.:.Compte Rendu de Concert.:.

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Hellfest 2015 journée 1 - partie 3

1ère partie :

Le : 19-06-2015

Lieu : Clisson

compte rendu proposé par Fabien et publié le 02-07-2015

L'une des première vraie attraction du week end est sans doute le groupe suisse Bölzer. Pourtant le duo ne détient dans sa discographie que trois malheureux ep mais ce n'est pas pour cela qu'on retiendra de leur passage mais bien cette débauche de bestialité, un chanteur ultra charismatique et un batteur infatigable. Au-delà de ça, Bölzer ce n'est pas du black à la petite semaine. Bien au contraire, les suisses, si on le connaissait déjà pas avant, étonnent par leurs morceaux ambitieux à l'envergure et à la variété insoupçonnées. Bölzer nous marche littéralement sur la tête et déploie l'artillerie lourde comme si ils étaient quinze sur scène. Impressionnant de bout en bout, Bölzer ne nous laissera que peu de temps pour respirer, l'espace d'un instant entre chaque chanson histoire que KzR s'hydrate et de racle la gorge. C'est peu et en même temps on en redemande de cette déflagration sonore entre black et pagan qui ne laisse que peu de place à l'apaisement. C'est fou l'aura que l'on peu dégager quand on est que deux et Bölzer, même si ce n'est pas un cas unique, est un groupe qui est en train de prendre une dimension de premier ordre. Personne après leur passage pourrait prétendre le contraire à moins d'être définitivement sourd ou de mauvaise fois.

En sortant de Bölzer on a clairement envie d'en découdre mais les ardeurs sont vite refroidies en voyant le set de Vulcain. Soyons clair, Vulcain, c'est quand même un des plus vieux groupes de metal français en activité, surnommés les « Motörhead français » et depuis leur création, la formation n'a jamais flanché. Pour autant le contraste est assez grand entre eux et Bölzer. Certes, cela n'a rien à voir en terme de registre mais au niveau de l'intensité on voit bien que le poids des ans a fait son œuvre chez Vulcain. Pourtant, le groupe semble encore y croire malgré une affluence en demi teinte (il faut dire que l'heure de passage ne se prête pas forcément aux grosses foules) mais on sent bien qu'ils ont du mal à se renouveler et leur performance n'a pas beaucoup de différence avec celle de 2010 qui finit exactement de la même manière en reprenant La digue du cul avec le public. De là à dire que Vulcain est un groupe fini il y a un pas que l'on n'est pas encore prêt à franchir. La formation a encore ses fans et il est évident qu'elle n'est pas à l'agonie. Mais, clairement, les grandes heures sont derrières eux et ce n'est pas leur faire un affront que de dire ça. En gros, Vulcain fait de la résistance mais tant que les fans suivront, Vulcain vivra.

On retourne sous la Temple pour voir Argile qui n'est rien d'autre que le side-project de Misanthrope dont on se souvient le passage en 2013. Mais là encore, il n'y a pas grand chose à signaler. Argile, groupe appliqué, n'a que peu de vécu derrière lui et cela se ressent un peu. Peu de vécu dans le sens où Argile est un side-project et que même si le groupe a été créé en 1997 il n'aura pas été en activité de manière continue. En témoigne une discographie éparse. Certes, c'est propre, c'est net, c'est théâtrale et porté vers des ambiances plutôt sombres mais on n'est pas toujours transporté. Et la petite demi-heure qui leur est alloué (comme pour Misanthrope deux ans plus tôt) n'aide pas à se mettre vraiment dedans. On en ressort un peu mitigé mais pas totalement déçu.

On le sera moins pour Enthroned qui, eux aussi malgré le poids des ans, reste une valeur sure dans le black. Et puis avec les belges on n'est sur que ceux-ci vont ne pas faire dans le détail ou le superflu. Aussitôt dit, aussitôt fait, Enthroned embrase la Temple avec leur black impitoyable qui a fait ses preuves depuis plus de vingt années d'exercice qui, on le sait, ne fut pas sans heurts. Pas de déception à ce niveau là. Enthroned et Nornagest en tête, se montreront plus qu'incisifs. Le groupe déroule tout son sombre savoir faire et ne flanchera à aucun moment. En somme Enthroned est plutôt en forme surtout quand on connaît son parcours relativement chaotique. En témoigne le line-up qui n'a gardé que Nornagest comme membre originel, les autres ayant soit quitté le navire pour des raisons personnels, viré (Sabathan) ou tout simplement mort (Cernunnos). On peut même dire qu'Enthroned fait office de survivant et que cela n'a pas entamé leur moral. Les belges étaient impeccables sans être exceptionnels mais cela suffisait amplement à notre bonheur.

Crédits Photos : Romain Ballez

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