.:.Compte Rendu de Concert.:.

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Hellfest 2015 journée 1 - partie 5

1ère partie :

Le : 19-06-2015

Lieu : Clisson

compte rendu proposé par Fabien et publié le 09-07-2015

Avec We Are Harlot il faut aimer le oldschool. Quand on revendique des influences de type Aerosmith et Van Halen, il ne peut en être autrement. Mais est-ce que c'est mal  ? Dans le sens où est-ce que se réfugier dans des valeurs sures, se faire le chantre du «  c'était mieux avant  » est une bonne chose en soi  ? C'est un peu oublier qu'il existe des genres qui vieillissent mieux que d'autres  ; certains étant même intemporelles et intergénérationnelles. C'est sans doute un peu le cas du hard-rock ou du rock tout court. Après tout dépend comment on l'aborde. On peut sentir chez certain un opportunisme assez désolant. Chez d'autres on décèle un réel amour de la musique et une envie de faire avancer le schmilblick. C'est un peu le cas avec We Are Harlot qui, certes, n'a pas inventé la poudre à canon, on ne peut pas dire que le groupe fait les choses à moitié au point qu'ils parviennent à créer un circle pit dans la foule. En même temps, tout est prétexte à un circle pit mais aura su être d'abord convaincant sur scène. C'était l'essentiel même si on a rien vu de réellement exceptionnel. We Are Harlot était donc à son niveau, un groupe revival qui sait ce qu'il et de quoi il parle.

Shape of Despair n'est pas un groupe pressé. Bien qu'il vient de sortir un album cette année (Monotony FieldsSeason of Mist, 2015), le combo finlandais n'avait sorti que deux malheureux ep en dix ans. Les avoir au Hellfest tient donc presque du miracle mais on subodore que si il n'y avait pas eu de promo à faire pour le disque, Shape of Despair ne se serait sans doute pas déplacé. On peut donc savourer la présence de ce chantre du Funeral Doom. Enfin, presque, parce que sur scène il n'y a pas grand chose à voir. Shape of Despair est un groupe désespérément statique malgré quelques hochements de têtes sans compter une Natalie Koskinen pas toujours à son avantage au chant. On aurait pu presque fermer les yeux et se laisser aller par les sombres et abyssales ambiances du groupe qui, on l'espérait bien, joua de nouveaux morceaux. Musicalement donc, intéressant mais visuellement inintéressant. Un set en demi-teinte pour un groupe dont on attendait un peu plus malgré tout. En même temps on se dit que c'est du Funeral Doom. On allait quand même pas sauter comme des cabris...

Si on voulait retrouver un peu le sourire il fallait sortir de l'Altar et se diriger vers les Mainstages pour voir Armored Saint, groupe tout aussi rare en France que l'est Shape of Despair. Clairement, Armored Saint se montrera plus communicatif et plus « vivant ». Le contraire eusse été malheureux pour un groupe de heavy. John Bush montrera dès lors toute l'étendue de ses capacités vocales toujours au top. Armored Saint c'est le heavy dans toute sa splendeur mais sans les clichés qui ont été trop longtemps véhiculés. Outre le fait que le groupe était particulièrement ravi de se retrouver au Hellfest (le peu de fois qu'ils aient joué en France expliquant sans doute cela), Armored Saint se montrera sous son meilleur jour au plus grand bonheur d'un public venu nombreux pour assister à ce qu'on peut légitimement considérer comme une rareté. Personne ne sait si on les reverra de sitôt. Alors, on ne boude pas notre plaisir devant un groupe qui n'a fait aucun faux pas sur la Mainstage. Enjoy.

Retour sous la Temple pour voir les barbichus païens de Skyforger. Ben oui, parce que rester toute la journée sous le cagnard ce n'est tout simplement pas possible. Mais ce n'est pas la simple raison car les lettons de Skyforger sont un vrai groupe de scène et, franchement, ils ne mettront pas longtemps à enflammer la Temple. Ca bouge dans tous les sens, autant sur scène que dans la foule. Les groupes de pagan/folk metal ont cette capacité incroyable de pouvoir entraîner les foules en un rien de temps. Et Skyforger ne sont pas des novices. Le groupe parcourt le monde depuis vingt ans et il sait y faire pour se mettre le public dans sa poche. Du décorum (du moins au niveau des costumes), des musiciens remuants et qui ne comptent pas à la dépense, un bassiste aux yeux blancs comme pour bien signifier que la teneur de leur musique peut vous mettre en transe, un chanteur puissant et fortement impliqué, tels sont les ingrédients d'un show à la Skyforger. Autant dire que le mot ennui ne fait pas parti de leur vocabulaire et tout le monde aura pu en profiter pleinement.

Crédits Photos : Romain Ballez

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