.:.Compte Rendu de Concert.:.

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Hellfest journée 3, partie 2

1ère partie :

Le : 23-06-2013

Lieu : Clisson

compte rendu proposé par Fabien et publié le 17-02-2014

C'est moche d'arriver en retard. Ca l'est encore plus quand c'est pour louper la moitié du set de My Sleeping Karma. Oui, parce qu'on se dit qu'on a laissé passer un bon moment et que l'on arrive que pour le miettes ou presque. La gorge se serre. En tout cas, ce qu'il nous est donné de voir était d'une perfection totale et enthousiasmante montrant la Valley est la scène qui accueille les groupes les moins stéréotypés et qu'il y existe une variété qu'on a peut-être pas toujours sur les autres scènes. Quoi qu'il en soit, My Sleeping Karma, après son passage de 2011 nous montre encore ses capacités techniques et toute la magie qu'ils sont capables d'insuffler dans leur musique. En gros, My Sleeping Karma, ce n'est pas une musique de bourrin et c'est plus tortueux et réfléchi qu'il n'y paraît. Bien sur, il ne s'agit pas ici de faire bouger les foules, de provoquer des wall of death monstrueux pour un plaisir purement physique. Non, avec My Sleeping Karma on prend le temps d'écouter, d'admirer. Le plaisir est tout autre, plus cérébral, mais ça fait aussi du bien de temps en temps.

Si on a loupé une bonne partie de My Sleeping Karma, il était dès lors dit qu'on ne manquera rien de Graveyard. Faut pas déconner non plus ! Là encore, on trouvera difficilement un rapport entre les suédois et ceux qui les ont précédés. C'est ce qui a toujours fait la richesse de la Valley et il ne faut pas y voir une scène fourre tout où l'on caserait les groupes dont on sait pas trop où il faut les placer. C'est juste la scène de ceux qui ne sont pas trop veste à patch, crête mowhawk ou rimmel autour des yeux. Graveyard ne répond à aucun de ces critères mais plutôt à un hard rock classique, enjoué et aux envolées titanesques. Malgré une posture quelque peu statique, Graveyard donne tout ce qu'ils ont, ne font manifestement pas semblant et sont irréprochables tout le temps qu'ils seront sur scène. Un bon moment qui correspond bien à l'image d'un groupe qui, depuis sa création il y a sept ans, monte en puissance.

On quitte l'environnement cosy de la Valley pour aller se frotter à l'ambiance dominicale et sympathique de la Warzone. Du coup, c'est avec Senser que l'on va partager ces quelques moments. Et, on va l'avouer tout de suite, on n'attendait pas grand chose du groupe d'Heitham Al-Sayed sans doute parce qu'on n'avait pas envie d'y croire et qu'on a jamais été spécialement fan des britanniques. Ce set ne nous fera pas forcément changer d'avis mais on sera bien obliger d'admettre que Senser est un groupe taillé pour la scène et qu'ils avaient totalement leur place au Hellfest. De l'énergie, de la présence, de l'intensité sont bien présent ici mais ils se focalisent essentiellement sur Heitham et Imma (qui remplace au pied levé la chanteuse historique Kersten Haigh pour cause familiale), le reste du groupe se contentant d'envoyer le gros son. Même si ce n'est pas le concert le plus enthousiasmant du week end, il serait ridicule de dire que Senser ait raté sa première prestation au Hellfest. Un moment de bon aloi avec ce que Senser sait faire de mieux. Ce qui n'est pas si mal en soi.

A présent abordons le cas Spiritual Beggars. Déjà, on peut se féliciter de les voir ici sur scène puisqu'ils sont extrêmement rare dans l'hexagone. Et, à priori, ce n'est pas demain la veille qu'on les reverra. C'était donc « the place to be » à cet instant et personne ne pouvait en douter. Et Spiritual Beggars ne décevra personne pour qui ce groupe a déjà de haut faits d'armes. Un show carré, avec un Apollo Papathanasio très en verve. Trop peut-être. Parce que si le bonhomme occupe parfaitement la scène avec force de théatralité il faut être fan par avance des performances vocales haut perchées. Si c'est le cas, c'est parfait, sinon c'est un peu too much. Malheureusement, je suis dans la seconde catégorie. Il faut dès lors passer outre ce petit désagrément et on se laisse gagner par ce hard-rock stoner aux petits oignons qui est exécuté sans faire de déchets et dont le final était digne de la tradition rock. Ce n'est pas spécialement ce qu'on a préféré mais, en les voyant, on comprend pourquoi Spiritual Beggars est présenté comme une valeur sure.

En tout cas, on se dit que les suédois peuvent facilement passer pour des intellectuels en pull jacquard à côté de Cockney Rejects. Aaaah, Cockney Rejects et leur punk populo de bistrot qui sent bon le oi ! (avant que cela ne devienne un enjeu et une récupération par des gens peu recommandable) et la bière bon marché. Cockney Rejects, comme Angelic Upstarts ou The Burial, c'est encore le bon côté du oi ! Certes, ce n'est pas très fin, ce n'est pas très recherché mais cela ne l'a jamais été et l'intérêt d'un groupe comme Cockney Rejects ne réside pas dans la recherche d'une musique parfaite. Cockney Rejects c'est l'énergie brute, l'instinct primaire, le coup de poing dans ta tronche parce que t'es un gros con de bourgeois ou un foutu politicard. Ceci dit, avec le temps, Cockney Rejects n'a rien perdu de son côté coq de basse cour et ils entretiennent cette image comme une marque de fierté. Mais le poids des années est là et le caractère violent qui pouvait se dégager de leur concert d'antan s'est quelque peu estompé. Pourtant, Cockney Rejects n'en est pas à faire du baroud d'honneur avant que cela ne devienne la fête à neuneus. Non, les britanniques y croient encore et cultive cette flamme qui ne les a jamais vraiment quitté. En somme, voir les Cockney Rejects c'est toujours bon à prendre. Ce n'est pas toujours très carré mais ce n'est pas là l'important. C'est l'esprit qui compte et ils l'ont toujours.

Crédits Photos : Fabien Pondard

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