.:.Compte Rendu de Concert.:.

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Kid Francescoli

1ère partie : Scarlett O'Hanna + She Keeps Bees

Le : 06-05-2015

Lieu : Nantes, Stereolux

compte rendu proposé par Fabien et publié le 01-07-2015

Encore une soirée de contraste au Stereolux de Nantes. Pour qui connaît les groupes présents ce soir là il est difficile de dire que ceux ci se ressemblent. Encore que pour Scarlett O'Hanna et She Keeps Bees qui tournent ensemble, il y a une certaine cohérence. Mais avec Kid Francescoli ce sont bien des univers très différents qui nous sont proposés. Peu importe après tout, ce qui compte c'est que chacun parvienne à nous toucher et ce quelle que soit la manière.

C'est Scarlett O'Hanna qui entamera la soirée. Contrairement à ce que suppose son patronyme, Scarlett O'Hanna est bien française mais parfaitement anglophone. Anciennement membre de Cobson, elle a notamment ouvert pour des artistes telles que Scout Niblett, Laura Veirs et Emily Jane White ce qui donne une indication sur sa proximité artistique. Et dès qu'elle entame son set on a la confirmation qu'elle suit bien la trace des chanteuses sus-citées. Scarlett O'Hanna, tout en pudeur et en intimité, la chanteuse accompagnée d'un seul batteur, nous délivre des chansons en clair-obscur qui, malgré ce qu'on aurait pu croire, n'ont rien de fragile. C'est même tout le contraire. La jeune femme ne chancelle pas, se place droite et fière, telle une prêtresse mais sans que celle-ci donne l'impression d'une arrogance mal placée. Mais outre le charisme indéniable de la jeune femme, c'est bien la qualité des morceaux qui illumine ce concert. Et c'est finalement ce qu'on retient le plus, cette qualité d'écriture et d'interprétation qui enterrent quasiment tout le reste. On reste subjugué. Et comme d'habitude, en pareil cas, on ne voit pas le temps passer et Scarlett O'Hanna de s'en aller comme elle est venu. En toute simplicité.

Pour autant, elle ne mettra pas longtemps avant de revenir. En effet, alors que She Keeps Bees se met en place on retrouve la longiligne chanteuse derrière les claviers du duo américain. Oui duo parce que She Keeps Bees est principalement mené par le couple Jessica Larrabee (guitare, chant) et Andy LaPlant (batterie). Là encore on explore les fins fonds de la musique indie américaine dans ce qu'elle peut avoir de blues, cette profondeur torturée et qui n'offre pas le visage le plus enjôleur du nouveau monde. She Keeps Bees c'est la musique des sans grades, celle qui ne ment pas, brut de décoffrage et portée par une Jessica Larrabee aussi habitée que décontractée entre chaque morceau comme pour décompresser de l'intensité des morceaux. Une fois de plus, le temps s'écoule à une vitesse folle et pourtant, She Keeps Bees n'est pas un groupe pressé. La force brut de la formation et la présence solaire de Jessica Larrabee auront parlé d'elles mêmes. Même si le gros du public est clairement là pour Kid Francescoli, il est assez clair que She Keeps Bees, tout comme Scarlett O'Hanna, auront sur se faire remarquer. Non pas pour un jeu de scène spectaculaire mais bien par leur profondeur et l'intensité de leur musique.

Le contraste (et pas qu'un peu) viendra de Kid Francescoli, tête d'affiche de la soirée et pour qui une grande majorité du public est venu. En effet, plus question d'americana, de chansons vibrantes, d'envolées électriques. Non, Kid Francescoli est plus dans une veine pop-électronique d'abord portée par Mathieu Hocine mais qui, dans le cas présent, est associée à Julia Minkin et d'un batteur pour la scène. Il y a un côté nettement plus léger chez Kid Francescoli, plus latin aussi et on se dit que le bonhomme ne s'adresse pas forcément au même public que Scarlett O'Hanna et à She Keeps Bees. Clairement, en jetant un coup d'œil circulaire sur la salle, on y voit un public un peu hipster, un peu trop propre sur lui, un peu gentil mais aussi un peu alcoolisé (enfin pour certain), Mathieu Hocine devant en calmer un devenu un peu trop entreprenant verbalement. Quoi qu'il en soit, on change bien de décor. Ce n'est pas que le concert ne fut pas intéressant mais ce n'était pas la même intensité. Evoluant dans une musique plus légère, plus sentimentale, plus rêveuse et, en un sens, avec un côté kaléidoscopique non dénué d'intérêt. Pourtant, la musique de Kid Francescoli n'aura pas le même impact sur moi au contraire du public. Peut-être une question de background.

Crédits Photos : Fabien Pondard + Fabien Tijou (pochette)

A voir également :

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