.:.Compte Rendu de Concert.:.

Pochette

Lady & Bird

1ère partie :

Le : 30-01-2004

Lieu : Paris, Eglise Américaine

compte rendu proposé par Claire et publié le 12-02-2004

Quelle idée de vouloir aller à ce concert en voiture ? Je tourne 1/2 heure autour du quai d’Orsay avant de trouver une place pour me garer, et du coup, quand je passe la porte de l’église américaine de Paris, le concert qui se joue à guichet fermé est déjà commencé. A l’intérieur, l’ambiance est au recueillement. Le public est assis sur les bancs de l’église. Pas de bar, personne ne fume dans la salle. On se rend compte que la prestation de ce soir est un événement particulièrement spécial et magique. Au fond de l’estrade qui tient lieu de scène, on ne voit que le grand orgue entièrement éclairé de rouge. Des spots bleus viennent casser cette uniformité lumineuse. Comme un rappel ou un point de suspension à l’orgue, sur le côté droit du chœur, une harpe est également complètement éclairée de rouge, alors que la harpiste reste entièrement dans la pénombre. Sur la gauche de la scène, cinq choristes alignées, vêtues de tee-shirts blancs sont autant de points éclatants dans cette lumière colorée et douce. Et au milieu de tout ce décor, pratiquement dans le noir, Keren Ann et Bardi Johannson trônent avec leurs instruments.

L’acoustique à l’intérieur de l’église est excellente. Les voix et les instruments portent sans qu’il soit nécessaire de pousser la sono. Entre toutes ces chansons magnifiques, je retiendrai tout de même quelques moments encore plus magiques que les autres. Ainsi, « Run in the morning sun » aura été épuré à l’extrême, puisque toute une partie de la chanson a été interprétée a capella par Keren Ann, juste soutenue par les choristes, puis par les glockenspiel, instrument qu’elle semble affectionner particulièrement. Sur « See me fall », les voix sont juste accompagnées par la harpe, un dénuement qui pourtant se fait si plein dans cette église. Sur la fin de « Do what I do », Keren et Bardi se lèvent se mettent à taper des pieds sur l’estrade, ce martellement donnant une toute autre dimension aux chœurs qui terminent donc la chanson sans instruments. Le moment le plus émouvant du concert restera sans doute l’interprétation de « La ballade of Lady and Bird », pour laquelle Keren et Bardi sont allés se placer derrière un autel, chacun d’un côté de la scène, comme pour un échange de consentements. Sur fond de harpe et de quelques chœurs, l’interprétation de cette chanson a été un moment de pure grâce et de magie, à la suite duquel les deux complices sont sortis de scène.

Entre chaque chanson, Keren et Bardi retrouvent leurs voix d’enfants, celles de Lady et de Bird, pour des conversations tendres ou facétieuses. Mon grand regret a été de ne pas mieux comprendre l’anglais. Je suis persuadée que plein de choses m’ont échappé. Mais il était attendrissant de les entendre discuter, ou se chamailler par moments, ou encore de prendre le public à parti avec ces voix si touchantes. Pour le rappel, Bardi demande au public de se mettre debout et de taper des pieds par terre, comme il l’avait fait lui-même, pour reprendre « Do what I do ». Mais une fois la rythmique bien installée, c’est avec leurs voix d’enfants qu’ils se mettent à chanter « we will rock you », pour un clin d’œil complètement décalé.

Vous l’aurez compris, ce concert a été un régal de bout en bout, un moment de pur bonheur qu’on aurait bien voulu voir se prolonger.

A voir également :

http://www.labels.tm.fr/fr/artiste.asp?artiste=LA186

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