.:.Compte Rendu de Concert.:.

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Hellfest Open Air - Journée 2 / Partie 3

1ère partie :

Le : 16-06-2012

Lieu : Clisson

compte rendu proposé par Fabien et publié le 22-07-2012

Alors que Unsane est l'une de mes grosses attentes de la journée (je ne fus pas le seul en même temps) c'est bien quelque chose de tout à fait inattendu qui m'est tombé dessus. En fait quand vous êtes dans le carré vip vous êtes à même de faire de drôle de rencontres. C'est donc un peu par hasard que je retrouve une connaissance qui collabore avec le site Core and Co. La discussion s'installe. On échange nos impressions sur les concerts qui se sont déroulés et nos espérances sur ceux à venir. On en vient naturellement à Unsane. Il m'avoue alors qu'il doit les interviewer et m'invite gentiment à venir avec lui. Même si la proposition était tentante je ne voyais pas pourquoi je me taperai ainsi l'incruste. Il me rétorque que si lui est venu pour faire des interviews, moi je suis venu pour faire des photos. L'équation était donc simple : il pose les questions, je prends les photos. Le deal est correct. La preuve ? Ces quelques photos avec Dave Curran et Chris Spencer pendant l'interview. A l'heure où j'écris, l'interview n'est pas encore en ligne mais comptez sur nous pour vous en parler le moment venu et vous inviter à la lire (ainsi que les autres d'ailleurs, ainsi que les intransigeants live reports) sur Core and Co.

Unsane, donc. Le retour de la formation new-yorkaise après cinq années de silence a été vécu comme un véritable événement. Le genre d'événement qui fait saliver tout le monde avant d'avoir entendu quoi que ce soit. Heureusement, Wreck, leur dernier opus, est à la hauteur des espérances et il fallait que cela se confirme sur scène. La mauvaise nouvelle c'est que Unsane ne se déplace pas au complet. Le batteur était, en effet, indisponible et a été remplacé au pied levé par Coady Willis (Big Business, The Melvins). On ne s'en plaindra pas tant ce dernier aura montré des qualités de cogneur virtuose. Mais c'est surtout vers la doublette Spencer/Curran que les regards se cristalliseront. Les deux bonhommes sont plutôt en forme et mettront du cœur à l'ouvrage. Solides, puissants sans être spécialement vertigineux mais redoutablement efficaces. En cette fin de journée c'est bien le mythe Unsane qui s'exprime. Ca fait un peu bizarre de dire qu'Unsane fait partie du mythe du rock. Même s'ils ne cherchent pas forcément les honneurs, comment pouvait-il en être autrement au vu de leur parcours et de leur prestation au Hellfest ?

On s'offre une petite heure de battement avant d'affronter Yob. On passe quelques instants par la case Shining (on y reviendra) et on souffle un peu. Il le faut car le programme est encore chargé. Quelque part ça excite et les accus se rechargent d'autant plus vite. Yob finit par prendre place mais on se rend vite compte que le doom des américains ne permettra aucune surprise et aucune fantaisie. En même temps la musique qu'ils font n'a jamais été réputée pour ça. De l'épaisseur, encore et toujours. Voilà le programme imposé par Yob et il ne bougera pas d'un iota. Bizarrement, c'est ce que tout le monde attendait et ce monde là a été servi.

Au tour de Saint Vitus à présent. Saint Vitus...Leur reformation a fait couler beaucoup d'encre et Lillie : F-65 aussi, leur dernier album en dâte paru cette année et succédant à Die Healing dâtant, lui, de 1995. On mesure alors toute la portée de l'événement sachant que Saint Vitus est considéré comme l'un des tout premier groupe de doom. On sent le public fébrile et impatient. Immanquablement, Dave Chandler fait le show. Quant à Wino, plus concentré, en impose par sa stature. Comme prévu Mark Adams est assez transparent mais il remplit son office comme il se doit. Certes, le groupe est vieillissant mais, hormis quelques tatouages en plus et des cheveux grisonnants, ils sont les mêmes que dans les années 80. Mêmes frippes, mêmes coupes de cheveux, même chant, même musique vrombissante et prenant aux tripes. C'est comme si on les avait décongelé et qu'ils n'avaient perdu aucune de leurs facultés. Coup de bol quand même. Ce ne sont pas devenus de gros croulants et on souffe de soulagement.

