.:.Compte Rendu de Concert.:.

Pochette

Debout sur le zinc

1ère partie : La gueule de la tronche + Spy

Le : 16-01-2004

Lieu : Evreux, l'Abordage

compte rendu proposé par Claire et publié le 21-02-2004

C’était un concert à Evreux un vendredi soir. Comme à chaque fois, le but dans ces cas là, est de ne pas arriver trop en retard. Ne pas partir du boulot trop tard, espérer qu’il n’y aura pas trop de bouchons à la sortie de Paris, essayer de me trouver quelque chose à manger sur la route, trouver à me garer autour du pré de Bel Ebat… Et m’y voilà… en retard ! Oh surprise, le concert de ce soir se fait à guichet fermé, et ce, malgré le changement de tête d’affiche annoncé l’avant-veille : le groupe initialement prévu était Les Hurlements d’Léo, remplacé au pied levé, donc, par Debout sur le Zinc.

J’arrive donc à l’entrée de la salle, alors que la première partie a déjà commencé. J’entends une musique entraînante, avec du violon… Tellement entraînante que je m’engouffre dans la foule sans même prendre le temps de m’acheter une bière. C’est dire ! Deuxième surprise quand j’arrive dans la salle : la variété du public. On trouve aussi bien des quinquas que des enfants. Il faut dire que le concert de ce soir a lieu dans le cadre du forum départemental des musiques actuelles. Je ne sais pas s’il y a vraiment un lien, mais sinon, je ne vois pas. Le groupe qui est sur scène, c’est La gueule de la tronche, une formation comprenant une guitare (acoustique), un violon, un accordéon, une basse et une batterie, les deux derniers instruments étant joués pas la même personne. Leur musique est un mix de chanson française réaliste, festive et engagée. Ils enchaînent les titres tous plus dansants les uns que les autres, pour le plus grand plaisir du public. Avant la dernière chanson de leur set, ils remercient les intermittents qui ont bossé pour que ce concert se déroule normalement, et rappellent que leur combat n’est pas fini. Le plus frappant, chez ce groupe, c’est l’enthousiasme qu’ils ont à faire partager leur musique. Cette joie est tellement communicative que le public lui rend avec autant d’enthousiasme et de chaleur, ce qui les rend encore plus heureux. Le bonheur est un cercle vicieux qui donne envie de se perdre dans le vice.

En deuxième partie de ce concert, c’est au tour de Spy de monter sur scène. Spy, c’est un groupe bien connu des ébroïciens, qui fait plutôt du rock à sauter sur place ou à pogoter. Les plus jeunes et les plus âgés quittent le public pour laisser place à une faune plus conventionnelle pour ce genre d’événement. La salle ne se vide pas beaucoup pour autant, et il fait de plus en plus chaud. Laurent, le chanteur-guitariste se déchaîne facilement sur scène, offrant un contraste assez détonnant avec l’attitude posée et en retrait de Cyril, le bassiste. Le groupe enchaîne les morceaux sans répit, avec des titres aussi percutants que « Christina Ricci », ou « Travolta ». C’est donc un public survolté que laisse le groupe quand il quitte la scène.

Enfin, c’est au tour de Debout sur le Zinc de se préparer. Le joueur de mandoline et de banjo nous accorde quelques confidences en faisant ses branchements et en accordant son instrument. C’est dans le courant de la semaine précédente qu’il ont été prévus pour ce concert, et c’est finalement la première date de leur nouveau spectacle, ce qui les rend un peu nerveux, tout de même. Ils viennent de passer six jours dans une maison à répéter. Le temps de vérifier tous les branchements des instruments et des micros, le public commence à s’impatienter. « Alleeeeeez ! ». La scène se vide enfin, les lumières se baissent, pour plonger la salle dans la pénombre. La batterie installe la base rythmique ; la guitare vient se greffer par-dessus ; puis l’accordéon ; puis le banjo ; puis le chant… Ils seront sept à entrer sur scène les uns à la suite des autres. La plupart d’entre eux sont multi-instrumentistes. Ils parlent pas mal entre les morceaux, nous racontent comment ils ont accepté avec plaisir et émotion de remplacer les Hurlements (qui ont annulé pour raison de santé), nous parlent de leurs références (les Fils de Teuhpu, les Ogres de Barback, avec qui ils ont collaboré sur l’histoire de Pitt’ Ocha). Mais leurs influences sont plus larges que ça. Leur musique a des reflets tziganes, arabes, andalous, slaves… C’est un vrai tour du monde qu’ils nous offrent. On se retrouve même au Texas, le temps d’une chanson country à la Graeme Allwright très surprenante. Là encore, c’est la joie de jouer de la musique et de la faire partager qui domine chez eux. J’ai bien du mal à protéger mon appareil photo, quand me prend l’envie de sauter dans tous les sens… Le sourire jubilatoire du leader fait plaisir à voir pendant un morceau plus calme ; il ne peut cacher sa délectation devant l’impatience et les trépignements du public pendant l’introduction lente d’un morceau qui s’annonce pourtant des plus dynamiques… Alors que personne ne veut en entendre parler, arrive pourtant le moment de la dernière chanson. « C’est monstrueusement triste une dernière chanson… Vous pouvez allumer vos briquets pour faire plaisir à Christophe ! ». Le guitariste commence en effet sur un slow d’enfer, qui part au bout d’à peine une minute dans tous les sens ! Au final, cette chanson se révèlera plutôt monstrueusement irrespectueuse (« J’ai zigouillé ma tante ; elle était vieille et moche »). Un pur bonheur.

Malgré l’heure bien avancée à la fin de ces trois concerts, l’équipe de l’abordage nous propose de quitter la salle et de monter d’un étage, pour un de ces afters où on peut refaire le monde autour d’un verre, en écoutant encore un peu de musique, avant de rentrer chez soi. Encore une bonne soirée de passée à Evreux.

A voir également :

http://www.dslz.org/

http://www.agatheprod.com/dslz.htm

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