.:.Compte Rendu de Concert.:.

Pochette

M83+I Monster

1ère partie :

Le : 12-02-2004

Lieu : Le Grand Mix Tourcoing

compte rendu proposé par drezco et publié le 16-02-2004

Tourcoing, Nord, France, pas mal d'habitants, des briques rouges, un beffroi, des musées et des magasins, rien à signaler ni à espérer. Si, un concert dans sa salle quasi incontournable, le Grand Mix, qui réussit à s'imposer cette année avec une programmation éclectique et sérieuse. En voiture, il faut une petite demi-heure pour y arriver de Lille, durant les heures de pointe. Ce qui suffirait à rebuter d'éventuels réticents, mais pas ceux poussés par l'envie de se brûler les tympans en engloutissant la boisson locale numéro uno, la bière dont on fait la pisse. Ce soir, rendez-vous avec M83 pour une interview, le genre de petits événements que l'on appréhende, un peu, et dont on attend beaucoup. L'entrevue est conjointe avec un confrère, mais déjà le doute s'installe lorsque je me retrouve tout seul dans les couloirs des backstages, désertés pour le coup, habituellement fréquentés par le staff des groupes et par quelques journalistes importés d'on ne sait où. Rapidement, le temps d'une crise d'éternuement due à la sinusite, l'atmosphère change, la loge s'entrouvre et quatre animateurs-preneurs de sons sortent, après avoir terminé leur prise d'otage radiophonique des paroles censées des deux antibois.

Arrivée du confrère à son tour, salutations d'usage, entrée en scène. M83 se partage en deux, Anthony et Nicolas, que l'on aurait idéalisé plus marqué par le cosmos ou les affres de la création. Au lieu de ça, ils restent deux post adolescents bien conscient de vivre des moments de choix, sans pour autant avoir oublié d'où ils venaient. Trop terrestres peut-être? Ce n'est en rien un défaut, mais le contraste avec leur musique est flagrant. Quoi que dès la première bière servie ( un coca pour moi, please ), on sait que cela n'est pas plus mal. Sûrs d'eux, ils le paraissent, comme on les sent sûrs de ne pas être le groupe que l'on croit qu'ils sont. Un combo noisy qui aura mariné dans le bain electro suffisamment longtemps pour en conserver la base aromatique. Car ils ne pensent qu'au songwriting, à la pop musclée, à Sonic Youth qu'ils reprennent sur scène, peut être aux fantômes perdus des tombés pour le son. Marre des Bloody Valentine, livrés en comparaison à chaque fournée. L'entretien se déroule sans heurts, des réponses courtes, sans doute réitérées à chaque session, qui s'allongent lorsque la discussion se veut plus triviale. Terrestre? Le foot et les jeux vidéo, deux bonnes raisons d'aimer PES et y jouer des nuits entière…

Puis vient l'attente, avant le concert, un repas style vite avalé vite oublié, le froid tourquennois, et les portes qui s'ouvrent, enfin. Surprise, peu d'affluence. Il faut dire qu'un changement de date impromptu à brouillé les pistes. Et qu'à quelques lieues de là, le match Cali Vs Le Splendid ( une salle de concert lilloise ) ouvrait avant l'heure le tournoi des VI nations. I Monster s'y colle en premier, alors que ce n'était pas prévu ainsi. Pas grave. Deux duos sheffieldiens-français en forme, en tout cas plus que leurs machines, pour un set ample et tendu, agréable comme une gorgée de soda. Daydream en rappel. Lumières.

La scène se prépare vite pour le duo-quatuor antibois, un synthé, un sampler, une batterie déjà installés. Reste un soudcheck rapide et un dernier ramassage de canettes pour bien préparer le terrain. Entrée des deux principaux intéressés, pour une mise en bouche efficace, avant l'entrée du support rythmique, compagnon indispensable à la non transcription fidèle des albums. Dead Cities est surtout à l'honneur, jusque le très attendu "Night" du premier album éponyme, dans une version quasi parfaite dans son intensité. Avantage certain, l'absence de micros chants évite de communiquer. Le langage des signes est de rigueur, poing levé, sourires, clins d'oeils. Juste pour montrer que ça continue, encore et encore. On leur pardonne. Surprise, les quelques morceaux non enregistrés sur support audio sont quasi exclusivement analogiques, une réminiscence youthienne, l'envie de s'adosser au mur du garage après la répét'. On leur pardonne. Un peu plus d'une heure de concert, le batteur trouve rien de mieux qu'à cogner ses fûts avec des bombes nucléaires, termine par un solo, lève les bras au ciel, et quitte la scène, suivi des autres. On lui pardonne. Rappel? Non, peut-être la tension fut elle trop grande, peut-être n'y a t-il plus rien à jouer-on en doute-peut-être sont ils fatigués…Peut-être n'aiment ils pas ça. On les comprend. Enfin pas tous, qui attendent encore leur pardon. Dans une loge, un verre de coca se dégazéifie, une salle se vide, il fait froid, il est tôt. La ville est morte? Oui.

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