.:.Compte Rendu de Concert.:.

Pochette

Festival IDEAL (5-6 Mars 2004)

1ère partie :

Le : 06-03-2004

Lieu : Nantes - Le Lieu Unique.

compte rendu proposé par Fabien et publié le 08-04-2004

Deuxième soirée au Lieu Unique pour le festival I.D.E.A.L.. Curieusement je trouve qu’il y a nettement moins de monde que la veille. Pourtant il y a quand même Lydia Lunch ou Sigue Sigue Sputnik qui passe ce soir là et qui auraient au moins attirés pu une foule de badauds. Ce n’est pas le cas. Quoi qu’il en soit on commence la soirée de manière assez soft avec Jack Dangers de Meat Beat Manifesto qui recréé pour l’occasion la musique du film mythique « Forbidden Planet » avec un Leslie Nielsen en jeune premier, archétype de l’Amérique triomphante. Le film est passé (en V.O.) sur écran géant mais avec un prisme déformant. Jack Dangers s’efforce de produire une musique lunaire et ambiante de circonstance qui aurait été d’un ennui total si le film n’avait pas été diffusé. Bref un set un peu particulier pendant lequel on se surprend à rester avachi dans les gradins. Combien de fois me suis-je dit que j’allais me lever et me diriger droit vers le bar ou les disquaires présents pour l’occasion ? En vain. Et pourtant le film je le connaissais, je savais comment cela allait finir. Pour la musique je pouvais aisément l’entendre du bar sans en perdre une miette. Ben non. Il s’est même trouvé des gens pour applaudir à la fin du film alors que j’avais l’impression de sortir d’une espèce de comas. La musique produite par Jack Dangers, qui n’a guère varié de la musique originale paraît-il, est certainement bien à écouter chez soi. A vivre en concert c’est sans doute un peu plus discutable.

C’est le tour à Lydia Lunch d’entrer en scène. A la base elle devait jouer avec un The Anubian Lights mais ceux-ci n’ont pu se déplacer et ces sont deux anciens Gallon Drunk (groupe largement sous-estimé, on ne le dira jamais assez) que sont Terry Edwards et Ian White qui les ont remplacé. Dire que les ravages du temps se sont abattus sur L.Lunch n’est pas vraiment lui faire injure, elle en a conscience. Ce n’est plus vraiment la beauté fatale de « Queen Of Siam » ou la furie de la pochette du disque « Evol » de Sonic Youth. Mais peu importe nous ne sommes pas là pour admirer sa plastique. L.Lunch se lance à corps perdu dans un mélange d’avant-rock, de jazz, d’électro et de spoken words assez détonant qui sublimé par sa simple présence. L’américaine semble monter crescendo et prendre plaisir à voir jubiler son public. Le concert semble trop court soudain quand la new-yorkaise se retire. L.Lunch était visiblement ravi de sa prestation, nous aussi d’ailleurs, au point qu’elle n’a pu se retenir et de faire su scène (dixit une source bien informé). Un monde s’écroule.

Avant que l’on me raconte ce pitoyable incident il fallait bien que je me remette du concert en m’envoyant quelques bières. Bran Flakes ne s’est pas fait attendre et envoya son show en quatrième vitesse. On m’avait prévenu que ce serait un peu particulier. Je ne fut pas trop déçu. Une colonie de gaillard déguisé avec des costumes tous aussi débiles les uns que les autres mettant l’ambiance sur des collages électroniques non moins débiles et ludiques. Le collectif n’hésite pas à se mêler à la foule distribuant à tour de bras des gadgets lumineux. C’est un joyeux bordel auquel on prend part assez rapidement passé l’effet de surprise.

Après cette bonne tranche de rigolade c’est la douche froide avec X And The Living End. Projet initié par Fred Bigot (Electronicat) et Catriona Shaw (Queen Of Japan, Club Le Bomb), le duo s’est enlisé dans un délire country électro rock des plus ennuyeux. J’attendais un peu plus de la part d’un type comme Fred Bigot qui avec le dernier disque d’Electronicat (« 21st Century Boy ») avait démontré qu’il est un artiste de classe. Malheureusement il passe ce soir à côté de son sujet et je vais noyer mon chagrin au sous sol avec les DJs et les clubbers.

Gonflé au bout de cinq minutes par les bobos souterrains je remonte aussi sec pour voir les revenants de Sigue Sigue Sputnik. S’il n’y avait pas eu de revival 80’s nous je n’aurai sans doute jamais pu voir ce groupe pas forcément mythique mais qui reste assez représentatif de ces années. A vrai dire je n’attendais pas grand chose de ce set mais ce fut une assez agréable surprise. Dans le genre post new wave et électro-rock Sigue Sigue Sputnik se défend encore pas trop mal même si le chanteur oublie parfois son texte ou connaît quelques problèmes de voix. En tout cas le groupe se dépense sans compter et cela fait plaisir à voir. Concert d’autant plus plaisant que j’ai passé la plupart du temps de ce show en compagnie de Kitten Deville, l’une des intervenantes du Cabaret New Burlesque qui se déroulait un peu en marge du festival qui met en scène des danseuses dans la tradition du burlesque de la fin du XIXè début XX è siècle et qui n’hésite aucunement à employer toutes les formes d’extravagance pour un show visuel assez détonnant. Bref la demoiselle se révélait être une fan du combo et c’était très bien ainsi.

Pour bien finir la soirée et pour clôturer la soirée il se devait d’y avoir des DJ’s pour faire groover le public nantais et d’ailleurs. Mission réussit par le collectif roubaisien A-P-M-001 qui en mixant toutes formes de musiques électroniques accompagnaient leur univers sonore d’un mix vidéo assez efficace sur plusieurs écrans géants. En commençant par un mix du « We All Play Guitars » de Chicks On Speed du plus bel effet le ton était donné. La soirée ne faisait que commencer.

copyright photo : Karim Gabou

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