.:.Interview.:.

Pochette

Neonbirds

Le : 01-10-2007

Lieu : Par Mail

propos recueillis par Nicolas et publiés le 21-11-2007

Ils se définissent eux-mêmes comme deux rats de studio. Ils composent des titres cold dance (c'est toujours eux qui le disent). On se contentera de dire que rarement le rock et l'électro se seront aussi bien mélangés. Rencontre avec Léon et Baptiste, cafards technoïdes.

Liability : Comment vous-êtes vous rencontrés avec Baptiste ?

Léon : Il y a environ 3 ans, je montais un groupe avec un ami (aujourd'hui Caleb), et nous cherchions un bassiste pour la scène. On a passé une annonce sur internet, Baptiste a répondu et c'est comme ça que nous nous sommes rencontrés. Baptiste était bassiste, mais produisait déjà de l'électro. Quand ce groupe s'est arrêté et que j'ai monté Neonbirds, j'ai proposé à Baptiste de me rejoindre, alors que lui développait son propre projet, Clearcom, de son côté.

Liability : Quels rôles jouez-vous, chacun, dans Neonbirds ?

Léon : Je compose l'essentiel des titres, et jette les bases de la production. Baptiste apporte ensuite ses corrections, ses idées - parfois ça peut aussi se passer dans le sens inverse ou de manière plus... alambiquée. Récemment, Baptiste (en tant que Clearcom) a remixé un titre de Neonbirds, et puis finalement ce remix a fini par remplacer l'original. Du coup j'ai rechangé toute la partie chant pour la rendre plus adéquate à la direction indiquée par le remix, et voilà un nouveau morceau... Nous travaillons surtout ensemble sur la mise ne place du live, pour en régler les détails, le son, la dynamique, les arrangements particuliers à la scène,... Sur scène, les rôles sont plus différenciés. De mon côté je m'occupe des aspects plus "rocks" de notre musique : le chant surtout évidemment, de la guitare et du clavier de temps en temps, et je peux aussi agir à distance sur la texture de certains sons. Baptiste est à la table de mixage : il fait le travail crucial de mixer en live toutes les machines, de jouer avec les effets, les EQs... C'est un séquenceur qui commande les machines mais à la fin tout (y compris ma voix) passe par Baptiste qui a la dernière main sur chaque son, chaque événement. L'avantage de ce dispositif souple (enfin, une fois transporté et installé...) c'est qu'il permet à Baptiste de faire un vrai travail d'interprétation sur de la musique électronique, et surtout qu'il permet entre nous beaucoup de jeu et d'interaction.

Liability : Si vous deviez définir votre musique…

Baptiste : Cold Dance. C'est notre étiquette officielle et agréée.

Léon : Pas mieux. Ou alors aussi électro post punk technoïde machin. Bref un truc mélancolique, minimal, mais dansant, un peu brutal parfois.

Liability : Comment se passe la composition des titres ?

Léon : En général, ça part d'une matière sonore, qui va susciter un morceau, une envie. Ou l'inverse. Et puis la composition suit. Bien souvent le travail de composition et d'arrangement finit par nécessiter de se débarrasser de ce son initial devenu encombrant, mais qui aura servi d'aiguillon. Concrètement, c'est beaucoup de bidouillage de synthés et de séquenceur. Avec des détours par l'ordinateur, puis retour aux machines.

Liability : Diriez-vous que votre musique est influencée par ce que vous écoutez ? D'ailleurs, quelle est votre playlist du moment ?

Léon : Oui, forcément, même si ce n'est pas très facile à pointer dans le détail. Alors nos playlists du moment…

Baptiste : Noblesse Oblige (c'est vrai en plus on ne dit même pas ça pour le Batofar !), Pantha du prince, Joakim, The Strokes, Poni Hoax.

Léon : Superpitcher, Joakim (eh ouais aussi), My Bloody Valentine, Crystal Castles, Metric, Wire.

Liability : Êtes-vous des rats de studio ?

Baptiste : Des cafards même.

Liability : Comment abordez-vous l'exercice live ?

Léon : On l'aborde avec la ferme intention d'en foutre plein la vue et de tout déchirer, en-dessous de ça, c'est sans intérêt. Au début ce n'était pas forcément l'objectif : Neonbirds c'était d'abord des morceaux faits chez soi. En plus, étant donné le caractère électronique de la musique, le passage au live n'a rien d'évident a priori. Donc le live c'était : pourquoi pas, voyons voir, et puis faire un concert c'est toujours sympa... Mais petit à petit, et surtout quand on a commencé à bien prendre nos marques avec Baptiste (voir plus haut pour les détails techniques donc), après quelques concerts, on s'est rendu compte que le live allait devenir absolument crucial pour nous. Et c'est ce qui s'est passé. Après au niveau esthétique, par rapport aux morceaux enregistrés, il y a de fortes variations. D'une manière générale les tracks enregistrés ont un côté volontairement plus froid et relativement minimaliste, en retenue. Pour le live, au contraire, c'est plus "rock" dans l'interprétation, y compris dans le travail avec les machines. Pareil pour le chant.

Liability : Les textes ont-ils une place importante dans votre musique ?

Baptiste : Surtout comme supports pour la mélodie... un élément sonore.

Léon : Mineure... enfin ça dépend. En tout cas ce n'est pas par là que ça commence. Je me sers souvent de mots comme accroches quand je compose, de mots qui capturent, pour une raison parfois pas très claire, le type d'intention que je veux transmettre, c'est des mots qui m'aident à composer. Mais ce n'est que tardivement que ces quelques mots se transforment en textes. Parfois je les travaille peu finalement, je garde ce côté écriture automatique mélangé à du yoghourt. D'autres fois je les travaille bien plus. De quoi ça parle ? Comme d'hab : d'amour de sexe de mort bla bla. Récemment, de Tchernobyl. Dans ce genre d'exercice le style est de toute façon plus important que le thème, il a plus de contenu au final. Mais enfin donc non, une place pas très importante. En fait je crois que je pourrais changer tous les textes des toutes les chansons un de ces 4 et m'en foutre complètement. C'est d'ailleurs pas mal ce qui se passe sur scène.

Liability : Où peut-on vous croiser hors scène ?

Baptiste : Ben au studio - où en fait tu ne risques pas de me croiser au fond... ou au jardin André Citroën, côté enfants, avec porte-bébé et tout. Déjà plus possible.

Léon : Même remarque pour le studio (chez moi quoi en ce qui me concerne). Ou dans toutes sortes de concerts à Paris, ou à traîner avec nos potes de This Is Pop, ou bien Dunwich. Ou alors aussi assez fréquemment à Château-Thierry, dans l'Aisne, tout en haut d'une colline.

Liability : Et si vous deviez participer à une émission de TF1, ce serait laquelle ?

Baptiste : Le journal de 13 heures (rubrique "culture")... ou l'Ile de la Tentation.

Léon : Koh Lanta, ou Histoires Naturelles (je ne sais pas trop comment mais j'aimerais bien).

Liability : Vous jouez bientôt à Paris, au Batofar. Un mot sur cette salle, ce concert ? Vous prévoyez quelque chose de spécial pour cette soirée ?

Léon : De bons souvenirs dans cette salle puisqu'on y a fait nos premiers concerts, et en plus c'est vraiment une belle salle. Très contents de partager l'affiche avec Noblesse Oblige, la classe. Quelque chose de spécial : une avalanche de nouveaux morceaux. De l'intérêt d'être un cafard de studio l'été.

A voir également :

http://www.myspace.com/neonbirds

?>