.:.Compte Rendu de Concert.:.

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Dresden Dolls, The

1ère partie : Teen Machine

Le : 23-02-2005

Lieu : Paris, la Boule Noire

compte rendu proposé par Claire et publié le 02-03-2005

Soirée très particulière ce mercredi à la Boule Noire. A l’entrée, des filles en robe noire, boa et chapeau haut de forme distribuent des fleurs aux arrivants. Le public n’est pas non plus celui que j’ai l’habitude de rencontrer en concert : des filles de cabaret allemand, quelques gothiques… Le ton est donné. J’ai à peine le temps d’observer ce petit monde que le premier groupe commence son set. Teen Machine décrit sa musique comme étant du rock théâtral. C’est exactement cela. Un rock sombre et mis en scène. Sur scène, France de Griessen chante accompagnée de Michaël Gadrat à la guitare, le reste des instruments étant sur bandes. Leur set est basé sur les chansons de l’album à paraître au printemps, Billy, qui comme son nom l’indique est inspiré de la vie de Billy the Kid, tué à 21 ans par son meilleur ami. Une vie trash et triste, une vie rock’n’roll…

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Les personnages de l’univers de Teen Machine, sont de jolies poupées au visage barbouillé de sang, des cow boys tourmentés par une vie qui les entraînent dans une fuite éperdue vers l’avant. Même s’il ne s’agit pas d’un spectacle musical au sens stricte du mot (entre les chansons, les membres du groupe ne continuent pas à être des personnages), les chansons sont jouées, mises en valeur par des costumes, décors et accessoires. Et au final, on assiste à un set très poignant, bien qu’un peu déroutant au départ. Il n’est pas évident d’entrer dans leur jeu quand on ne connaît pas du tout le groupe et son univers, mais c’est un univers très attachant, très dur et poétique. Hors de la vie de Billy the Kid, Teen Machine aura été rejoint par les Dresden Dolls pour une reprise de “Drunken Butterfly” (Sonic Youth) des plus déjantées.

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Après une telle prestation, et connaissant la musique de Dresden Dolls, on pouvait craindre une suite de concert tout aussi oppressante. Mais non. Car si les deux membres du groupes sont fidèles à leur image (robe noire très courte et bas rayés pour Amanda, bermuda, bretelles et chapeau melon pour Brian), ils ne s’enferment pas dans une attitude austère. Au contraire, les clins d’œil et facéties ne manquent pas tout au long du set. Entre eux, pour se guider l’un l’autre au cours des morceaux, ils échanges coups d’œil et grimaces. Des roses jonchent la scène, Brian s’en saisit et fait voler les pétales en tapant sur la tête des spectateurs avec.

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Les chansons sont pourtant très puissantes, très prenantes. Cet ensemble piano-batterie, pour la plupart des morceaux donne une force particulière à ces titres chantés par Amanda d’une voix grave et sensuelle. Elle se permet pourtant quelques facéties vocales, montant dans l’aigu de façon qui semble incontrôlée, prenant des intonations éraillées renforçant l’effet cabaresque de certains titres. Sur “Coin-operating Boy” elle poussera la plaisanterie jusqu’à faire durer un bon moment l’effet mécanisme enrayé qu’on peut y entendre. Quand à Brian, il fait preuve à la batterie d’une virtuosité tout à fait éblouissante. Il joue assis, debout… il a même réussi à transpercer une cymbale dès la fin du second morceau ! On aura l’occasion de mesurer l’étendue de son talent immense sur l’introduction de “Half Jack”, transformée pour l’occasion en un immense solo de batterie, où le piano ne vient qu’en support. Pour quelques chansons, et pour le plus grand plaisir des nombreux photographes du public, ils se retrouvent au centre de la scène, pour interpréter quelques titres avec Brian à la guitare. En particulier un magnifique “Roses” à tomber par terre.

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Le set aura été agrémenté d’un certain nombre de reprises, dont la première est “Life from Mars ?” de David Bowie. Cette version piano-batterie est vraiment magnifique et donne une dimension toute particulière à cette chanson pourtant déjà très connue, peut-être même un peu galvaudée par ses utilisations publicitaires. Ce sont “Half Jack” et “Girl Anachronism” qui viennent terminer cette première partie de set, et qui mettent le public dans de bonnes dispositions pour réclamer un rappel, chose qu’il fera avec un enthousiasme hors du commun. Pour le rappel, Dresden Dolls nous a préparé quelques surprises. Tout d’abord une reprise d’“Amsterdam” (en Français) très électrique et déjantée, plus électrique que prévu, même, puisque la guitare acoustique qui devait servir pour cette chanson s’est montrée capricieuse et que Brian a du se rabattre sur sa guitare électrique. Puis toujours en français et pour la première fois, une reprise de “Tous les garçons et les filles”, repris en chœur par un public aux anges. Enfin, sur la demande expresse d’un des spectateurs, une dernière reprise d’un style totalement différent, le “War Pigs” des Black Sabbath, en l’honneur de leur président, actuellement en visite en Europe. Après une deuxième sortie de scène, comme le public n’est toujours pas décidé à les laisser partir, ils reviennent pour un ultime morceau, une nouvelle chanson qu’Amanda interprètera seule au piano.

Mais quel grand moment de bonheur que ce concert, moment où se sont mélangés des sentiments extrêmes, d’une force rarement atteinte. Cela faisait longtemps que je n’étais pas sortie aussi enthousiaste d’une salle de concert, une fleur dans mon sac, en souvenir de cette soirée qui restera longtemps dans ma mémoire.

A voir également :

http://www.dresdendolls.com/

http://teenmachine.free.fr/

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