.:.Compte Rendu de Concert.:.

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Les Escales journée 2 - partie 1

1ère partie :

Le : 30-07-2016

Lieu : Saint-Nazaire

compte rendu proposé par Fabien et publié le 30-11-2016

La deuxième journée aux Escales commence par la manière douce. Il ne pouvait en être autrement avec Ibeyi qui n'est pas réputé pour créer des hystéries collectives ou des wall of death dantesques. Non, les deux sœurs ne sont pas des adeptes du rentre dedans et c'est bien dans la sphère de l'intime qu'elles évoluent. Et elles l'expliquent parfaitement au début de leur concert en nous parlant d'où elles viennent, ce qu'est la musique pour elles. Mais elles ne sont pas là non plus pour taper la discussion avec nous. Elles reprennent assez vite leurs instruments et font résonner leurs voix de la plus vibrante des manières. Ibeyi c'est clairement l'opération séduction et c'est sans doute ce qu'il fallait pour commencer la journée. Les douces mélopées du duo font mouche mais elles ne sauraient être suffisantes pour nous accompagner durablement sur le reste de l'après midi.

Parce que oui, il n'y avait pas que Ibeyi pour assouplir nos tympans. A suivre c'est la belge Selah Sue qui s'y colle. Là encore on est dans la séduction, la chanteuse jouant sur son propre talent, sa présence et ses performances vocales pour envouter le public. Ce sont ses plus gros atouts car si on lui enlève il ne reste pas grand chose. Le set de Selah Sue, malgré tout le talent qui la caractérise, est assez policé et ne nous apprends rien de ce que l'on connait déjà de la jeune femme. Bien sur, on la trouve charmante, ses moues sont ravageuses et on ne peut que tomber sous son charme. Ajoutez à cela qu'elle porte bien les morceaux qui ont fait sa renommée et qu'on y retrouve toute la grâce qu'il y a dans ses albums on peut apporter un petit bémol à ce descriptif peut-être trop idyllique. La belge a encore besoin de faire ses armes sur scène. Même si elle semble avoir une certaine assurance, elle doit encore creuser le sillon qui est le sien afin de devenir un animal de scène comme on en verra par la suite sur ce même festival.

Et à ce niveau on montera d'un cran avec General Elektriks qui casseront cette ambiance un peu feutrée instaurée par Selah Sue et Ibeyi. Avec eux on rentre dans une musique plus énergique, prenant plus aux tripes et qui a un côté plus adapté aux soirées prolongées. Il faut dire que les General Elektriks sont de véritables freaks et qu'ils assument parfaitement cet aspect des choses. Souple dans leur approche, plus funky-pop qu'eux tu meurs. Cet approche décontractée fait qu'on se sent tout de suite à l'aise et on ne nous donne pas vraiment le choix. Hervé Salters, tête pensante du groupe, à mis d'entrée tout le monde dans le bain et les morceaux entrainants et les facéties du groupe ont fait le reste. Clairement, le premier coup de pression, c'est bien General Elektriks qui l'a mis.

Le second coup de pression c'est avec Dope Saint Jude qu'on l'a eu. On quitte avec la frange électro-pop pour entrer dans celle d'un hip-hop vivant et qu'on peine à entendre dans nos contrées tant on est rentré dans le rang avec des "artistes" de secondes zones qui préfèrent jouer les gros durs plutôt que se concentrer vraiment sur leur musique. Ici Dope Saint Jude leur a foutu la honte de leur vie. Bien sur, l'état du hip-hop en France n'est pas si catastrophique mais comme dans d'autres genres on ne fait que parler de ceux qui lui donne une image lamentable. Dans le cas présent, Dope Saint Jude donne ce ton juste, cette coloration de ce le hip-hop n'aurait jamais cessé d'être : une musique inventive, vivante, aux lyrics riches et à l'impact imparrable. Accompagnée de danseurs de bon niveau (et c'est un euphémisme parce que comparé à ce que je pourrai faire à leur place, par exemple, il n'y a pas photo), la bonne humeur permanente de la sud-africaine est contagieuse et en un rien de temps elle a tout emporté sur son passage. Sachant qu'elle passe une nouvelle fois le lendemain sur la même scène (une des particularité du festival, certains artistes ont le privilège de jouer deux fois), on se dit qu'il serait idiot de loupe ça, histoire de se prendre à nouveau une bonne claque.

Crédits Photos : Fabien Pondard

A voir également :

http://www.festival-les-escales.com/

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