.:.Compte Rendu de Concert.:.

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Festival Couvre Feu - Partie 1

1ère partie :

Le : 26-08-2012

Lieu : Corsept

compte rendu proposé par Fabien et publié le 16-09-2012

C'est la crise nous dit-on. Et la crise touche aussi les festivals. C'est peut-être pour ça que les affiches étaient moins alléchantes cette année et donnaient l'impression qu'elles se ressemblaient toutes plus ou moins. Dès lors, certaines enseignes présentaient des bilans en baisse comme aux Vieilles Charrues qui a perdu pas loin de 20 000 spectateurs. Pour autant d'autres ont réussi à tirer leur épingle du jeu parvenant à progresser comme le Hellfest (bien que le contexte était quelque peu différent puisqu'il évoluait sur un site pouvant accueillir plus de monde) qui est passé à 113 000 entrées. Enfin, il y a ceux qui résistent et qui s'estiment être non pas des miraculés mais suffisamment chanceux pour être de ceux qui ne subissent pas encore de plein fouet la crise. C'est le cas de festival Couvre Feu qui l'année dernière fêtait son dixième anniversaire avec une affluence record. Pour cette année il n'était donc pas vraiment question de comparer avec l'édition 2011 mais plutôt avec celle de 2010.

En ce début de dernière journée de festival, l'organisation essaye de dresser les premiers bilans. On tablera sur 25 000 festivaliers en trois journées. Ouest France, le grand journal de la région annonceront quelques jours plus tard 23 000 entrées. Ce qui est déjà plus que la Route du Rock. Si l'orga a connu ses premiers problèmes causés par des perturbateurs qui en ont profité pour faire de la fauche dans le camping des festivaliers, elle a pris la chose très au sérieux. Le festival existe depuis une dizaine d'années à présent et ne souhaite pas vraiment connaître de problèmes de vol, de violence ou autres. Hormis cela, Couvre Feu est un festival qui vit bien, connaît un public fidèle, majoritairement jeune et qui profite pleinement d'une programmation resserrée qui ne vous oblige pas à faire des choix cornéliens.

La journée commence doucement. Le site se remplit gentiment pendant que le Bermuda Brass Band prend position au niveau du bar central. La foule n'est pas encore nombreuse mais peu importe, les nantais se contentent de ce qu'il y a et entament leur funk fanfarisée de belle manière. Les festivaliers viennent s'agglutiner autour d'eux, curieux de voir des types en vestes et en bermudas jouer à même le sol, au contact de chacun. La communication est alors quasi immédiate, passé bien sur le petit moment de surprise et de découverte. Le Bermuda Brass Band aura cette particularité de ne pas rester statique et de changer d'endroit. Et figurez vous que même la batterie est mobile ce qui attise encore plus la curiosité. Le groupe fera la tournée des bars du festival au plus grand plaisir de tous, assurément.

Après ce rafraîchissant apéritif, c'est au tour de Giedré de prendre place sur la seconde scène de Couvre Feu. On la voit arriver attifé comme une petite poupée, guitare sèche à la main et un visage d'ange. Cependant, le décor qui est derrière elle montre que quelque chose cloche. Sous ses atours rose bonbon, sont déposées nombre de têtes sans corps, une poupée gonflable dédiée généralement aux personnes à la libido au ras des pâquerettes. En fait, Giedré c'est l'anti Carla Bruni. Sous ses faux airs de sainte nitouche elle est capable de chanter les pires saloperies, avoir un regard acerbe et cynique sur ses voisins. Giedré c'est un peu le Vuillemin de la chanson française. Giedré c'est un peu une ode contre la connerie et ceux qui se prennent trop au sérieux. La jeune femme commence à se faire un nom et manifestement nombreux sont ceux qui, dans le public, la connaissait déjà. Son humour noir fait souvent mouche et malgré une mise en scène minimaliste (il faut préciser qu'elle est seule sur scène avec sa guitare) Giedré captive son auditoire. On reparlera bientôt d'elle, qu'on ne s'y trompe pas.

A présent, le festival est sans doute au maximum de ses capacités. Et il ne le serait à moins car c'est au tour d'Alpha Blondy de prendre ses quartiers sur la grande scène de Couvre Feu. On s'étonne d'ailleurs qu'il passe aussi tôt dans la soirée. On nous dit qu'il ne peut plus jouer trop tard du fait qu'il commence à prendre de l'âge (il aura 60 ans l'année prochaine). Bon, pourquoi pas mais il n'empêche que le chapiteau fait plus que le plein. Certes, il n'y aura pas d'extravagance dans le set d'Alpha Blondy mais l'ivoirien assurera son set comme la légende qu'il est devenu. Sobre, efficace, Alpha Blondy et son entourage font le taff et tout le monde semble s'en contenter et il faut bien s'en contenter. Mais heureusement Alpha Blondy n'est pas Bob Dylan et n'en est pas encore au point de faire des concerts catastrophiques. Bien au contraire. Ce fut un beau moment, certes un peu classique, mais un beau moment quand même.

Crédits Photos : Fabien Pondard

A voir également :

http://www.couvrefeu.com/

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