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Pochette

Rothko

Le : 28-09-2007

Lieu : e-mail

propos recueillis par Fabien et publiés le 19-02-2008

Rothko est sans doute un groupe discret, qui ne fait pas réellement de vagues mais chacun s'accorde à dire que leur discographie ou leurs apparitions scéniques sont à chaque fois inoubliables. Leur dernier opus, Eleven Stages Of Intervention, ne dérogera pas à la règle qui veut que Mark Beazley et ses camarades soient un modèle d'exigence musical. Ce même Beazley pourrait paraître pour un personnage sophistiqué et ennuyeux. Il n'en est rien et c'est avec grande simplicité et décontraction qu'il répond à nos quelques questions.

Liability : Eleven Stages Of Intervention est le dernier disque de Rothko. Il est souvent présenté comme votre disque le plus mature. Est-ce votre sentiment ?

Mark Beazley : Merci à vous d'avoir pris le temps de poser ces quelques questions. Oui, mon sentiment est que Eleven Stages Of Intervention est notre oeuvre la plus complète réalisée jusqu'ici. Je pense cela parce que nous avons pris beaucoup de temps pour le faire et pendant ce temps nous découvrions de nouvelles choses à chaque instant.

Liability : Si vous deviez définir Eleven Stages... en quelques mots ?

Mark Beazley : Ce disque en tant que tel est rempli d'espoir.

Liability : Quel est la signification que vous portez à ce titre ?

Mark Beazley : C'est en rapport avec le fait que quand, dans la vie, les choses sont difficiles, quelquefois nous avons besoin de quelque chose qui vient d’en dehors de nous, d’en dehors de nos amis et de notre famille pour nous aider. C'est à propos de toutes ces choses qui, normalement, ne devraient pas être gardées à l'intérieur de soi.

Liability : Eleven Stages Of Intervention est sorti sur le label français Bip-Hop. C'est plutôt un label de musique électronique. Pourquoi ce choix ?

Mark Beazley : Nous nous sommes choisis mutuellement. Bip-Hop avait réalisé des disques incroyables et c'est un grand honneur pour nous d'être sur ce label.

Liability : D'ailleurs vous n'avez pas de labels attitré, c'est délibéré?

Mark Beazley : Cela semble juste être le chemin pris par notre travail à travers toutes ces années. J'aurais aimé pour nous d'être sur un label pendant un long laps de temps, mais cela ne s'est pas passé exactement comme ça. Et aussi, c'est quand même bon que les choses changent, se fixer de nouveaux défis, découvrir de nouvelles manières de travailler. Chaque nouveau disque est un nouveau commencement.

Liability : Le travail de Mark Rothko vous a-t-il toujours inspiré pour les disques du groupe ?

Mark Beazley : Non, pas particulièrement. Mais les choses que j'aime dans l'art et la musique ce sont les choses qui vous inspirent de l'intérieur, qui vous rendent intime, qui nous aident et donnent un sens au monde. C'est rare de trouver ces choses mais quand on les trouve, elles sont très spéciales. Et elles restent avec nous pour toujours.

Liability : Clairement de qui vous sentez-vous le plus proche musicalement parlant ?

Mark Beazley : Je suis un grand fan de Francis Bacon, Edvard Munch, Alberto Giacometti, William Blake, mais je ne suis pas sure qu'ils aient influencé directement notre musique. Toute chose peut influencer ce que nous faisons.

Liability : Vous avez tourné récemment en France. Quel a été l'accueil ?

Mark Beazley : A chaque fois que nous venons en France, les gens ont été formidables. Nous avons fait quelques grands concerts là-bas, rencontré des gens fabuleux. Nous aimons être en France et y jouer de la musique. C'est formidable à chaque fois.

Liability : Certains considèrent que vous êtes meilleurs sur scène qu'en studio. Est-ce aussi votre sentiment ?

Mark Beazley : Je suis d'accord avec vous, oui. Mais je vois la performance live et les enregistrements comme deux choses séparées. Ce sont toutes deux les mêmes, c'est notre musique, mais elle est aussi très différente. J'aime à penser que les gens qui nous connaissent comprennent cet aspect de nous. Mais jouer live est très spécial.

Liability : Les concerts vont-ils continuer ou avez-vous déjà pensé à un successeur à Eleven Stages...?

Mark Beazley : Pour le moment nous voulons jouer live le plus possible, en espérant que cela soit également en France et je pense que nous attendrons un petit peu avant de refaire un autre disque.

Liability : Vous venez de sortir Fractures, un split avec Brooklyn's Dysrhytmia. Qui sont-ils?

Mark Beazley : C'est un groupe de math-métal qui vient de New York dans le Queens. Nous étions vraiment heureux quand ils nous ont suggéré de faire un single ensemble.

Liability : Fractures est sorti sur le label Acerbic Noise Development. Qu'a-t-il de si “fantastique” ce label ?

Mark Beazley : C'est assez incroyable de travailler avec eux. Tout s'est passé vraiment très vite et facilement sans aucun drame ou problème. Je ne suis pas quelqu'un avec qui il est facile de travailler mais ils ont tout fait de manière assez simple. Ils ont également fait des t-shirts et des posters. Le disque a déjà reçu de belles chroniques aux USA.

Liability : Que pouvez-vous nous dire de la compilation A Life Lived Elsewhere ?

Mark Beazley : C'est un album que j'ai réalisé moi-même sur mon label Trace Recordings – www.tracerecordings.com (qui sera prêt très bientôt). C'est un album de 20 morceaux, avec des enregistrements des débuts, des morceaux qui apparaissent sur des B-sides, des compilations et aussi des inédits. On retrouve également deux titres qui étaient donnés sur le 45 tours vinyl avec A Continual Search Of Origines. Ce disque ne sera disponible dans aucun magasin. Le seul moyen pour les gens d'acheter une copie est d'aller sur le site de Trace Recordings, par mon intermédiaire ou à un concert. Cela sera prêt dès la fin octobre.

Liability : Que peut-on vous souhaiter pour la suite ?

Mark Beazley : Que tout aille bien. Que je puisse continuer à faire de la musique. Et que je puisse continuer à rencontrer des gens beaux et inspirés.

A voir également :

http://www.rothkomusic.co.uk

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