.:.Compte Rendu de Concert.:.

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Art Rock journée 1 - partie 2

1ère partie :

Le : 13-05-2016

Lieu : Saint-Brieuc

compte rendu proposé par Fabien et publié le 10-06-2016

Alors qu'on a loupé la majeure partie du set de Colorado on se dit qu'on ne va pas se faire avoir deux fois et on se cramponne à l'idée de ne pas manquer Chill Bump. Et grand bien nous en a pris, parce que le duo est le genre de bonne claque que l'on aimerait se prendre tous les jours. Ne faisant pas de détails et ne s'embarrassant pas de préliminaires fastidieux, Chill Bump est entré tout de suite dans le vif du sujet avec la ferme intention de ne pas faire de quartier. Ceci dit, qu'on ne se méprenne pas, les deux gaziers ne sont pas dans une optique agressive. Bien au contraire, Chill Bump est là pour distiller de la bonne énergie, celle qui vous donne envie de bouger plus que de raison et de vous laisser porter par la vague. Sans complexe et particulièrement fun (ça se dit encore ce mot ?), Chill Bump, composé de Bankal, répéré au sein de la scène battle scratch, et de , déjà rencontré dans Fumuj et Rytmétrix, donne une leçon de maîtrise et de décontraction. En soi, ils sont la première belle surprise du jour.

Autre belle surprise et qu'on n'attendait pas forcément c'est celle proposée par The Shoes. Devenu une grosse machine (toutes proportions gardées bien sur mais il est difficile de dire qu'ils sont les prolos du rock, de l'indie, euh non, de l'électro, bref on ne sait plus avec eux), on ne misait pas fatalament un kopeck sur leur tête et on se résignait à un set un peu trop propre. Certes, The Shoes ce n'est pas la sueur, la saleté, les caves sombres, la bière coupée à on ne sait quoi et les fins de nuits improbables. Cela reste bien calibré, clair et net. Mais, parce qu'il y a toujours un mais, The Shoes, finit par étonner. Oui, parce qu'on se rend compte que les rémois ne sont pas un groupe de fils de bonne famille, qu'ils se donnent sur scène, et pas qu'un peu, et qu'ils ont su trouver une formule visuelle tout à fait bluffante. Le tout additionné donne un show tout à fait attrayant et plus que convaincant. Pour être tout à fait honnête, on ne les croyait pas vraiment à ce niveau. Cela donne un éclairage un peu neuf sur ce groupe que l'on pourrait facilement sous-estimer. Réécouter leurs disques devient dès lors nécessaire.

A leur suite sur la grande scène, Louise Attaque est sans doute le groupe le plus attendu de la journée. A peine l'annonce de leur reformation faite, Louise Attaque a suscité un intérêt énorme. C'est ce qu'on appelle un come-back plutôt réussi mais celui-ci ne pouvait être validé complètement sans passer par l'exercice de la scène. C'est en général là l'heure de vérité pour pas mal de groupes. Mais qu'avait vraiment à craindre Louise Attaque ? Tout et rien en même temps. Il aurait été étonnant que Gaëtan Roussel et ses camarades nous fassent une Doc Gynéco. Fort heureusement, il n'en a rien été. En tout cas, la ferveur pour le groupe était bien présente et Louise Attaque saura en jouer parfaitement. Sans être forcément génial, Louise Attaque fera un show plus que solide et régi par une expérience intacte. En soi, ils font honneur à leur statut et les craintes d'un come back raté s'est rapidement estompé quand ils sont montés sur scène et qu'ils ont commencé à jouer. Ce qui est intéressant c'est que Louise Attaque a su aussi renouveler son public. Le public était très loin d'être composé de quadras aigris adepte du "han, c'était mieux avant, mec". Non, Louise Attaque c'est aussi bien aujourd'hui et demeure intergénérationnel.

Le contraste est saisissant quand on se plante devant la Scène B après avoir vu Louise Attaque. Il faut dire que Thylacine n'est pas dans le même registre et, dans le fonds, ça fait aussi du bien. Auteur d'une musique électronique aussi savante que rêveuse, William Rezé n'est pas spécialement expansif. Concentré sur ses machines, il se laisse envahir par la pénombre et distille ses productions évolutives et atmosphériques. Dans le fonds, nous ne sommes pas trop là pour voir ce qui se passe sur scène. Il ne s'y passe même pas grand chose mis à part quelques jeux de lumières. Non, allez voir Thylacine c'est avant tout écouter sa musique et se laisser transporter par elle. Un vrai concert contemplatif comme on en a parfois besoin avec une musique qui se suffit à elle même. Un vrai moment de rêverie avant de reprendre les hostilités.

Crédits Photos : Fabien Pondard

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