.:.Compte Rendu de Concert.:.

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Hellfest - Open Air - Terrorizer

1ère partie :

Le : 17-06-2011

Lieu : Clisson

compte rendu proposé par Fabien et publié le 24-06-2011

C'est donc la journée de tous les dangers. Un temps détestable mais qui ne fait peur à personne. Pas de déluge en vue mais juste une pluie frondeuse qui empêche de profiter pleinement du Main Stage. Pour autant, les plus frileux pouvaient se réfugier sous la Rock Hard Tent ou, au choix, la Terrorizer Tent. En ce qui me concerne, le choix fut vite fait. La Terrorizer, vu le programme, était plus à ma convenance. Ce qui ne m'a pas empêché de naviguer sur les autres scènes. On est jamais avare de découvertes. Ceci étant, le premier groupe que j'aurai aimé voir était Kruger. Cependant, un petit souci administratif m'empêcha de les voir (en cela je remercie le responsable du point presse, Roger Wessier, qui a été compréhensif et nous a enlevé une grosse épine du pied). Dommage. En compensation, il ne me fallait aucunement louper Eyehategod, l'un des meilleurs représentant du sludge. Leur performance au Hellfest de 2009 était resté dans les mémoires. Restait à savoir si, deux ans plus tard, le groupe de Michael Williams était capable de la rééditer. A vrai dire, les espoirs n'ont pas été déçus et Eyehategod a su nous délivrer un set intense et tout en maîtrise. Même si Williams semble un peu emprunté par moment, dès qu'il s'approche du micro il est parvenu à se rendre impressionnant. Dommage que le set fut trop court, formule festival oblige, mais, au moins, Eyehategod fut à la hauteur de sa réputation.

Eyehategod

Eyehategod

Eyehategod

C'est Karma to Burn qui leur succède. Leur musique stoner est désormais célèbre et est reconnu comme l'une des toutes meilleures par les fans du genre. Alors que le groupe avait disparu des tablettes, il s'est reformé avec l'apport de Daniel Davies (Year Long Disaster). Leur retour remarqué (qui n'a pas écouté Appalachian Incantation ? Pour V, c'est excusable il vient de sortir...), se double par des performances scéniques d'une belle tenue. Et sur la scène de la Terrorizer, Karma to Burn ne failli pas. Leurs guitares lourdes font leurs effets et ont cette décence de ne pas en rajouter, faisant juste ce qu'il faut pour séduire le public. Un public qui sera définitivement conquis quand le groupe se mit à jouer les premières notes de Forty-Four, morceau désormais classique et imparrable. Sans être franchement exceptionnels les Karma to Burn ont fait un show impeccable. On aurait d'ailleurs mal compris qu'ils soient en-dessous de leur niveau.

Karma to Burn

Karma to Burn

Karma to Burn

La suite est l'histoire d'une revanche. Après un set écourté l'année dernière à cause d'une technique récalcitrante, The Young Gods revient avec, cette fois, l'idée de ne pas décevoir. Et cela serait mal vu car il y a des fans de longues dâtes sous la Terrorizer et certains ne sont pas loin de faire tous les concerts des Suisses. On est un peu impatient, on se dit qu'on va avoir la poisse et qu'il va encore se passer quelque chose qui empêchera le groupe de jouer. Mais non, The Young Gods, joueront dans une formule à quatre de manière tout à fait normale et avec un Franz Treichler plutôt en forme. Avec The Young Gods nous sommes assez loin des déflagrations électriques des autres scènes mais peu importe. Les Suisses n'ont jamais vraiment suivi les chemins tout tracés et ici, dans ce festival, ils resteront comme un groupe à part, preuve de l'ouverture d'esprit des organisateurs et, par extension, des festivaliers. Parce que oui, The Young Gods a été bien accueuillit montrant que le groupe a toujours su séduire au-delà de la sphère indus.

The Young Gods

The Young Gods

The Young Gods

The Young Gods

Coup sur coup, on vient de voir trois groupes essentiels et on pourrait bien continuer sur Corrosion of Conformity mais il faut bien se restaurer et constater amèrement qu'Iggy Pop & The Stooges sent le club du 3ème âge. Le temps de se ressaisir et de revenir à l'endroit qu'on aurait jamais du quitter et il est trop tard. La Terrorizer est pleine comme un oeuf et on assiste au concert de Corrosion of Conformity de l'extérieur. C'est suffisant en tout cas pour constater que le groupe a encore la patate. Désormais, il ne s'agit pas de se louper pour Clutch. Et il faut en profiter parce que les américains sont assez rares dans l'hexagone. Bon, ils ont fait récemment la première partie de System of a Down à Bercy mais s'il fallait se taper SOAD pour avoir une pincée de bonheur, autant attendre quelques jours et de les voir dans un cadre qui leur sied mieux. Le groupe le plus roots du Hellfest est là dans son élément, proche du public dans une ambiance de sueur et de poussière. Clutch fait donc un ravage et finit par un Electric Worry d'anthologie, soulevant un public qui fait une véritable ovation au groupe de Neil Fallon.

Clutch

Clutch

Clutch

Clucth

Cependant, nous ne sommes pas au bout de nos émotions car à peine Clutch a fini de remballer ses affaires que c'est autour de The Melvins d'investir la place. The Melvins quoi ! Mené par les deux historiques Buzz Osborne et Dale Crover, le groupe est complété par Coady Willis et Jared Warren et se présente dans cette formule à double batterie qui n'a pas beaucoup d'équivalent, sinon pas du tout. Se présentant dans des costumes improbables, The Melvins commence son set par une performance de la paire Crover/Willis qui semble interminable mais terriblement fascinante. Pour donner un petit aperçu de ce qu'ils peuvent donner, voyez la vidéo ci-dessous :

The Melvins

The Melvins

Assurément c'était l'un des concerts que tout le monde attendait au point que le backstage est complètement envahit et que les membres de Down regardent le concert jovialement sur la scène. Buzz Osborne est imperturbable malgré les mimiques de Phil Anselmo qui n'en croit pas ses yeux et ses oreilles. Et il a raison d'être enthousiaste Anselmo car le concert est tout simplement dantesque. A aucun moment The Melvins ne relâcheront la pression. Electrique, percussif, brutal, presque primitif. C'est un véritable tourbillon sonique et on ne sait où donner de la tête. On a envie d'être comme eux, porter des costumes en peau de bête, se prendre pour des barbares et délivrer une musique volumineuse et primale. Et nous ne sommes pas les seuls car juste après que Buzz ait délivré son dernier riff et que Dale ait abandonné son poste pour prendre le micro, Jimmy Bower (Down) puis Phil Anselmo se sont sentis obligé de participer en prenant tour à tour la place de Crover. Le concert finit dans une cacophonie totale comme si on venait d'assister à une entreprise de destruction massive. C'est une forte euphorie qui nous envahit et on quitte la Terrorizer à moitié abasourdi mais complêtement heureux. On en oublie que Monster Magnet doit encore jouer. C'est trop tard, on est déjà loin.

The Melvins

The Melvins

The Melvins

The Melvins

The Melvins

Crédits photos : Romain Ballez

A voir également :

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