.:.Compte Rendu de Concert.:.

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Hellfest 2015 journée 1 - partie 8

1ère partie :

Le : 19-06-2015

Lieu : Clisson

compte rendu proposé par Fabien et publié le 18-08-2015

On insiste. Après avoir sacrifié nos tympans en 2013, on remet le couvercle pour voir Cradle of Filth qui n'est clairement pas le groupe auquel on voue un culte particulier. C'est l'effet Dani Filfth qui se perpétue et qui disparaîtra sans doute avec lui. Cradle of Filth c'est la chose à Dani et sans lui, il n'y aurait sans doute plus de groupe. Alors il faut faire avec. Mais avec le temps on s'amuse plus des sempiternelles mimiques du chanteur et son chant à la limite de l'audible et du supportable que du reste. Même, l'apport au chant de la nouvelle venue Lindsay Schoolcraft (qui officie également au clavier) ne changera pas grand chose à l'affaire si ce n'est un bon gros contraste. Si, dans le fonds, Cradle of Filth, délivre un set tout à fait honnête on a encore du mal à les prendre au sérieux. Définitivement, ce groupe et son leader sont un mystère insondable et on ne s'explique pas vraiment pourquoi ce groupe a pu jouer, à un moment donné de son histoire, les premiers rôles. Les impressions d'hier se confirment aujourd'hui. Il est temps de s'éloigner avant de s'étrangler complètement parce que aller jusqu'au bout risque bien d'être au-dessus de nos forces.

Autre poids lourd du metal, autre stature aussi. Si Cradle of Filth est un peu passé en arrière plan ces derniers temps, ce n'est certainement pas le cas de Children of Bodom. Et en à peu près une heure, les finlandais vont en faire l'éclatante démonstration. Are You Dead Yet  ?, le morceau qui ouvre le bal, met déjà tous les metalheads présents dans la poche. Il faut dire que, comme à son habitude, Children of Bodom met la barre très haut et à la fin du titre Alexis Laho prend quelque peu son temps comme si il laissait le public reprendre son souffle. Mais ce n'est qu'un répit car Children of Bodom maintiendra la pression délivrant un set impeccable de bout en bout, écrasant au passage la concurrence filthienne qui les a précédé. Et de loin. Children of Bodom est toujours en haut du panthéon du metal. Enfin, bien sur, si on aime les grandes envolées techniques teinté de black et de death. Mais dans le genre, Children of Bodom est difficilement surpassable. Et qui pourrait dire le contraire après leur passage ici  ?

Moins dans la finesse et certainement dans des ambiances plus pesantes, Satyricon succède à Children of Bodom. Et là on n'est pas là pour se faire des câlins. Considérés comme l'un des groupes les plus iconoclastes du black metal en ne suivant pas vraiment les lignes les plus claires (ou sombres, cela dépend comment on voit les choses) du genre. Pour qui n'a jamais vu Satyricon en concert, l'expérience est assez gratifiante car pour du black, les norvégiens restent des plus abordables. Il ne faut pas comprendre par là que Satyricon soit du black à la petite semaine ou mainstream. Non, ils sont juste moins frontaux que le premier combo venu et, surtout, plus complexes et subtils. Sans trahir l'esprit du genre, Satyricon est de ceux qui ont su le faire évoluer. Du lourd donc, du très lourd même et Satyricon ne décevra pas, mené par un Satyr impérial et parfaitement cérémonial. Et, pour le reste du groupe, évidemment, il faut être au niveau. Ce n'est pas à Frost, en tout cas, à qui il faudra faire passer ce genre de message. Les deux hommes, comme un duo infernal ont su bien s'entourer au fil des ans et la mouture présente cette année au Hellfest ne fait pas exception. Plus que délectable, Satyricon a encore de beaux jours devant eux.

Pour finir en beauté (parce qu'on a zappé Shining et, on ne le dira jamais assez, on le regrette amèrement), Meshuggah fera parfaitement l'affaire. Là encore, Meshuggah, on ne les présente plus. Et encore moins au Hellfest puisqu'ils sont déjà venus deux fois (2008 et 2011, sans compter une participation au FuryFest, ancêtre du Hellfest, en 2004). Troisième participation donc, et les suédois ne vont pas faire semblant. L'Altar, bourrée à craquer, tremble devant le déchaînement sonore imprimé par Jens Kidman et ses acolytes. Autour d'un décorum dantesque, le groupe prend littéralement à la gorge comme si le public du Hellfest était une proie privilégiée. Une proie facile car celui-ci se laisse prendre sans coups férir. C'est le Meshuggah des grands soirs qui est devant nous et quand bien même ce ne serait pas le groupe le plus communicatif du monde il dégage une aura singulière que leur musique transcende à loisir. L'Altar finit donc cette première journée en apothéose et c'est peu dire... Pour Shining, il nous reste la vidéo enregistrée par les soins d'Arte. Ce qui nous laisse d'autant plus d'amertume...

Crédits Photos : Romain Ballez

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