.:.Compte Rendu de Concert.:.

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Festival Couvre Feu - Partie 2

1ère partie :

Le : 26-08-2012

Lieu : Corsept

compte rendu proposé par Fabien et publié le 08-10-2012

Il est temps désormais d'aller voir les Black Seeds, ces néo-zélandais qui mélangent sans complexe soul et reggae. Malheureusement, on ne restera que très peu de temps car l'interview d'Undergang nous attendait peu après le début du set des Black Seeds. On assistera que quinze minutes à leur concert et pas une de plus. Et c'est un peu avec regret car si je n'attendais pas grand chose de ce groupe celui-ci a montré des qualités indéniables. Ce qu'ils font n'ont rien d'exceptionnel mais The Black Seeds est un vrai groupe de scène et ils ont su rendre ce qui est banal (ou presque) sur disque nettement plus enthousiasmant sur les planches de Couvre Feu. Donc, oui, dommage de n'avoir pu rester plus longtemps.

L'interview d'Undergang réalisée (à lire bientôt), il faut se préparer pour le Peuple de l'Herbe qui promet d'être la grosse attraction de la soirée. Et personne ne s'y trompe. Le public trépigne et quand le groupe arrive c'est une ovation telle que le Peuple de l'Herbe se doit de faire fort. Mais, ils ont de l'expérience et ils ne sont pas aussi impressionnables que cela. Ce n'est pas qu'ils soient blasés mais ils feront leur show sans trembler. Enfin presque.

Presque, parce qu'il y a eu quelques incident qui ont failli faire tourner court le set. Deux pannes de courant ont donc pu être fatal à ce qui avait si bien commencer. Cela a eu le don de passablement agacer JC 001 et N'Zeng mais surtout le public dont la bronca (même si elle restait bon enfant) valait son pesant de cacahuètes. Heureusement, la solution fut trouvée pour que le concert puisse continuer. Il était temps car le public commençait à perdre patience même si la sécu tentait de détendre l'atmosphère en balançant de l'eau pour rafraîchir les premiers rangs qui ne demandaient pas mieux et JC 001 se fendant même d'une petite impro comme si il voulait se faire pardonner de cet incident. Problème résolu, comme des morts de faim, le Peuple de l'Herbe se remit à l'ouvrage pour le bonheur de tous. Et évidemment on a tous pris cher, le Peuple de l'Herbe n'étant pas réputé pour faire les choses à moitié.

Pour autant comme Le Peuple de l'Herbe a pris du retard il a fallu s'éclipser avant la fin pour aller voir Undergang qui fut la vraie grande surprise de la soirée. Seul sur scène, l'homme navigue avec une énergie débordante entre sa guitare, sa batterie, ses éléments électroniques, son micro. L'homme ne se ménage pas et dans une furie où punk s'allie au rock, au breakbeat, à la noise, au métal ou au hip-hop, il donne un show plus que jouissif. Undergang jouait dans le seul endroit vraiment fermé devant une bonne centaine de personne, peut-être plus mais ce qui compte vraiment c'est cette débauche aussi visuelle que musicale qui à elle seule valait tout l'or du monde ce soir là. Le one man band est sans doute l'exercice le plus casse gueule parce qu'on est livré à soi même et que l'erreur n'est pas permise. Mais on ne la lui fait pas et il est rodé et ne tombe dans aucun piège. Là dessus on aura loupé Shantel qui passait au même moment sur la seconde scène mais, au vu de la performance de Undergang, on n'a pas eu à le regretter.

Après la claque Undergang, il faut se reconcentrer sur le dernier concert de la soirée : Emir Kusturica and the No Smoking Orchestra. La surprise ici est évidemment moindre parce que l'on sait à quoi ressemble leurs concerts. La notoriété de Kusturica n'étant pas étrangère à cela. Pour autant, c'est un vrai bon moment que l'on a passé avec le cinéaste-musicien qui, une fois n'est pas coutume, a pris le micro à cause de l'absence du chanteur habituel. Théâtral, chaleureux, entraînant, n'hésitant pas à faire venir du monde sur scène (des femmes de préférence), Kusturica et ses camarades étaient sans doute les plus indiqués pour clôturer ce dimanche et cette édition 2012 du festival Couvre Feu. Un festival qui aura été, une fois de plus, une réussite. Et si cette journée fut riche et chaude, ceux avec qui on a pu discuter nous ont confirmé que les deux autres journées furent aussi de beaux moments. Un jour je ferai le festival dans son entier. Là-dessus c'est le moment pour nous de rejoindre nos pénates, mais, alors que la nuit est bien entamé et que Kusturica achève son concert, on aura eu le temps de voir une jeune femme courir quasiment nue sur le bar central du festival, évitant comme elle pouvait les gobelets et les pichets de bières. Non, décidément, Couvre Feu n'est pas un festival comme les autres...

Crédits Photos : Fabien Pondard

Merci à Anne-Cécile Gros pour son accueil et sa disponibilité.

A voir également :

http://www.couvrefeu.com/

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