Dure sera donc la tâche de The Devil's Blood que de succéder à Saint Vitus. Mené par Farida 'The Mouth of Satan' Lemouchi, le groupe hollandais a de la ressource et il a l'avantage de ne pas être dans le même registre que Saint Vitus. Tout le monde se rappelle de leur passage il y a deux ans et là ils reviennent pour défendre leur dernier opus, The Thousandfold Epicentre, pour un show sensiblement identique. Seule la track list est différente. Quoi qu'il en soit, The Devil's Blood reste un groupe impressionant à voir en live et Farida Lemouchi recouverte (comme ses camarades d'ailleurs) de faux sang en calmera plus d'un par sa performance. Prétresse charismatique entourée de ses zelés zélotes, elle confirme la montée en puissance du groupe qui aura fait trembler les détracteurs du festival.

Mais le concert de tous les dangers n'aura pas lieu sous la Valley. En effet, c'est dans une Warzone qui est devenue un champ de boue dans laquelle on s'enfonce joyeusement que Refused clôturera cette journée. Il y aura eu beaucoup de curiosité mais aussi beaucoup d'interrogations autour de ce concert. Alors que les suédois s'étaient séparés en 1998, la tournée de reformation qu'ils ont initié il y a peu a créé pas mal d'émois dans le landerneau des musiques électriques. Il faut dire que Refused, pendant sa longue absence, se sera forgé une espèce de mythe qui ne s'est pas démentie ce soir là sous la Warzone. Sur les trois jours du Hellfest, il n'y a pas à douter. C'est bien Refused que l'on attendait le plus. Si certains ont trouvé ce set un peu too much et quelque peu surfait, ce ne fut certainement pas l'avis d'une grande majorité. L'ambiance y fut assez terrible et Refused en jouera beaucoup. Le groupe, très en verve, ne mettra pas longtemps à dynamiter la Warzone. Le seul reproche fut sans doute la durée du set. Une petite heure, seulement. Mais tout le monde était à la même enseigne et ils se compteront sur les doigts d'une main ceux qui dépasseront le tour de l'horloge. En tout cas, Refused, ce fut comme un feu d'artifice, une saine explosion qui n'aura pas eu d'équivalent pendant tout le festival.

Ceci dit tout ne se passe pas sur les six scènes du Hellfest autour desquelles nous avons vadrouillé. Il y avait aussi le Metal Corner où les dj set, concerts et diverses striptiseuses du collectif Nympherno ont égayé les journées et les nuits des festivaliers. Même dans le carré vip on avait le droit à autres choses que des boissons, des écrans pour les concerts des Main Stage ou l'Euro de foot, des endroits ombragés afin de se reposer... On a eu aussi le droit, et ce chaque soir, à un set des Dancefloor Disaster. Ce combo nantais s'est spécialisé dans la reprise de tube dancefloor à la sauce métal. Au début, il faut avouer que ça surprend, puis ça amuse et enfin on se prend au jeu. Passant en after-show, il faut avouer que certains, fatigue aidant, ont eu du mal avec les nantais mais aucune hostilité à l'horizon. Bien au contraire, communicatif, souvent drôle et malgré parfois quelques problèmes techniques la formation ligérienne a plutôt bien remplit son rôle, assurant comme des morts de faim, aidé en cela par Priscilla Jones, danseuse de charme, qui a empêché une bonne partie des mâles de l'assemblée de macher leur chewing-gum. De toute façon on vous reparlera d'eux dans pas longtemps.

Crédits Photos : Fabien Pondard

A voir également :

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