.:.Compte Rendu de Concert.:.

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Hellfest Open Air - Journée 3 / Partie 1

1ère partie :

Le : 17-06-2012

Lieu : Clisson

compte rendu proposé par Fabien et publié le 15-08-2012

Se lever un dimanche matin pour voir un groupe de death/black metal après deux journées de quasi marathon, je peux vous jurer que ce n'est pas une synécure. Et tout ça pour quoi ? Pour voir Aosoth qui va jouer une malheureuse demi-heure devant, je le craignais, un public clairsemé. En fait, les festivaliers du Hellfest ont de l'endurance et ont l'audace d'être matinal. Ce n'est pas l'hyper foule mais l'assistance est loin d'être aux abonnés absents. On s'agglutine même aux premiers rangs. Il faut dire qu'Aosoth bénéficie d'une assez bonne image dans le milieu et qu'il commence a être reconnu en dehors des frontières hexagonales. MkM et Baal Shem Tov (BST pour les intimes) ont construit peu à peu une entité qui a su gagner le respect des plus intransigeants. Si MkM est le seul survivant du line-up originel, BST, lui a fini par s'imposer et se rendre indispensable à la formation. Aujourd'hui, Aosoth c'est vraiment l'entité MkM et BST et le groupe a pris une telle importance au point d'avoir quasiment enterré Antaeus, le projet précédent de MkM. Pour eux, passer au Hellfest est comme une marque de reconnaissancen une manière de montrer que ce n'est pas un groupe anodin. Malgré quelques problèmes techniques Aosoth se montrera telle l'incarnation malsaine qu'ils ont toujours voulu être. Mais une demi-heure pour juger de toute l'étendue de la noirceur d'un groupe qui cravache depuis des années, c'est un peu léger et cela laisse un goût d'inachevé. En attendant, MkM se montrera comme une âme torturée et possédée, BST pour le moins bestial imprime la bonne attitude à avoir, suivi de prêt par les autres musiciens. Aosoth n'a pas beaucoup de temps pour développer, ils iront donc à l'essentiel.

Tout de suite après, on file voir les bordelais de Year of No Light. Là aussi pas beaucoup de temps pour apprécier ce groupe à sa juste valeur. Et c'est bien dommage car Year of No Light méritait largement de jouer plus longtemps. Il faudra alors faire avec ce qu'on a et le groupe ne perdra pas vraiment de temps en tergiversation, entrant tout de suite dans le vif du sujet. Pour tout dire, ils feront une grosse impression, faisant un set sérieux et imprégné d'un champs magnétique pesant qui vous prend rapidement aux tripes. Riche, émotionnel, puissant, Year of No Light a vraiment la carrure d'un grand groupe nous faisant passer dans des états différents et nous provoquant de saints frissons. Non, franchement quel regret que le set soit aussi court. Du moins on aura pas vu le temps passer, signe que le concert fut bon et digne de ce que les albums nous avait laissé présagé.

Par contre on sera moins enthousiaste pour le passage d'Alcest. Pourtant on en avait entendu parler de ce groupe, et en bien, les éloges pleuvant dans la presse spécialisée. En soit Alcest n'est pas un mauvais groupe. Largement mélodique, aérien, prompte à revenir sur le shœgaze alors que la formation avait débuté dans une lignée plus black metal, Alcest a des qualités certaines mais leur performance ne nous a pas donné l'impression d'un grand groupe de scène alors que leurs disques sont tout à fait délectable. A la limite, on aurait pu s'assoir, fermer les yeux et écouter les fines mélodies qui finissent par être emporté par un souffle électrique qui donne l'impression d'être en altitude. C'est donc un peu mitigé qu'on ressort de ce concert plus introspectif qu'un véritable effort visuel. Chacun son truc.

Des questions il y en aura également avec Liturgy. Les concerts qui ont précédé celui du Hellfest ont laissé perplexe pas mal de monde. On s'est tous posé la question de savoir comme le groupe allait se présenter et s'ils allaient laisser la même sale impression. Et, apparement, les mauvais échos ne sont pas seulement ceux qu'on a entendu dans le carré vip. Ils ont aussi circulés ailleurs et c'est peut-être pour cela que les festivaliers ne se sont pas bousculés pour aller les voir. C'est donc sous une Temple pas vraiment pleine que Liturgy se présente à nous. Déjà, la formation new-yorkaise ne se déplace pas au complet. Seul Hunter Hunt-Hendrix et Bernard Gann sont de la partie. Deux guitares, une boite à rythme et l'affaire est faite. C'est un mur sonore que nous propose Liturgy mais les américains ne sont pas Glenn Branca et le ressenti n'est clairement pas le même. Ca se confirme donc, Liturgy offre ici un set assez hermétique et largement axé sur l'épreuve sonore. Est-ce que cela suffit ? Pas toujours.

Crédits Photos : Fabien Pondard

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