.:.Compte Rendu de Concert.:.

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Hellfest journée 1, partie 4

1ère partie :

Le : 21-06-2013

Lieu : Clisson

compte rendu proposé par Fabien et publié le 21-07-2013

Reformé depuis 2006, Negative Approach a toujours bénéficié d'un statut culte dans la scène hardcore. Tellement culte qu'on se voyait mal louper le groupe de John Brannon. Evidemment, nous n'étions pas les seuls à avoir cette idée et les fans étaient au rendez-vous, en tout cas pour les plus accrocs. Les autres étaient un peu là pour découvrir un groupe dont on ne savait ce qu'il pouvait donner sur scène. A l'évidence, le groupe porte bien son nom : Negative Approach. John Brannon le porte même dans son regard et dans son attitude. Il donne cette impression qu'il n'est pas venu sur la Warzone pour se faire des potes. Bon, on se dit que cela fait partie du jeu et qu'on aurait mal comprit si le groupe s'était montré communicatif. Une leçon de nihilisme en somme. De fait, il n'y a pas grand chose à voir sur scène si ce n'est l'impressionnante capacité de John Brannon à éructer dans son micro et de fixer la foule avec une sorte de haine à peine contenue. Le répertoire de Negative Approach étant ce qu'il est (un bon hardcore old school), il contente assez aisément le public présent. On devra faire avec également et se dire que la formation de Detroit aura toujours été ce négativisme à l'état pur.

Toujours un peu dubitatif sur la performance de Negative Approach, on se redirige vers la Valley pour assister au concert des américains de Black Breath qui, sur le papier, était plein de promesses. A vrai dire, on n'a pas été déçu car le groupe ne nous a pas vraiment laissé le temps de nous poser la moindre question sur ses intentions. Vindicatifs, expressifs, les membres de Black Breath ne laissent jamais l'impression de faire les choses à moitié. Les américains jouent avec fougue et clairement ils impressionnent pendant tout le long de leur set. Auréolés de deux albums impeccables, Black Breath se révèle donc être aussi un excellent groupe de scène et personne ne pourra honnêtement le contester. Le combo, dont le chanteur est loin d'avoir le souffle court, est l'une des révélations du festival (une confirmation pour les plus informés...) et à la fin du concert on ne pense dès lors qu'à une chose : leur retour en terres clissonnaises.

Après la claque Black Breath, on s'en va voir les gentils tatoués de Dezz Nuts qui nous avait déjà l'honneur de leur présence il y a de cela deux ans. Depuis, rien de bien neuf chez eux. Toujours cette même fraîcheur, cette décontraction insolente, JJ Peters étant toujours aussi démonstratif. Venus défendre leur dernier album, Bout It !, les australiens font exactement le show que l'on attendait d'eux pour le plus grand plaisir de tous. Nous n'aurons donc pas de grandes surprises mais il n'y aura pas pour autant de déception. L'un des seuls groupe à utiliser le hip-hop sait qu'il doit mettre les bouchées double pour convaincre. Mais en arrivant au Hellfest, la moitié du boulot est déjà fait, du fait d'une discographie des plus honnêtes et d'un précédent passage au festival assez convaincant. Deez Nuts n'aura donc pas eu à forcer son talent mais fera son job consciencieusement comme les sales gosses qu'ils sont.

Direction la Temple, parce qu'il faut bien de temps en temps quand même, pour voir un groupe qui a toujours attiré ma curiosité : Absu. Non pas que je sois un fan absolu de black metal (j'ai de toute façon souvent du mal avec le genre) mais j'avoue volontiers que certains groupes restent des plus impressionnants. Sur ce point là, je ne pouvais être déçu, le trio américain dégageant une aura indéniable et imprimant une tension pour le moins dérangeante. Cela vient du fait que les trois membres du groupes sont à eux seuls des attractions, renvoyant une haine de circonstance qui tient de leur musique puissante, technique et qui fait appel à des influences mythologiques obscures pour le festivalier lambda. D'ailleurs, Absu ne se réclame pas du black metal mais de l'occult metal. A mon humble niveau, je ne fais guère la différence et à vrai dire c'est le cadet de mes soucis. Ce qui m'intéresse, par contre, c'est l'intensité dégagé par le groupe qui s'allie à la technicité même des musiciens. Avec Absu, nous sommes loin d'être dans le bourrinage de base. Nous sommes bien au-delà et il faut être atteint d'une sévère surdité pour ne pas s'en rendre compte. Du lourd, de la noirceur, du bon, de l'intelligent, de la subtilité même, tout ça peut aller ensemble et Absu le prouve avec cette apparition venant des profondeurs.

Crédits Photos : Fabien Pondard

A voir également :

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