.:.Compte Rendu de Concert.:.

Pochette

Quintron and Miss Pussycat

1ère partie : Bobby Conn + Les Georges Leningrad

Le : 16-04-2004

Lieu : Evreux, l'Abordage

compte rendu proposé par Claire et publié le 28-04-2004

Au programme de ce soir, à Evreux, la deuxième nuit du Gonzo. Qu’est-ce donc que le Gonzo ? En feuilletant le dossier de presse, il semble que ce soit un concept assez complexe, qui englobe toutes sortes d’arts (vidéo, littérature, musique, photographie…) en les présentant sous ses formes les plus absurdes. Je vais donc essayer d’en savoir plus d’ici la fin de cette folle nuit.

En prélude de cette soirée, l’Abordage nous proposait, dans l’après midi, à la Médiathèque, la projection d’un film de Jacques Lizène, qui définit lui-même son art comme « un art absurde, un art médiocre ». La vidéo qui nous est offerte est effectivement assez surprenante. Elle est faite d’une succession de scènes, toutes plus absurdes les unes que les autres. Souvent drôles, parfois choquantes ou au moins dérangeantes. On verra ainsi en vrac : un chien montant une chienne, qui est attachée par deux laisses et qui ne peut donc pas bouger, un saxophoniste sur une balançoire, un guitariste sur un toboggan. Jacques Lizène nous déclame un texte derrière quatre télés posées l’une sur l’autre, chacune diffusant une image cadrée sur la partie de son corps correspondante. Dans une autre scène, il chante/dit un texte comparant la banane et l’ananas, avec dans le fond un groupe de personnes (enfants et adultes) qui font les chœurs et des grimaces à la caméra. Une autre chanson filmée, montre le groupe installé comme sur un plateau de télévision ; la musique se limite à une batterie et des beats électroniques ; une danseuse classique en tutu évolue sur cette musique, en ne lâchant pas le câble de la caméra. Le deuxième film montre une performance en live de Jacques Lizène et son groupe, avec entre autre, comme instrument à part entière, une toupie à béton contenant des billes. Première constatation : le Gonzo est créatif.

A peine 1h30 après cette projection, le temps de manger un morceau chez le grec du coin, me voici donc à l’Abordage pour la suite de cette nuit du Gonzo, arborant fièrement le badge édité tout spécialement et qui m’avait été offert à la Médiathèque. Je n’ai strictement aucune idée de ce que je vais entendre ce soir. Les groupes qui passent me sont parfaitement inconnus, et la projection de mise en bouche laisse craindre le pire, le meilleur du pire, bien sûr… Je crois que ce qui m’a attiré vers l’Abordage, c’est le même sentiment que celui qui me faisait écouter Brigitte Fontaine quand j’avais 17 ans : un goût du surréalisme, et des envies de découvertes rares. Le moins que je puisse dire, c’est que ce soir là, je n’ai pas été déçue.

En première partie de concert, Bobby Conn. Un petit bonhomme, malgré ses chaussures à talons, dans un costume en vinyle violet, et fard à paupières assorti… Le ton de la soirée est annoncé ! Seul en scène, à l’aide d’une bande son d’accompagnement et de sa guitare, il enchaîne les chansons, parfois très électriques, parfois funky, parfois disco, quelques ballades, aussi… La bande son qui l’accompagne pourrait être la BO d’un film de Tanrantino : à la fois folle et rageuse, à la fois éclectique et homogène. Le peu de public pendant son set (une quarantaine de personnes à tout casser) lui permet de descendre chanter dans la salle, en se baladant entre les spectateurs. Sans qu’il ne demande rien, quelqu’un du public lui allumera la cigarette qu’il vient de porter à sa bouche ; quelques chansons plus tard, un autre lui offrira une bière… J’ai rarement eu aussi peu l’impression d’assister à un concert, au sens le plus pompeux du terme ! Deuxième constatation : le Gonzo ne se prend pas au sérieux.

Ensuite, montent sur scène les Georges Leningrad. Ces trois là, rien que leur tenue vestimentaire vaut le coup. La chanteuse arbore une splendide jupe jaune, à pans superposés, avec un cache-cœur turquoise et un chapeau noir à plume. Le jour de synthé porte lui un tee-shirt à larges rayures rouges et blanches sous une veste bleue marine, des lunettes de soleil et une casquette sur laquelle est représentée une ancre. Le batteur quant à lui porte un débardeur jaune sur lequel est dessiné une chauve-souris, ainsi qu’un masque de super héro. Voici pour la présentation. Leur musique est très électr(on)ique, voire très techno par moments. Le batteur nous effectuera quelques acrobaties sur scène, pas toujours très réussies, mais toujours très drôles. Devant la scène, Miss Pussycat, du groupe suivant, danse comme une folle avec d’autres spectateurs. Comme je faisais constater à l’un des responsables de l’Abordage qu’il se passait tout de même des choses bizarres ce soir, il m’a répondu fort justement « en même temps, c’est une nuit du Gonzo ; on aurait un peu été hors sujet, sinon ». Troisième constatation : le Gonzo est surréaliste.

Vient le tour de Quintron et Miss Pussycat. Leur set commence par un spectacle de marionnettes, où les personnages ont un peu les voix de Lady and Bird. Mais pourquoi je ne parle pas mieux l’anglais ? J’aurais aimé tout suivre dans ce show, ça avait l’air encore très fou. Quand le rideau du castelet se ferme, Quintron et Miss Pussycat arrivent alors sur scène, lui au clavier, et elle au chant, des maracas ne quittant pratiquement jamais ses mains. Leur musique oscille entre dance et techno, avec des parties chantées. Elle a le don de transformer l’Abordage en club. Pour le rappel, ils font monter sur scène les membres des Georges Leningrad, et le set gagne encore plus en folie, si cela était encore possible. J’ai rarement entendu moins de cent personnes faire autant de bruit. Le public danse comme jamais ; un couple tente quelque chose qui ressemble à un rock. C’est un peu de la folie. Ils quittent enfin la scène, mais le public n’est pas de cet avis, et les réclamera jusqu’à ce qu’ils viennent faire un second rappel. Il y a des moments, comme ça, qui sont surréalistes et qu’il ne faut surtout pas laisser s’échapper. Quatrième constatation : le Gonzo est complètement fou.

Avec tout ça, je n’étais quand même pas très sûre de réussir à définir ce qu’était le Gonzo. A la fin du concert, j’ai donc fait un petit sondage auprès des spectateurs qui étaient en train de finir leur dernière bière au bar. En guise de conclusion, je vous livre leurs réponses à ma question qui était « pour toi, c’est quoi, le Gonzo ? »

– Un besoin de défoulement.

– De la bière, pas mal de bière…

– C’est le muppet show ; non, c’est fraggle rock.

– C’est très débile mental.

– c’est électro, blues et rock n’ roll

– C’est un livre de Patrick Eudeline.

– C’est à la limite du chaos.

– C’est quelqu’un qui n’a pas de cerveau, mais qui en fait profiter tout le monde.

A voir également :

http://www.quintronandmisspussycat.com/

http://www.lesgeorgesleningrad.org/

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