.:.Compte Rendu de Concert.:.

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Hellfest journée 3, partie 6

1ère partie :

Le : 23-06-2013

Lieu : Clisson

compte rendu proposé par Fabien et publié le 18-03-2014

Dernière ligne droite... Et elle passe par Danzig qui chamboule l'ordre de passage en émettant la demande de jouer plus tôt dans la journée. Alors qu'ils étaient prévus sur la Mainstage, les voilà ré-orientés vers la Valley où devait jouer Ghost à la même heure. Même si Ghost aurait fait le plein sous la Valley, ce fut une véritable cohue pour Danzig. Même pour les photographes, il y avait de l'incertitude. Personne ne savait si on aurait accès au pit étant donné que le show de Danzig devait comprendre de la pyrotechnie. Sauf que sous la Valley, la pyrotechnie ce n'est pas vraiment possible. Mais ce n'est vraiment qu'à la dernière minute que nous avons su que le shooting était possible. Soulagement. En tout cas, la venue de Danzig était très largement attendue d'autant plus que la présence de Doyle des Misfits (Glenn Danzig étant lui même un ancien Misfits) rajoute du piment à l'affaire. En tout cas, les espoirs n'ont pas été déçu. Glenn Danzig est impressionnant, rayonne et prend de la place, faisant primer tout son charisme et communie parfaitement avec le public. La venue de Doyle amènera un plus indéniable et les deux hommes ensembles éclipseront le reste de la formation qui pourtant se démène tout autant. Le moment est grand, dantesque, Danzig distille ses propres classiques mais aussi ceux des Misfits. Comme souvent, à croire que c'était prédestiné, c'est encore sous la Valley qu'un moment d'histoire s'est écrit. En tout cas, pour nous, les humbles, qui n'avions jamais pu approcher la légende Danzig...

Après ce moment de pur bonheur, il était temps d'affronter Punish Yourself. En fait, ce n'est pas vraiment un affrontement qui nous est proposé mais, pour qui connaît un tant soit peu les français, un véritable high-kick métalo-industrial. Le groupe qui a dépassé la vingtaine d'année d'existence est largement connu pour ses shows impressionnants et rentre dedans. Dans un décorum fluorescent et aux maquillages à tête de mort, Punish Yourself ne nous laisse pas vraiment le temps de respirer et tant mieux d'ailleurs. Le groupe, ici au meilleur de sa forme enchaîne à vitesse grand V les morceaux frénétiques et jouissifs. Le public ne s'y trompe pas et s'est massé pour voir ce groupe qui reste une véritable phénomène sur scène. Même si on peut avoir du mal avec les sonorités électroniques, il fallait quand même être à la Warzone car visuellement Punish Yourself c'est très fort et d'une rare intelligence. Même si cela peut paraître outrancier (du moins au niveau des jeux de lumières) ce n'est pas spécialement gênant du fait que cela colle parfaitement avec ce que peut faire musicalement Punish Yourself. Percutant et incisifs, les français mettront le feu avant l'apocalypse Atari Teenage Riot. Il sera dès lors difficile de les oublier...

Mais avant, retour, une dernière fois, à la Valley pour voir les Swans. Quand j'arrive la troupe à Michael Gira est en train de faire ses balances et la première surprise c'est qu'il n'y a pas la foule des grands soirs pour attendre les américains. Cette impression se confirmera par la suite. Les Swans ne feront pas le plein. Il faut dire que le côté plus cérébral de groupe a sans doute rebuté pas mal de monde mais ceux qui furent présents ont pu assister à un Swans fascinant. Ici, il n'y aura pas de mouvements de foule, de wall of death ou d'excitations incontrôlées. On regardera et on se prendra en pleine face la déflagration sonique que Michael Gira et ses comparses ont été capables de délivrer. A la limite on aurait pu s'asseoir tant on pouvait se sentir à l'aise. En tout cas, on verra ce soir là un groupe particulièrement impliqué avec un Michael Gira comme à son habitude : habité. L'homme vit intensément sa musique ce qui, pour lui se transforme en une sorte de performance aussi mystique que physique. Dans un tout autre genre de ce que nous avions pu vivre précédemment dans le festival, les Swans nous auront pris au tripes. J'avais déjà vu se produire Michael Gira, seul, avec une guitare sèche et assis sur une chaise haute. Déjà, il était impressionnant. Ici, renouant avec la performance de groupe, il agit comme un chef d'orchestre tout en étant lui même acteur principal de l'ensemble musical. Les Swans joueront essentiellement des morceaux qui peuvent laisser exprimer la toute puissance du groupe. Seul Gira se montrera expressif comme si c'était un moyen pour lui d'avoir la main mise sur tout le reste. Et cette main mise comprend la public qui restera de bout en bout captivé.

Si les Swans nous ont largement séduits, le coup de grâce viendra largement de Atari Teenage Riot qui, eux, feront le plein. Par contre au niveau photographes ce sera moins le cas, la plupart s'étant massé sur les Mainstages pour ne pas avoir à louper Ghost. C'est un peu bête parce qu'il y avait moyen de faire les deux et, franchement, Atari Teenage Riot sont de bons clients. D'ailleurs, on pourra se demander ce que les allemands font dans un festival de metal. On aurait tout aussi bien pu se poser la question pour Punish Yourself. Pour autant, et fondamentalement, Atari Teenage Riot partage beaucoup de choses avec les groupes qui seront passés sur la Warzone. Alec Empire, dira même par la suite qu'il n'aura jamais vu un festival aussi ouvert et dans lequel il pouvait se sentir à son aise. Alec Empire, Nic Endo et CX Kidtronic ne forment certes pas la mouture originelle du groupe (manquent Hanin Elias et l'irremplaçable Carl Crack) mais ils n'ont rien perdu de cette fibre quasi terroriste qui a fait la réputation d'Atari Teenage Riot. Dans un environnement spartiate, les trois comparses enverront tout ce qu'ils ont dans les tripes devant un public autant médusé qu'enthousiaste. Qui sont ces hurluberlus qui se présentent sur scène sans même la moindre guitare, batterie ou basse ? Qu'est-ce que c'est cette hérésie ? C'est sans compter la capacité d'adaptation du public qui, bien moins qu'ailleurs, est loin d'être inculte. ATR est tout de suite adopté. Ne serait-ce que par l'énergie qu'ils dégagent. Et c'est en cela qu'Alec Empire rendait hommage à posteriori à ce festival tout simplement parce que rien ne prédestinait ATR à jouer ici mais la foule les ont accepté et les ont accompagné sans se poser de questions. ATR a vraiment été vécu comme une sorte d'apothéose, sans doute un peu plus que les autres concerts qui ont clôturé sur les autres scènes. Après ATR, il n'y avait plus rien à espérer. Personne ne pouvait leur arriver à la cheville. Grandiose. En ce dimanche soir, Atari Teenage Riot portait son nom comme un étendard et sa signification avait plus que jamais son sens.

Crédits Photos : Fabien Pondard

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