.:.Compte Rendu de Concert.:.

Pochette

Sylvain Chauveau / Dakota Suite / Arca

1ère partie :

Le : 17-03-2004

Lieu : Paris, La Guinguette Pirate

compte rendu proposé par Noémie et publié le 26-04-2004

L’émotion que l’on peut ressentir à l’écoute des albums de Sylvain Chauveau n’est rien à côté de ce que procure ses prestations scéniques. Deux chaises, un drap blanc sur la droite de la scène. Sylvain Chauveau commence à jouer de sa guitare et de ses programmations. Les sons emplissent la Guinguette Pirate, à la fois métalliques et froids, et très humains, au sens le plus large du terme : la musique de Sylvain Chauveau est enveloppante, émouvante, douce comme la plus douce des caresses, et dans le même temps, elle peut être puissante et violente lorsqu’il accumule tous les sons qu’il a produits. Il se lève parfois de sa chaise pour jouer avec un archet. On atteint la beauté. Encre, aka Yann Tambour, le rejoint le temps d’un morceau : il joue, assis sur sa chaise, la tête posée sur sa guitare, les arpèges volent, ses doigts courent. C’est touchant. Comme la musique. Elle nous touche et prend toute son ampleur dans l’univers visuel conçu pour l’occasion par Sébastien Beigbedder : des visages d’hommes et de femmes, des immeubles, un lâché de ballons dans le ciel, la Tour Eiffel, un homme courant eu ralenti. Les images sont tantôt floues, tantôt nettes, elles sont simplement belles.

Le concert de Dakota Suite fut des plus troublants. Des morceaux doux et mélancoliques de Chris Hooson qui pourraient être agréables, il ne reste qu’une impression diffuse de malaise, d’abord entre les deux musiciens, ensuite au sein du public. Il expire violemment dans le micro comme s’il était mécontent ; une violence contenue semble l’habiter ; tout en jouant de la guitare, contrastant avec son chant à la fois doux, plaintif et mélodieux, il se penche et pousse un hurlement, cela semble le soulager. Loin de nous émouvoir, tout cela n’inspire pas de la compassion, mais plutôt une gêne, tout le monde semble étonné et troublé dans le public. On en vient à se demander si c’est son tempérament ou s’il a perdu sa mère la matin même, s’il a le mal de mer ou que sais-je encore. L’autre musicien se lève et va s’asseoir au fond de la scène par terre, pendant que Chris Hooson introduit le morceau suivant « This song is about suicide ». A la fin, il se lève, pousse sa chaise du pied, ramasse son étui de guitare, l’y range. Voilà. Surprenant .

Heureusement, la soirée ne s’arrête pas là, le blues nous guette tous. Arca nous sort de notre torpeur. Le live de la formation menée par le bassiste Joan Cambon et Sylvain Chauveau m’a surprise. Il n’y a pas d’autres termes. Bien que leur album, Angles, soit déjà entraînant, rien ne me préparait à un live d’une telle force. Le mélange magique de mélodies subtiles et énergiques, de montées en puissance extra, de voix enregistrées participent à créer ce moment presque sacré. On ne peut rien dire de plus, cela se vit. Rien est aussi bon que le post rock…

?>