.:.Compte Rendu de Concert.:.

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Hellfest 2015 journée 1 - partie 7

1ère partie :

Le : 19-06-2015

Lieu : Clisson

compte rendu proposé par Fabien et publié le 22-07-2015

Quand on avait vu Sleep en 2013 sur la même scène avec le même Matt Pike on en avait eu les jambes coupées. Voir aujourd'hui High on Fire ne tient certes pas du miracle mais on sent bien que l'on comble un vide. La récente sortie de Luminiferous (au lendemain même du festival!) n'est sans doute pas étrangère à leur présence en ces lieux. On pourra reprocher au trio un manque de communication avec son public mais, en fait, tout le monde s'en fout tant Matt Pike, Jeff Matz et Des Kenzel nous en mettent plein les oreilles. Bien entendu, ils jouent leurs nouveaux morceaux mais pas que. L'impact est fort, vibrant et puissant. Matt Pike comme à son habitude, torse nu (il s'était présenté sous le même appareil avec Sleep) prend les choses très au sérieux et imprime un rythme oppressant. En bref, il impressionne par sa technique, par sa présence, par la chape de plomb qu'il impose. A l'inverse, Jeff Matz semble plus cool, allant même jusqu'à sourire quand il se rend compte que vous êtes en train de le prendre en photo. Cependant, au niveau musical, Matz n'est pas à plaindre comparé à son leader. Il en va de même de Kenzel qui n'a le mot tendresse dans son vocabulaire. Il ne l'est pas non plus dans celui de High on Fire d'une manière globale. On pourra sans doute trouver pas mal de défaut à ce set mais il serait inutile de les lister ici. Tout simplement parce que l'essentiel se trouvait bien ailleurs à savoir dans l'impact quasi démentiel développé par le groupe. En ressortant de la Valley, on n'en revenait encore pas.

Si High on Fire ne sont pas de fins comiques sur scène, les belges de Oathbreaker le sont encore moins. Et on le comprend bien vite à la Warzone. Oathbreaker n'est pas un groupe fun et est plus là pour imprimer une noirceur tenace qui n'est pas habituelle sur cette scène. Après une intro qui ne sera que le calme avant la tempête, Caro Tanghe et ses acolytes joueront un hardcore apocalyptique qui peut rappeler un Amenra en plus speed. Le concert tiendra en un concours de screamo à la limite de la rupture, de headbanging incessant et d'un jeu puissant et rapide. En un sens, Oathbreaker impressionne et le spectacle se fait plus autour des musiciens que de leur chanteuse qui reste désespérément collée à son micro, pliée en deux, les cheveux tombant empêchant de voir la plupart du temps son visage, libérant une folle énergie vocale qui l'empêche clairement de faire autre chose. On en va à se demander si Oathbreaker est bien à sa place sur la Warzone tant le groupe plonge dans les abysses. Ils ont du en dérouter plus d'un d'ailleurs. Pour autant, on ne peut pas dire qu'ils ont loupé leur passage. Bien au contraire, la découverte (en tout cas en ce qui me concerne) est plutôt intéressante et Oathbreaker est un groupe qui mérite qu'on s'y intéresse de plus près.

Retour à la Valley pour aller voir les non moins rigolos de Envy. Et ne nous le cachons pas, c'est quand même l'une des grosses attractions de cette scène pour ce vendredi. Alors  ? Verdict  ? Une bonne grosse claque bien évidemment même si on a un peu été déçu par le chanteur dans les moments de chant clair où il n'est pas beaucoup à son avantage. Mais ce n'est qu'anecdotique tant le reste du show valait son pesant de cacahuètes. Envy on les connaît et on sait ce qu'ils sont capables de faire et ils l'ont fait une fois de plus. Un post-rock épique et brutal qui n'est jamais avare d'une poésie lumineuse. Mais tout n'est pas que riffs aussi aériens que volumineux et hurlements chez Envy. Il y a aussi des moments d'accalmie mais qui restent que des sortes d'embruns avant que la tempête ne reprenne de plus belle. Envy n'est pas un groupe en perte de vitesse. Après vingt-trois années d'existence, la flamme est toujours présente. La preuve en est des musiciens virevoltants et d'un Tetsuya Fukawaga littéralement transporté et semblant marcher sur l'eau tant il vit l'instant présent comme s'il était le dernier. L'exubérance contrôlée des japonais est des plus belles à voir et ce concert restera comme l'un des meilleurs de cette journée sinon du week-end.

On reste sur la Valley parce qu'il n'y a rien de mieux à faire. En fait, on s'est un peu restauré et on a fait l'impasse sur Peter and the Test Tube Babies qui n'avait pas forcément notre préférence. Mastodon donc. Pour qui ne les a jamais vu en live comprend à cet instant pourquoi les américains ont le vent en poupe depuis quelques temps déjà et aussi pourquoi ils portent ce nom. Même si Brett Hinds n'a pas une forme olympique au niveau de sa voix (l'a t-il vraiment eu un jour?), Mastodon avance tel un rouleau compresseur et ne fera pas de quartier. Alors oui il y a un gros contraste en Troy Sanders pour qui on comprend pourquoi il a été choisi comme chanteur principal et Brett Hinds qui quand il ne chante pas faux donne l'impression de bouffer sa barbe ou d'être atteint de crampe facial tant il a du mal à articuler. A contrario, à la guitare, Brett Hinds est phénoménal et le reste du groupe suit logiquement ses traces pour ne pas se laisser distancer. Grosse performance donc de Mastodon qui justifie en une petite heure sa réputation de bête de scène porté par ses deux figures de proue que sont Hinds et Sanders. Une belle décharge d'énergie et un statut de tête d'affiche amplement mérité.

On reste toujours sous la Valley, parce que avant, à la Wazone c'était Cock Sparrer et on n'était pas plus motivé. Au final, on ne remettra pas les pieds à la Warzone car, après, les Dead Kennedys sans Jello Biaffra ça reste d'un intérêt mineur, quoi qu'on en dise. Et c'est Wovenhand d'avoir le privilège de clôturer cette première journée sous la Valley. Enfin, privilège, pas sur, parce que passer après Mastodon ce n'est pas forcément un cadeau. Pour autant David Eugene Edwards et ses comparses feront bonne figure devant un public, certes moins nombreux mais attentif à ce qui apparaît comme une curiosité dans le monde guilleret du metal. Parce que oui, il est étonnant de voir un groupe comme Wovenhand programmé au Hellfest mais pourquoi pas. Ils ont peut-être plus leur place ici qu'ailleurs. Il n'en demeure pas moins que Wovenhand délivra un show plutôt habité dans une ambiance en clair obscur. Mais la fatigue aidant, on a de la peine à aller jusqu'au bout malgré la qualité de ce qui nous est proposé. Peut-être trop propre, peut-être trop carré, Wovenhand ne déclenche pas d'enthousiasme particulier. Il faut dire que leur musique s'écoute plus qu'elle ne se vit, dans le sens où il n'y a pas besoin de s'extérioriser pour apprécier ce qui se passe sur scène. On finit par s'éloigner laissant Wovenhand continuer à œuvrer dans son entreprise d'hypnose sonore, délayant son avant-folk comme sorti de nulle part avec l'aura si particulier de son leader. La nuit peut commencer sous les meilleurs auspices.

Crédits Photos : Fabien Pondard

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