alors...Sacha a rejoint gaiement le groupe l'année dernière et le nouveau line-up a pris un peu de temps pour créer un nouveau matériau. Il faut dire aussi que deux d'entre nous vivent au milieu de l'Italie, donc, bon...Nous avons été assez rapide pour enregistrer un nouvel album et être encore sur la route. Les trains, avions, vans...tout cela fait partie intégrante de notre vie maintenant. C'est juste du rock'n'roll et, quelques fois, nous n'aimons pas ça du tout. Mais, nous ne pouvons pas vivre sans faire de musique.

Liability : Peut-on considérer que Long Distance est comme un nouveau départ pour vous ?

Three Second Kiss : Oui, en quelques sorte. Sacha, notre nouveau batteur, a inévitablement changé et influencé notre balance et notre approche musicale. Plus frais, spontané, plus puissant. Mais, en même temps, il y a l'héritage de notre expérience que nous avons construit qui, historiquement, nous a donné un pouvoir d'humeur et une consistance que nous ne pouvons oublier.

Liability : Pour cet album, dans plusieurs articles on a dit de vous que vous étiez influencé par Shellac, June Of 44 et US Maple. Est-ce vrai ?

Three Second Kiss : C'est difficile d'écrire sur la musique, très difficile de faire sa propre chronique, voire même impossible parfois. Cela confirme un travail souvent dur, sensible, créatif et qui, quelques fois, peut être assimilé au travail des musiciens que vous chroniquez. Seulement une poignée de journalistes sont vraiment capables de le faire avec un style personnel et avec les vrai clés de la compréhension. Combien de fois un journaliste écoute un disque avant d'écrire deux lignes à son propos ? Alors la meilleure chose à faire pour une chronique est encore de trouver des groupes qui soient similaires ou des trucs du même genre. Bon... c'est du son que nous aimons, c'est vrai. Nous avons aussi des influences blues mais je pense que tous ces noms sont la plupart du temps dans nos critiques plutôt par paresse ou juste parce que nous avons tourné avec quelques uns d'entre eux, ou, encore, que nous avons enregistré avec un de ces gars. Lester Bangs, tu nous manque tous...

Liability : Three Second Kiss a été formé en 1993. Vous êtes comme des vétérans mais le sentiment que l'on a en écoutant Long Distance est que vous jouez aussi fort qu'un groupe plus jeune. Quel est votre sentiment à ce propos ?

Three Second Kiss : C'est exactement comme tu le dis. Comme si nous jouions pour la première fois sur scène. Si il y a quelque chose que nous avons appris et construit pendant toutes ces années c'est d'avoir une sorte d'expérience virginale. C'est le seul moyen qui vous donne un réel et riche sens sur ce que vous faites. Et je pense que c'est quelques chose que les gens comprennent par rapport à nos disques et nos concerts.

Liability : Il y a plein de nouveaux groupes qui jouent dans le même registre que vous. Qu'est-ce que vous pensez d'eux ? Est-ce une sorte de gratitude par rapport à votre travail dans les 90's (le vôtre et celui de votre génération) ?

Three Second Kiss : Je pense que c'est l'attitude que nous avions qui a eu cette capacité à enseigner au groupes plus jeunes. Je ne sais pas si c'est une sorte de gratitude. Cela se peut mais c'est aussi le sentiment que nous sommes connecté les uns aux autres, les vieux comme les jeunes musiciens. Un sentiment qui donne aux nouveaux groupes une identité ou une philosophie qui les aide à trouver leur propre chemin. Un sentiment qui donne aux groupes plus matures, le pouvoir et l'inspiration de jouer comme des kids. Je ne suis pas pour les clubs privés, ou les scènes musicales ou les modes. Je ne parle pas de ce que tu joues mais de comment tu le fais...punk, folk, metal, tout.

Liability : A quoi va ressembler le futur pour Three Second Kiss ?

Three Second Kiss : Vivre la musique comme un sens de la communauté. Faire des expériences. Faire de la musique un évênement spécial et pas simplement une distraction. C'est ce que nous ferons certainement avec nos disques et nos concerts. Mais c'est aussi quelque chose que vous construisez en ayant des discussions avec les gens. Si vous ne quittez pas tout le scénario musical des magazines et des télés, je pense que les kids perdront le vrai sens du punk-rock.

Liability : Je ne vous ai jamais vu en concert. A quoi ressemble un concert de TSK ?

Three Second Kiss : Et bien... une tempête venteuse qui fait bouger et activer vos muscles quand, soudain, un spot assome une salle surchauffée, un break pour votre cerveau, du feeling, des sens... et la tempête continue de tourbillonner encore et encore sur votre peau. Ok, je pense qu'un concert de TSK n'a pas qu'une atmosphère unique mais c'est plutôt un revirement continuel entre la joie et la mélancolie, avec une très forte approche physique qui demande à votre estomac et votre cerveau un peu d'attention.

Liability : Qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter pour les prochains jours ?

Three Second Kiss : Prendre une bonne glace à la crème pour se rafraichir des jours d'été trop chauds qui changent rapidement notre perception de la vie. Aimer de plus en plus ma girlfriend, nettoyer notre chez nous et mon esprit. Mettre en vedette la sévère callosité de mon doigt. Je ne plaisante pas...cela veut dire que TSK joue bien. Tourner et faire des disques. Faire ce que nous aimons.

A voir également :

http://www.myspace.com/threesecondkiss

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