.:.Compte Rendu de Concert.:.

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Hellfest 2016 journée 1 - partie 8

1ère partie :

Le : 17-06-2016

Lieu : Clisson

compte rendu proposé par Fabien et publié le 29-12-2016

Du plaisir. Rien que du plaisir. Cela faisait une éternité que je n'avais pas recroisé la route de Earth. A l'époque ils étaient passés à l'Olympic à Nantes. C'était en 2009 et c'était Fordamage qui jouait en première partie. Certes, les années ont passé mais Earth sont restés les mêmes et l'âge aidant, il est certain qu'il est plus aisé d'apprécier un groupe comme celui-ci. En somme, ils sont restés tels qu'ils furent dans mon souvenir, déployant une musique étirée, lente, aérienne. Ici, on est clairement venu pour écouter et savourer ce que fait Earth avec rigueur depuis presque trente ans. Il n'y a pas de grande surprise dans la performance des américains mais leur musique pachydermique parle pour eux et il n'y a besoin de rien d'autre. On verrait d'ailleurs assez mal comment ils pourraient faire autrement tellement ils nous avaient habitué à ce genre d'attitude mêlée de concentration et d'intériorisation. A un détail près. Dylan Carlson s'est montré un peu plus loquace que ce que j'avais pu voir en 2009. Il a du sortir deux, trois phrases... C'est déjà ça de gagné. Pour autant, Earth s'est montré impeccable et appliqué pour restitué une musique qui ne se conçoit qu'exécutée au millimètre. Earth reste donc Earth et personne ne tient vraiment à ce qu'ils changent, quand on y pense.

On décide de rester sous la Valley après le passage de Earth. Fallait évidemment pas manquer le passage des Melvins qui avaient embrasé cette même scène (enfin la Terrorizer mais c'est la même chose) cinq ans plus tôt. Cependant c'est avec un autre line-up que le groupe se présente à nous. Dale Crover se retrouve seul à la batterie (cette fois-ci Coady Willis ne l'accompagne pas) et Steve McDonald remplace Jared Warren à la basse. Seule chose qui n'a pas changé c'est la tête pensante Buzz Osborne plus impressionnant que jamais. Là dessus, il ne fallait pas s'attendre à ce que les Melvins fasse la même chose qu'en 2011. Si leur précédent passage avait été un raz de marée dont on se souviendra longtemps, le concert de 2016 laissera plus dubitatif. Non pas qu'ils ont démérité ou qu'ils aient raté leur concert mais c'était bien un Melvins plus difficile d'accès et plus expérimental qui était présent sur les planches de la Valley. Et on sait que quand ils partent dans ce genre de considérations ils peuvent dérouter quelques uns. Et c'est surement ce qui est arrivé. Pour autant les Melvins restent les Melvins. Imprévisibles, intraitables, implacables. Ils l'ont été mais peut-être pas avec la même intensité qu'il y a cinq ans.

Si il y a un peu de déception on se consolera vite à la Warzone avec The Arrs qui a remplacé au pieds levé Architects, défaillant à cause d'un souci familial. Conscient de profiter d'une aubaine (sur le principe que les absents – que la raison soit bonne ou non – ont toujours tort), les français ne feront qu'une bouchée du public de la Warzone. Incisifs et portés par un Nico des grands jours, The Arrs mets les munitions nécessaires pour ne pas gâcher. C'est un peu comme une wild card. Faut se montrer digne de celle-ci et il est mal venu de se pointer les mains dans les poches en se disant que l'on est là par défaut. Au Hellfest, de toute façon, on est jamais là par défaut. Et les membres de The Arrs l'ont parfaitement compris. Ils vont mouiller la chemise, enfin, le t-shirt pour le bonheur de tous. Se laissant porter par le moment, Nico descendra même dans la foule pour se mêler aux fighters du pit. Le moment est bon et fort et The Arrs aura été un remplaçant de luxe qu'il ne fallait pas louper. Les épaules se sont frottées et les gobelets de bière ont volé. Comme il se doit en somme.

Crédits Photos : Pondard Fabien

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