.:.Compte Rendu de Concert.:.

Pochette

Hellfest 2015 journée 1 - partie 6

1ère partie :

Le : 19-06-2015

Lieu : Clisson

compte rendu proposé par Fabien et publié le 14-07-2015

Autant le dire tout de suite Godsmack ce n'est pas ma tasse de thé. Trop gentil, trop propre, trop dans le bon sens du poil. Pour autant, ce n'est pas un groupe dégueulasse, qui a fait ses preuves et au vu du public présent devant la Mainstage, Godsmack sait attirer les foules. Difficile de le nier comme il est difficile de nier que les américains ont bien su mener leur barque pendant les quarante minutes qui leur étaient allouées. Cependant, si l'ambiance est là, si le public, globalement, suit, je reste quelque peu de marbre devant leur performance. Il faut dire que Godsmack n'est pas forcément le groupe le plus impressionnant sur scène et il ne laisse que peu de place à la surprise. Si nous sommes spectateurs, Godsmack semble l'être aussi et c'est sans doute ce qui est terrible dans l'affaire. Malgré quelques mimiques de circonstances et harangues de bon aloi on voit bien que la formation n'est pas la plus intuitive du monde et qu'elle est rodée à faire gentiment le métier. Ce n'est sans doute pas le concert dont on se souviendra la plus mais pour être tout à fait honnête ce ne sera pas le plus pourri non plus. On est juste dans l'entre deux.

On reste sur la mainstage non pas pour parler de Billy Idol qui succédait à Godsmack et qui a, malgré tout, encore quelques restes. Ce qui nous intéressait finalement c'était bien ce qui allait suivre après à savoir Sodom. Dernier groupe d'ailleurs que l'on pourra photographier ce vendredi sur la Mainstage étant donné les restrictions qui ont été annoncées en début de journée. On s'y attendait un peu, il y en a chaque année mais pas sur autant de groupes. Quoi qu'il soit Sodom est bien présent, remplaçant un Anthrax défaillant. Evidemment comparé à Godsmack, Sodom c'est du plus lourd, du plus sauvage. Et le groupe est sûrement plus investi, presque 30 ans de carrière eux aidant et dans un genre qui n'autorise pas les coups de mou. Pas question de cela avec Sodom. De la poigne, du gros riff et un Tom Angelripper au chant dans un bon jour. Il n'en fallait pas plus pour le trash de Sodom fasse rapidement ses effets. Et cela durera pendant tout le set. Sodom a encore la patate et cela fait plaisir.

Au même moment sur la scène de l'Altar, un autre groupe qui vous met bien la pression  : Dying Fetus. Là encore, pas de grand jeu de scène ou de fantaisies pour amuser la galerie. Les américains avancent comme un bulldozer développant leur brutal death metal à la technique imparable. Ce qui m'a toujours épaté dans ce genre de groupe c'est de pouvoir tenir un growl correct pendant toute la durée d'un concert (enfin ici ¾ d'heure). Ici la chose est facilité dans le sens où le chant est partagé entre John Gallagher et Sean Beasley. Deux intonations de voix d'ailleurs assez différentes mais qui auraient tendance à se compléter. En tout cas Dying Fetus ne manque pas son passage et joue avec sérieux en invitant régulièrement aux circle pit et wall of death de circonstances. Là encore, nous avons affaire à un groupe à qui on ne la fait pas. Et tout le monde le sait pour qui est dans l'assistance. Dying Fetus ce n'est pas du n'importe quoi et le groupe nous le démontre une fois de plus. Impeccable.

Allez, un peu de pagan cela ne peut pas faire de mal. Surtout quand c'est Arkona qui est aux affaires. Ce Arkona là c'est le groupe russe. A ne pas confondre avec la formation polonaise du même nom qui, bien que pagan également sur les bords, est plutôt dans une orientation black metal. Arkona donc et il n'est pas toujours facile de ressortir d'un des concerts de ces russes virevoltants. Le groupe mêle allègrement culture populaire slave et metal à la tronçonneuse. On ne peut pas dire que cela soit toujours très fin mais le côté festif et entraînant de leur musique est pour le moins efficace. Il n'y a qu'à voir comment Arkona parvient à faire remuer la foule. Et il vrai que le groupe est assez impressionnant. Il ne lâche jamais la bride mené par une Masha « Scream » qui se dépense sans compter. Si on voulait prendre une bonne suée il fallait aller voir Arkona et pas autre chose au même moment.

Redevenons un peu sérieux si vous le voulez bien. A la suite d'Arkona c'est au tour de Bloodbath de prendre d'assaut l'Altar. Les suédois se présentent devant nous avec leur nouveau frontman, Nick Holmes (Paradise Lost) qui n'est rien moins que le troisième à occuper ce poste après l'historique Mikael Akerfeldt et l'intérimaire Peter Tätgtgren. On vous dira peut-être que ce nouveau chanteur ne fait pas encore oublier Akerfeldt qui est parti, a priori définitivement, pour se consacrer à Opeth. Dans le fonds, Bloodbath n'aura pas trop perdu son âme mais sur scène le groupe nous livre un set léché et classique sans donner l'impression qu'ils se surpassent vraiment. C'est parfois un peu le lot de ces supers groupes qui même si les membres s'entendent bien ont du mal à donner sur scène toute la vigueur qu'on souhaiterait. Attention, tout de même, Bloodbath n'est pas en sous régime. Bien au contraire. Pendant une heure, le groupe se montrera digne de sa réputation même si on espérait mieux, surtout de Nick Holmes en fait qui même si il a été omniprésent n'a pas été impérial.

Crédits Photos : Romain Ballez

?>