.:.Compte Rendu de Concert.:.

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Helvète Underground : Hyperculte + Verveine + Puts Marie

1ère partie :

Le : 20-11-2015

Lieu : Nantes, Stereolux

compte rendu proposé par Fabien et publié le 21-02-2016

20 Novembre. Une semaine jour pour jour après l'attentat au Bataclan. Tout le monde est encore sous le choc et personne n'en mène bien large. Les sourires ne font pas vraiment illusion. Ils sont souvent un peu crispés ou de façade. On essaye de faire bonne figure et si on doit parler de quelque chose ce n'est sûrement pas du Bataclan. La question qui se posait était de savoir si on devait ou non annuler les manifestations à caractère culturel. Très vite les artistes ont du se positionner, certains estimant que le risque était réel et qu'il valait mieux s'abstenir. Les autres n'ont pas voulu céder à la psychose arguant que plus que jamais c'était le moment de monter sur scène. Est-ce que ceux qui sont montés sur la scène Micro du Stereolux se sont posés ce genre de question. C'est possible. En tout cas, ils faisaient partis de ceux pour qui jouer était encore la meilleure manière de réagir face à l'horreur.

Alors voilà, cette soirée au doux nom de Helvète Underground qui fait autant référence au groupe de John Cale et de Lou Reed (qui n'étaient pas vraiment helvète mais assez underground pour l'époque), une chanson de Bashung, un label 80's de post-punk, une compagnie de théâtre, un festival de black metal... invitait Hyperculte, Verveine et Puts Marie. C'est Hyperculte qui ouvre le bal. Ce duo composé de Simone Aubert et Vincent Bertholet est quelque peu atypique puisqu'il associe batterie, violoncelle et quelques artifices électroniques. D'abord œuvrant dans l'intimité, le duo prend, au fur et à mesure du set, de l'ampleur et de la puissance. La formule quelque peu spartiate n'empêchera pas de voir le duo mettre en place une musique entêtante et hypnotique. La surprise est réelle car pour qui ne connaissait pas Hyperculte, il a eu le droit a une réelle débauche d'énergie et de musique amplifiée. La performance est plutôt belle même si tout n'est pas parfait, notamment au niveau du chant, mais l'important était bien ailleurs, au niveau de l'intensité dégagée et partagée. Hyperculte était dès lors impressionnant et on en aurait bien pris un peu plus.

Derrière, Verveine est arrivée presque sur la pointe des pieds. Dans une orientation tout électronique et pour le coup bien plus intimiste que les secoués d'Hyperculte, Verveine posera sa voix profonde sur une musique subtile, riche et proche de l'abstraction. En soi, Verveine fait bien de passer entre Hyperculte et Puts Marie. La jeune femme fait quelque peu retomber la tension mais elle en profite pour nous emmener dans un ailleurs fantasmagorique de toute beauté. Le moment est réellement beau et n'empêche pas les montées en apesanteur. Certes, cela n'a rien de rock'n'roll ni même de contemplatif. On est un peu dans l'entre deux. Verveine n'est pas tout à fait dans la musique de confort. Elle nous oblige à un effort, qui n'est certes pas surhumain, mais qui fait du bien à la matière grise. Là encore, une belle surprise.

Le clou de la soirée monte donc à la suite. Avant de venir sur Nantes, la formation helvétique avait essuyé d'autres scènes et bénéficié de papiers dithyrambiques sur leurs performances. On allait donc voir si tout cela valait le coup qu'on en fasse tout un plat. Il faut dire ce qui est, le succès de Puts Marie tient beaucoup à la personnalité de son chanteur Max Usata. Ensuite, et c'est un peu malheureux de le dire, vient la musique. Et pourtant, à ce niveau est loin d'être médiocre mais Max Usata a cette capacité rare de transcender le tout pour l'emmener bien plus loin que si on avait eu affaire avec un chanteur moyen ou à peine correct. Là encore, il y a une intensité assez forte qui est lié autant à la force des morceaux qu'au rôle que tient Usata. Ce dernier est clairement atypique et a une prestance des plus charismatique. On en oublierait presque que le reste du groupe est tout aussi bon et que les morceaux sont tout à fait délicieux et aux reliefs plus qu'accidentés. Qu'on se le dise, Puts Marie est un groupe habité qui sait se montrer lumineux, chatoyant mais aussi très poignants à la manière d'un blues aussi torturé que salvateur. On en prends plein les yeux et les oreilles. Puts Marie mérite donc amplement toutes les belles choses qu'on a pu dire sur eux.

La soirée s'achève tranquillement et on aura pas grand chose à redire. On a découvert de beaux artistes. En tout cas, ceux qui étaient venus là par hasard ont du le remercier (le hasard) pleinement.

Merci à Vincent de Yotanka

Crédits Photos : Fabien Pondard

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