.:.Compte Rendu de Concert.:.

Pochette

Swans

1ère partie : Anna Von Hausswolff

Le : 01-11-2016

Lieu : Nantes, Stereolux

compte rendu proposé par Fabien et publié le 12-12-2016

Quand vous arrivez à la salle Micro de Stereolux on vous met tout de suite au parfum. Cette soirée en compagnie des Swans va être longue et ça va jouer fort, très fort même. De toute façon, on ne va pas voir les américains au hasard et depuis le temps que le groupe existe on sait qu'ils ne font pas les choses à moitié et que le temps n'est pas une donnée essentielle pour eux. En ce sens, jouer pendant deux heures et demi n'est pas un problème il faut prendre un de leur concert comme une expérience où la patience est une vertu. Non pas que les Swans soient pénibles en live (c'est bien le contraire) mais il est inutile d'attendre un set au rabais où les morceaux auraient été tronqués. En soi, voir les Swans c'est en avoir pour son argent. Et c'est tant mieux et c'est sans doute pour cela que Michael Gira et ses camarades sont sold out ce soir. Une aubaine aussi pour Anna Von Hausswolff qui joue en première partie. Chanteuse suédoise, fille de Carl Michael Von Hausswolff, elle est déjà l'auteur de trois albums impeccables, elle est certes moins connue que les Swans mais sa réputation est grandissante. En gros c'est une figure montante et faire l'impasse ce serait vraiment faire preuve de goujaterie et de pédanterie. Ni plus, ni moins.

De toute façon, il n'y avait rien à regretter. La jeune femme prend possession de la scène le plus naturellement du monde, toute de noir vêtue. Elle s'installe tranquillement derrière son clavier, prend son temps pour enlever ses bottes et commence à prendre le micro. Et c'est là que l'enchantement commence. L'attention se porte naturellement sur la chanteuse à la voix autant puissante que diaphane qu'on croirait entendre Kate Bush par moment. Elle allie alors grâce intemporelle avec une puissance peu commune. C'est le genre de concert où l'on reste un peu K.O debout, tellement qu'on se sent transporté par les longues chevauchés de la formation. On a peine à en croire nos oreilles. Surement, et pour beaucoup dans la salle, la découverte est là. Humble entre les morceaux, Anna Von Hausswolff est complètement transporté lorsqu'elle joue. Le concert semble trop court surtout quand on voit quelle énergie a été déployé ici. Sans jouer les rock stars, avec presque de la timidité, Anna Von Hausswolff se transforme réellement quand elle rentre dans ses morceaux. Sa voix y fait sans doute pour beaucoup mais celle-ci colle parfaitement à ce rock rituel à la Nico qui lui colle à la peau. On ne pouvait rêver mieux pour débuter la soirée et on en reste les jambes sciées.

Pour autant, il faut se remettre de ses émotions parce que la marathon Swans va débuter. Parce que oui, comme on l'a vu plus haut, ça va jouer longtemps et fort. Très fort même. Au point que des bouchons sont distribués à l'entrée de la salle. Comme à son habitude Michael Gira entre sur scène, le visage fermé, imposant sa grande carcasse aux yeux de tous, sous le regard mi-amusé mi-blasé de ses propres musiciens. On pourrait très bien y voir une mise en scène de la part de Gira et cela l'est surement mais la musique de Swans est aussi sérieuse et massive que son maître à penser. On le sait, Michael Gira est un homme habité par sa musique et rien ne saurait le perturber quand il joue. Sauf, peut-être, quand un quidam oublie malencontreusement d'enlever son flash quand il filme le groupe en loucedé. Le genre de lumière qui a tendance a énerver les musiciens en général mais, chez Gira, a pour conséquence de provoquer une colère mémorable. Et croyez bien que lorsque Michael Gira se met à hurler on s'exécute et sans moufter.

Passé ce petit esclandre, les Swans, tel un moteur diesel, prennent de plus en plus d'ampleur, déployant une musique cathartique qui balaye tout sur son passage. Concentré à nouveau, Gira, en grand shaman, mène les débats allant d'un musicien à un autre comme pour signifier que le patron c'est lui et personne d'autre. Ils se parlent, ils se toisent mais le maelstrom fonctionne à plein régime. Les derniers disques du groupe, et à fortiori le dernier (The Glowing Man), se prêtent magnifiquement à ces grandes messes shamano-électriques. C'est comme une transe, un tourbillon sonique où les américains semblent maîtriser les éléments avec un Michael Gira omnipotent qui s'impose par dessous tout. Le concert dure et ne semble pas vouloir se terminer. Gira fait signe de la tête pour que cela continue malgré la tête presque déconfite d'un Kristof Hahn qui, malgré les sourires qu'il nous adresse, semble avoir un coup de fatigue. Donc, oui, Swans c'est physique, sur-puissant mais aussi tellement beau dans une sorte de logique amour-douleur qui dépasse tout. Mais même pour Gira il y a un moment où il faut s'arrêter et après un peu plus de deux heures et demi d'un concert magistral la troupe vient saluer le public dans un cérémonial particulier où tous les musiciens alignés, les bras en l'air, secouent les mains puis s'inclinent devant le public tout en répétant la chose à plusieurs reprises. Le concert finit, l'acouphène se fait sentir et je ne comprends qu'à demi mot ce que me disent certains de mes camarades. Il me faudra plusieurs jours pour briser celui-ci. Mais vivre pleinement ce genre de concert valait sans doute le coup. Mais bon, la prochaine fois, les bouchons seront quand même obligatoire. Il n'en demeure pas moins que Gira, pas chiant, viendra après le concert au niveau du merch pour serrer quelques paluches. On y retrouve également Anna Von Hausswolff qui était vraiment accessible pour tout ceux qui désiraient parler avec elle. Une belle soirée décidément...

Crédits Photos : Fabien Pondard

A voir également :

http://younggodrecords.com/

https://annavonhausswolff.org/

?>