.:.Compte Rendu de Concert.:.

Pochette

Suzuki, Damo

1ère partie :

Le : 11-12-2003

Lieu : Paris, Le Nouveau Casino

compte rendu proposé par Melis et publié le 08-01-2004

Le 11 décembre 2003, Damo Suzuki, ex-chanteur du groupe légendaire des années 70: CAN, groupe allemand de genre “rock expérimental” (on va dire), était sur la scène parisienne, pour la deuxième fois, quelques semaines après leur passage au Café de la Danse.

Cette rencontre exceptionnelle, au Nouveau Casino, a été réalisée dans le cadre du festival Octopus, en collaboration avec l’association Hic et Nunc.

Can a été conçu dans le but d’élaborer une musique fondée sur l’action spontanée et commune; ce qui était très avant-gardiste pour son époque, voire difficile à comprendre aujourd’hui, mais a mon avis plus accessible par les sensations… Ýnfluencée par John Cage et sa théorie sur la participation de l’accidentel dans l’art (happening), à de nombreuses reprises le groupe a “ sérieusement” (ils qualifiaient leur musique de sérieuse) improvisé jusqu’à oublier ce qu’il venait de jouer.

Damo Suzuki’s network (initié par Michael Karoli, guitariste de Can et Damo Suzuki) peut être considéré comme la continuité de son ancien groupe. Or ce nouveau groupe est en perpétuelle mutation grâce à son dynamisme : Il est toujours ouvert à de nouveaux musiciens. On retrouve le concept du hasard, grâce à l’élaboration des différents styles. Leur musique est classée dans le genre rock, mais ce n’est pas dans le sens habituel du terme (s’il en reste encore). En effet, celle-ci s’alimente de toutes nouveautés musicales, ce qui fait qu’elle reste expérimentale, toujours en marge ,et nous pousse à la visualiser plutôt qu’à l’écouter.

A Paris, ils étaient accompagnés par Nicolas Marmin [A.K.A_Bondage] et Olivier Manchion (Permanent Fatal Error, Ulan Batar). Ils nous ont hypnotisés, grâce à une musique improvisée, très liquide, laissée à l’autorité des allers-retours poétiques de Damo Suzuki. Ýmpressionnant en tant que performance artistique, à priori musicale. En revanche un manque au niveau de la communication entre la scène et nous les admirateurs se faisait ressentir. Moi, personnellement je me suis sentie dans mon univers mais pas dans le leur. Nous n’étions pas rejetés mais plutôt oubliés. Notre regard n’était pas assez pris en compte. Je pense que cet écart entre le public et la scène vient de la performance quasi improvisée de Suzuki, qui semble assez difficile à réaliser, puisque son effort consiste à mettre en adéquation un chant et une musique improvisés.

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