.:.Compte Rendu de Concert.:.

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Sophia

1ère partie : Gamine

Le : 03-05-2004

Lieu : Paris, La Maroquinerie

compte rendu proposé par Claire et publié le 21-05-2004

Pour ceux qui ne connaissent pas la Maroquinerie, une petite description du lieu s'impose. Dans une rue très calme du 20è arrondissement, une enseigne annonce le lieu. Un porche, une cour intérieure dans le fond, dans laquelle on découvre un bar et sa terrasse. Sous le porche, une porte, un escalier qui descend vers la salle. Une petite salle, une fosse toute ronde, deux marches formant une sorte de gradin sur le pourtour. On se sent en famille, dans cet endroit. Malgré sa petite taille, la salle est loin d'être remplie quand commence la première partie. Parfait : il est donc possible de rester assis dans la fosse pendant le set.

La première partie est assurée par un drôle de duo. “Nous sommes une bande anglaise ; donc désolée. Mais nous s'appelle Gamine, donc c'est un peu français”. La chanteuse porte une robe bleue bouffante, qui lui arrive au niveau des genoux ; elle a une toute petite voix, et ses cheveux blonds et lisses accentuent encore plus le côté “gamine” de la dame. Le pianiste qui l'accompagne porte un costume sombre, qui lui donne un air solennel, vite démenti par le sourire mutin qu'il arbore quasiment en permanence. En les voyant, je ne peux m'empêcher de penser à une Alice échappée du pays des Merveilles, accompagnée de son lapin blanc/pianiste… Leur set ressemble à un tour de chant à l'ancienne, complètement anachronique. Ils nous présentent une série de chansons très nostalgiques, qui manquent finalement vraiment d'allégresse. Le public est assez timide au début, désorienté par cette musique à laquelle on ne s'attendait pas vraiment. Certains montreront cependant plus d'enthousiasme, ce qui entraînera chez notre duo des réactions de joie amusantes à voir : elle sautille sur place, ils échangent des sourires radieux, elle en perd même le fil de ses chansons… Au final, même si la musique de Gamine ne m'a pas vraiment transporté, leur bonheur de jouer devant nous était très agréable à voir.

Après une courte pause, c'est au tour des cinq musiciens de Sophia d'entrer sur scène. A ce moment, il n'est plus envisageable de rester assis dans la fosse. Histoire d'y voir quelque chose, je me poste en retrait et en hauteur, sur les gradins. La musique fuse, un peu forte, mais elle n'en est que plus prenante. D'ailleurs, je n'y résiste pas longtemps, et rapidement, après quelques coups de coudes, me voilà juste devant la scène. Cela me permet d'ailleurs de mieux observer le bassiste, qui est vraiment craquant… Oups ! Excusez moi, je m'égare ! Les titres du dernier album alternent avec des titres plus anciens, et peut-être même une reprise de The God Machine, le groupe maintenant dissout qui est à l'origine de Sophia, selon les experts qui m'entouraient. L'émotion présente sur l'album n'en est que plus forte en live. Malgré un problème avec leur ordinateur, tout comme à la Black Session qu'ils ont fait quelques mois auparavant (seraient-ils victimes d'une malédiction parisienne ?), qui les oblige à jouer Oh my love sans programmations, les morceaux sont magnifiquement forts. La voix de Robin Proper-Sheppard est réellement magnifique, presque en permanence sur un fil, parfois à la limite de la rupture. On se prend leurs mélodies en pleine face. Les basses vous traversent le corps. La musique qui vous entre par les oreilles vous fait gonfler le cœur, comme lorsqu'on est amoureux, elle vous amène le cœur au bord des larmes. La puissance et la violence de cette musique ne demandent qu'à se répandre en nous, comme l'eau contenue par un barrage. Et on ne demande qu'à laisser les vannes s'ouvrir, pour évacuer toute cette tension, toutes ces émotions accumulées.

C'est finalement encore gonflé de toutes ces émotions contradictoires qui nous ont envahies tout au long du set, qu'on se retrouve à la fin du concert sur le trottoir de cette rue calme du 20è arrondissement. Un peu groggy et désorienté, il est difficile de redescendre sur terre après ce moment de pur bonheur. Je n'aurais qu'un mot : encore !

A voir également :

http://www.sophia-music.com/

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