.:.Compte Rendu de Concert.:.

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Hellfest 2016 journée 1 - partie 3

1ère partie :

Le : 17-06-2016

Lieu : Clisson

compte rendu proposé par Fabien et publié le 03-07-2016

Altar, toujours et encore. Et cette fois, pour assister au set de Skeletal Remains, spécialistes du headbanging mais plus généralement de death metal. Amateurs de poésie et de savoir vivre petit bourgeois, passez votre chemin. Les américains ne sont certes pas amateurs de fleurs bleues et de politesse en tout genre. En soi, leur passage au Hellfest est à mettre sous le signe d'un death metal solide et tout à fait sérieux. Trop peut-être mais, il n'en demeure pas moins que le groupe déploie tout son talent (qui n'est manifestement pas moindre) pour captiver l'attention d'un public parfois un peu trop poli. Skeletal Remains serait-il un groupe de seconde zone pour que le public ne soit pas tout à fait au diapason ? Certainement pas. Et nous n'en sommes pas non plus à bouder la formation ou à leur jeter des pierres. Non, on apprécie juste la performance à sa juste valeur qui est autant brutale que technique. Clairement, Skeletal Remains sait y faire. Manque peut-être juste la petite étincelle pour faire plonger tout à chacun dans une transe extatique.

Retour sur la Mainstage pour voir Nashville Pussy. Est-ce qu'il y a encore quelque chose à dire sur ce groupe qui a depuis longtemps prouvé ses capacités scéniques ? Au mieux on constate ce qui a déjà été constaté de nombreuses autres fois. Au pire, on assiste à la déchéance lente ou brutale du groupe. Dans le fonds, Nashville Pussy reste Nashville Pussy. Sans doute moins provocant qu'auparavant mais toujours aussi saignant musicalement parlant. Il n'y a sans doute pas grand chose à dire tant la formation de Blaine Cartwright et de Ruyters Suys reste fidèle à elle même. On a peut-être l'impression d'avoir assisté à un show déjà vu cent fois en moins sulfureux mais il serait malhonnête de dire que Nashville Pussy est sur la pente descendante. Bien au contraire, le groupe est toujours capable de faire des concerts à poigne et celui-ci le fut encore. Longue vie, donc, à Nashville Pussy.

Curiosité quand tu nous tient. Voir Solefald sous la Temple en est une. En même temps, ce n'est pas comme si les norvégiens étaient de parfaits inconnus. Formé au mileu des 90's, Solefald possède huit albums à son actif et demeure à ce jour une référence du black metal d'avant garde. N'étant pas le genre de groupe qui passe toutes les semaines dans le coin, il était bon d'aller faire un petit tour sous la Temple pour voir de quoi il pouvait bien en retourner sur scène. Si le chanteur-guitariste apparaît en tunique blanche et bandeau de kamikaze autour du front, que les musiciens portent des uniformes proche de ceux utilisés à l'armée, que son deuxième chanteur préfère être torse nu, tout semble normal. Ce qui l'est moins c'est qu'un peintre officiera pendant le set, créant une toile qui donnera une tête de cheval avec en sous titre le nom du groupe. Ne nous demandez pas quel fut le sens de cette démarche, nous n'en avons aucune idée. Il y en a surement un mais ce qui va nous intéresser c'est la musique même si celle-ci et la peinture semblent intimement liées. Quoi qu'il en soit, Solefald est un groupe des plus intéressants et audacieux. Il montre ici toute sa capacité à transcender sa musique car il faut bien comprendre que par avant-garde il ne faut pas assimilé cela à quelque chose de fatalement chiant et indigeste. C'est tout le contraire avec Solefald qui, certes, développe une musique complexe et richement structurée mais qui peut aisément être abordée par n'importe quel néophyte. Un bon concert donc, malgré quelques faussetés au niveau des doubles voix, et, globalement, une bonne découverte pour nous.

On reste dans le coin avec les sympathiques Sadist qui jouent sur l'Altar. Un groupe qui tient tout son charme en partie grâce à son imposant chanteur, non pas par sa délicate silhouette, mais pas par sa présence dantesque. Celui-ci, à l'évidence, en joue beaucoup, multipliant les poses et les regards assassins. Comme beaucoup de ses comparses qui évoluent dans une musique death à tendance progressive, Sadist allie brutalité, force, technicité et agilité mélodique. Comme ça en les voyant on aurait pas cru. Enfin, seulement si on ne connaissait rien du groupe auparavant. Sadist fera plus que correctement son taf, marquant les esprits par une performance sans faille. Là encore, nous n'avons pas encore affaire avec un groupe très visuel (quoique) mais Sadist a de nombreux atouts à faire valoir. A condition d'avoir les oreilles et le cerveau pour. Dans le cas contraire, il ne fallait pas rester devant la scène de l'Altar.

Crédits Photos : Romain Ballez

A voir également :

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