.:.Compte Rendu de Concert.:.

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Art Rock journée 2 - partie 1

1ère partie :

Le : 14-05-2016

Lieu : Saint-Brieuc

compte rendu proposé par Fabien et publié le 27-06-2016

Deuxième journée à Saint Brieuc. Et celle-ci commence avec Les Nus, groupe rennais qui semble revenir d'outre tombe. Un groupe qui disparu trop vite après un album, de son propre aveu, raté ou, en tout cas, pas à la hauteur des espérances et qui avait connu une reconnaissance posthume avec Noir Désir qui avait repris leur morceau Johnny Colère pour l'album Tostaky. En 2015, contre toute attente, le groupe se reforme et enregistre même un nouveau disque avec le soutien d'Etienne Daho et comme pour exorciser le passé et le décès récent de Frédéric Renaud (ex-Marquis de Sade) qui avait co-fondé Les Nus. Il y avait donc un petit côté nostalgique quand la formation a investi la scène du Forum et, visiblement, des fans de longue date avaient fait le déplacement. Pour autant, la nostalgie a vite laissé place à une performance solide et habité. Le charisme de Christian Dargelos y est sans doute pour beaucoup mais le reste du groupe saura également ne pas rester trop en retrait par rapport à son leader. Mais il ne faut pas en voir en Les Nus un groupe du passé. Il s'offre aujourd'hui une nouvelle jeunesse en corrigeant le tir sur ce qui fut un acte manqué trente ans plus tôt. Au vu de ce qu'on a pu voir, Les Nus est en train de reprendre la place qui aurait du être la sienne et c'est plutôt une bonne nouvelle.

Sur la Grande Scène Odezenne donnera pas forcément la même impression. Même si le duo a plutôt bonne presse grâce à une discographie alléchante, le groupe connait quelques limites sur scène. Et pourtant les bordelais font de réels efforts et le public, malgré tout, le leur rend bien. Cependant, si on prend un peu de recul, on trouve qu'il ne se passe pas grand chose même si musicalement Odezenne est bien rôdé. Peut-être que la Grande Scène était un peu trop pour eux empêchant la proximité avec le public. Le Forum aurait sans doute été plus adéquate pour eux, ce qui aurait sans doute donné un tout autre concert, plus chaleureux et nerveux. On a l'impression qu'Odezenne a juste fait le job et que eux même auraient préféré être plus au contact de leur public. On aimera donc les voir dans un autre contexte. Un peu comme Balthazar la veille...

Sur la Scène B, on assiste, par contre à la performance d'un véritable OVNI. Il faut dire que Fishbach est un vrai personnage, atypique pour ne pas dire complètement perché. Tellement perchée que la jeune femme suscite une réelle interrogation dans le public qui doit vraiment se demander de quelle planète elle vient. Seule sur scène, demandant au public si celui-ci pouvait bien aimer la mort, dansant de manière extatique et semblant parfois complètement possédée. Tout cela fait partie du personnage Fishbach mais le public est visiblement décontenancé par sa performance. Peut-être que la musique de Fishbach, autant que son attitude, est trop cérébrale pour les briochins mais on penche plus pour la surprise, le public ne s'attendant peut-être pas à ce que leur a proposé la chanteuse. Pourtant, le set de Fishbach n'est pas mauvais. Bien au contraire. Il fait preuve d'une réelle originalité tant au niveau de la présence que de la musique qui est une belle synthèse entre l'électro-pop et la chanson à la française. En tout cas, Fishbach intrigue et c'était sans doute le but recherché.

Sur la Grande Scène, on se posera moins de questions. Faada Freddy, entouré par ses choristes (qui ont d'ailleurs ouvert le concert) défend une musique sur fond de gospel sans être dans une forme trop classique. Sapé comme un milord (et pourquoi pas ?) Faada Freddy occupe l'espace impeccablement et attire tout naturellement les regards sur lui. Avec bonhommie, le sénégalais met tout le monde à l'aise et emporte tout sur son passage. Il a clairement la manière pour mettre les gens dans sa poche et ce n'est pas donné à tout le monde. Sans se prendre la tête, Faada Freddy joue sa carte à fond et se garde d'en faire trop pour rester tout à fait naturel. Pour cela il n'a d'ailleurs pas à se forcer. Ce qui est plutôt bon signe et n'a trompé personne. Sa fraicheur faisait plaisir à voir et à entendre et c'est là l'essentiel.

Crédits Photos : Fabien Pondard

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